Actualisé 11.04.2014 à 15:23

Procès de PistoriusLe procureur: «Vous saviez qui était derrière la porte»

Le procureur Gerrie Nel a accusé Oscar Pistorius d'avoir délibérément assassiné sa petite amie, ne croyant pas un mot de sa version des faits, selon laquelle il pensait tirer sur un cambrioleur caché dans les toilettes.

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En appel, Oscar Pistorius est condamné à 13 ans et 5 mois de prison contre six ans en première instance. La peine est doublée. (Vendredi 24 novembre 2017)

En appel, Oscar Pistorius est condamné à 13 ans et 5 mois de prison contre six ans en première instance. La peine est doublée. (Vendredi 24 novembre 2017)

AFP
Le parquet sud-africain va réclamer vendredi une peine plus lourde pour l'athlète paralympique Oscar Pistorius. Il juge «scandaleusement clémente» sa condamnation à six ans de prison pour le meurtre de sa compagne. (Mercredi 1 novembre 2017)

Le parquet sud-africain va réclamer vendredi une peine plus lourde pour l'athlète paralympique Oscar Pistorius. Il juge «scandaleusement clémente» sa condamnation à six ans de prison pour le meurtre de sa compagne. (Mercredi 1 novembre 2017)

Keystone
La famille d'Oscar Pistorius va porter plainte contre les auteurs du film «Oscar Pistorius: Blade Runner Killer», consacré au meurtre de sa petite-amie et du procès qui a suivi. A ses yeux, le long-métrage «déforme la vérité». (Mardi 3 octobre 2017)

La famille d'Oscar Pistorius va porter plainte contre les auteurs du film «Oscar Pistorius: Blade Runner Killer», consacré au meurtre de sa petite-amie et du procès qui a suivi. A ses yeux, le long-métrage «déforme la vérité». (Mardi 3 octobre 2017)

AFP

Le champion paralympique sud-africain dit avoir abattu sa petite amie «par accident», la prenant pour un cambrioleur entré par effraction chez lui. Il a expliqué que ses proches et lui-même ayant été plusieurs fois victimes d'agressions et de vols divers, il avait emménagé dans un lotissement fortifié de la banlieue de Pretoria. Il était constamment sur ses gardes et portait en permanence une arme sur lui.

«En fait, vous saviez que Reeva était derrière la porte, et vous avez tiré sur elle. C'est la seule chose plausible», a tonné le procureur au terme d'une éprouvante matinée de contre-interrogatoire, avant de demander un ajournement du procès jusqu'à lundi.

Un grand silence avait plané quelques minutes plus tôt sur le tribunal de Pretoria, quand Gerrie Nel a demandé au champion: «Etes-vous sûr, M. Pistorius, que Reeva n'a pas crié après le premier coup de feu?» Selon des experts, le premier des quatre coups de feu tirés à travers la porte des toilettes a touché la victime à la hanche, lui laissant théoriquement le temps de crier, comme l'ont entendu des témoins.

«Mes oreilles bourdonnaient»

Les mâchoires tremblantes, Pistorius s'est rassis, regardant la juge. Après ce qui a semblé une éternité, il a repris la parole pour dire: «J'aurais aimé qu'elle hurle ou crie».- «Auriez-vous entendu?»- «Je ne crois pas que j'aurais entendu. Il y avait un coup de feu, mes oreilles bourdonnaient.» Ménageant ses effets, Gerrie Nel a expliqué comment il trouvait «très improbable» l'histoire racontée par Pistorius. Celui-ci dit avoir entendu du bruit dans la salle de bain, cru à l'intrusion d'un cambrioleur, saisi son arme en disant à Reeva d'appeler la police - sans obtenir de réponse -.

Il affirme y être allé prudemment sur ses moignons, avoir entendu du bruit dans les toilettes, pensé que quelqu'un allait sortir pour l'attaquer, crié à Reeva d'appeler à l'aide - sans obtenir de réponse - et avoir tiré. «Vous ne pouvez pas être vulnérable et aller au danger», a souligné le procureur, faisant référence aux longues explications de l'athlète double amputé, peu mobile sans ses prothèses et craignant toujours pour sa sécurité.

Pourquoi n'avoir pas vérifié où était Reeva? Pourquoi n'a-t-elle pas répondu pour signaler sa présence quand il lui a crié d'appeler à l'aide?

«...Elle avait peur de vous!»

«Elle n'avait pas peur d'un intrus, elle avait peur de vous!», a lancé le procureur, qui estime que les deux amants, dont la jeune relation était passablement agitée, s'étaient violemment querellés cette nuit-là. «Ce n'est pas vrai, madame», a répondu Pistorius, s'adressant formellement à la juge Thokozile Masipa. «Je ne voulais tuer personne», a insisté l'accusé, qui indique avoir suivi son «instinct».«Je soumets à interrogatoire (votre) version, qui n'est pas vraie», a insisté le redoutable procureur.

Depuis le début de l'audience, il s'était employé à pilonner les positions d'Oscar Pistorius, l'accusant d'arranger son témoignage et de surjouer sa peur maladive de la criminalité.

Le champion paralympique a expliqué que ses proches et lui-même ayant été plusieurs fois victimes d'agressions et de vols divers, il avait emménagé dans un lotissement fortifié de la banlieue de Pretoria. Il était constamment sur ses gardes et portait en permanence une arme sur lui.

Aucune fenêtre sécurisée

Pourtant, la nuit du meurtre, il n'a pas vérifié si l'échelle des ouvriers travaillant chez lui était bien rangée. Il n'a pas non plus vérifié le bon fonctionnement de son alarme.

«Si l'alarme était enclenchée, aucun intrus n'aurait pu entrer dans la maison», a relevé le procureur. Ce qu'a finalement admis Pistorius. «Sur le moment, je n'y ai pas réfléchi...» «Vous étiez assez en sécurité pour garer vos voitures dehors», a raillé Gerrie Nel, s'étonnant qu'il n'ait pas fait réparer la fenêtre de sa salle de bains. Aucune fenêtre n'était d'ailleurs sécurisée.

Très agacé par les trous de mémoire de l'athlète qu'il juge sélectifs, le procureur a haussé le ton à plusieurs reprises, accusant Pistorius de réécrire l'histoire.«Je ne suis pas convaincu», «vous vous couvrez», «c'est le problème quand on arrange son témoignage», «vous arrangez votre témoignage parce qu'on vous contredit»...

(AFP)

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