Défense - Le projet de base militaire russe au Soudan devra être repassé au crible fin

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DéfenseLe projet de base militaire russe au Soudan devra être repassé au crible fin

En 2017, un accord avait permis d’esquisser une base militaire russe au Soudan. Comme l’ex-président a été chassé, une assemblée soudanaise devra se repencher sur le sujet.

La base militaire permettrait à quatre navires russes d’accoster au Soudan.

La base militaire permettrait à quatre navires russes d’accoster au Soudan.

AFP

L’accord de création d’une base navale russe au Soudan, conclu sous le président déchu Omar el-Béchir, sera étudié par une assemblée législative, a indiqué, lundi, lors d’une visite à Moscou, la ministre soudanaise des Affaires étrangères, Mariam al-Mahdi.

«Nous avons maintenant un nouveau gouvernement, qui est responsable devant le nouveau Parlement, où cet accord sera débattu», a-t-elle affirmé, selon des propos traduits en russe, à l’issue d’une rencontre avec son homologue Sergueï Lavrov.

Un Conseil législatif à former

Selon le document constitutionnel sur les termes de la transition politique en cours au Soudan, les accords internationaux doivent être ratifiés par un Conseil législatif qui, toutefois, n’a pas encore été formé.

L’accord avait été négocié en 2017 entre le président russe, Vladimir Poutine, et Omar el-Béchir, destitué en 2019 sous la pression de la rue.

Pour transporter armes et munitions

La Russie avait annoncé, en décembre 2020, sa signature et précisé qu’il portait sur la construction d’une base à Port-Soudan (Est), sur la mer Rouge. Cette installation doit permettre à la Russie d’accueillir quatre navires de guerre et jusqu’à 300 personnels civils et militaires.

Moscou avait aussi indiqué que l’accord devait lui permettre d’avoir le droit de transporter, via les ports et aéroports du pays, des «armes, munitions et équipements pour le fonctionnement de la base». Début juin, un haut responsable militaire soudanais a toutefois indiqué que le pays réexaminait l’accord, en raison de clauses jugées «préjudiciables».

Longtemps dépendant de Moscou

Lundi, la cheffe de la diplomatie soudanaise a affirmé que l’évaluation de l’accord par une assemblée législative aura comme critères «l’intérêt du Soudan et les objectifs stratégiques poursuivis par la Russie et le Soudan». Le Soudan a longtemps été dépendant militairement de la Russie, en particulier durant les décennies de sanctions américaines.

Depuis août 2019, le gouvernement de transition tente de rompre l’isolement international du pays. En décembre 2020, Washington a ainsi retiré Khartoum de sa liste d’États «soutenant le terrorisme».

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