Football: Le protocole de retour au jeu est immensément compliqué
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FootballLe protocole de retour au jeu est immensément compliqué

Cette semaine, la Swiss Football League a envoyé un document de 23 pages détaillant l'organisation des matches à huis clos. Il est extraordinairement détaillé.

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Sport-Center/rca
Deux mètres entre tout le monde, même sur le banc, même pour le champion.

Deux mètres entre tout le monde, même sur le banc, même pour le champion.

Keystone

On ne rigole pas avec les règles sanitaires depuis de longues semaines et on n'est pas près d'en voir le bout. Les clubs professionnels en Suisse vont toutefois pouvoir reprendre le chemin des stades, pour y terminer la saison interrompue en février, avec en guise d'apéritif, la partie comptant pour les quarts de finale de la Coupe de Suisse entre le Lausanne-Sport et Bâle, dimanche.

Forcément, pour pouvoir relancer ses compétitions, la SFL a dû édicter des règles strictes, dont le document est intitulé «Concept de protection 'Covid-19' pour la reprise de la compétition de la SFL», que les clubs ont reçu cette semaine et dont nous nous sommes procuré un exemplaire. Il fait la bagatelle de 23 pages, dont une vingtaine de directives en tout genre, que les équipes vont devoir appliquer à la lettre. Et il y a du boulot...

Des responsables comme s'il en pleuvait

«La reprise de la compétition est soumise à des exigences strictes, qui sont énoncées dans ce concept de protection. Comme pour les entraînements, chaque club doit également développer un concept de protection pour les matches en coopération avec l'exploitant du stade, qui doit se baser sur ce concept de protection de la SFL», est-il écrit en préambule. Parcourir cette «bible de la reprise» vaut le détour, parce qu'en son sein, on y croise quelques magnifiques obligations ou recommandations auxquelles on n'aurait jamais pensé, forcément!

Outre les exigences de base (garder les distances, respect des règles d'hygiène de l'OFSP, tenir une liste de présence pour le traçage des contacts étroits...), la SFL a rappelé qui sont les groupes à risques, quels sont les symptômes de la maladie et indiqué que chaque club devait nommer de nombreux responsables. Un du club et personne de contact de la SFL, un pour l'organisation des match à domicile, un autre pour l'extérieur, un du domaine médical pour la maison et pour les déplacements, ainsi que des personnes qui doivent s'occuper des partenaires TV, des fonctionnaires et arbitres, puis une pour les médias.

Désinfection des ballons

Les enceintes, elles, sont divisées en quatre zones: les vestiaires, l'intérieur du stade, les tribunes ainsi que l'extérieur du stade. Elles doivent être séparées. Les personnes nécessaires au bon fonctionnement d'une rencontre sont quant à elles réparties en trois groupes de personnes, chacun ayant des droits d'accès différents aux quatre zones du stade: en rouge, en orange et en jaune, presque comme à Koh-Lanta. Le personnel qui contrôle les différents accès devra porter un masque et bien s'assurer qu'il soit le seul à ouvrir et fermer les portes. «Des distributeurs de désinfectant doivent être placés à toutes les entrées et sorties du stade, et la distance et les règles d'hygiène de l'OFSP doivent être clairement indiquées», est-il ajouté dans le document.

Là, on en est encore qu'à la base de la chose. C'est après que ça va un peu se corser pour des organisateurs qui devront vraiment penser à tout, comme: «Le discours de motivation d'équipe peu avant le début du match doit avoir lieu à l'extérieur si possible», «une désinfection adéquate des bus avant que l'équipe n'y monte doit être assurée. Une attention particulière doit être accordée aux surfaces fréquemment touchées telles que les portes, les rampes, les boutons pression, etc.», ou encore «des gants jetables doivent être fournis à tous les ramasseurs de balles. Les balles ne peuvent être touchées qu'avec les gants. Les ramasseurs de balles restent à la même position et évitent tout contact avec les joueurs. Ils doivent se désinfecter les mains avant et après le match.»

Deux mètres dans les zones humides

Ce protocole n'oublie pas non plus la célébration des buts ou l'après-match. «Il est recommandé de garder les règles de distance pendant la célébration d'un but. Le contact avec le corps peut se faire par les coudes ou les pieds» et «dans la mesure du possible, les douches doivent être prises à la maison. Si cela n'est pas possible, la distance de 2 mètres entre les personnes doit également être maintenue lors de la douche en échelonnant ou en utilisant plusieurs zones humides», assure la missive.

Contrairement à ce qui a pu se faire dans certains stades étrangers, pas question pour la SFL de laisser les équipes faire tout et n'importe quoi avec la sonorisation de l'enceinte. Ainsi, le son du speaker doit être «massivement réduit ou éteint», tandis que «les enregistrements audios de chants de fans (ou autres) ne sont pas autorisés pendant le match». Par contre, pour de la musique lors de l'entrée de la formation locale sur le terrain ou après un de ses buts, pas de problème.

Pour finir – avant deux annexes qui expliquent comment privatiser judicieusement un hôtel ou une partie de celui-ci, ainsi que où, combien et dans quelle zone peuvent aller les personnes munies de précieux sésames rouge, en orange et en jaune (10 scouts sont «recommandés» par match, 8 techniciens VAR/Audio/Vision/etc. sont autorisés en SL et 2 en ChL, 20 journalistes dans l'élite, 15 dans l'antichambre...) – la SFL n'oublie pas de préciser que, pour les places de médias, il faut procéder au «nettoyage/désinfection des rampes/surfaces avant chaque match». Rien qu'à la Pontaise, par exemple, ça va être une petite révolution.

Robin Carrel

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