Suisse: «Le PS doit se mettre en mode opposition»
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Suisse«Le PS doit se mettre en mode opposition»

Les formations bourgeoises doivent se préparer à une législature difficile, avertit Christian Levrat, président du parti socialiste.

Christian Levrat, président du parti socialiste.

Christian Levrat, président du parti socialiste.

Keystone

Pour le président du Parti socialiste, l'heure est à l'opposition. Analysant les rapports de forces au Parlement, Christian Levrat considère que la dernière législature a été réussie, mais que «nous sommes maintenant dans un autre film».

«Le temps des solutions progressives est fini», déclare-t-il samedi dans un entretien à la Luzerner Zeitung et au St.Galler Tagblatt. «Nous devons nous mettre en mode opposition». Les formations bourgeoises doivent se préparer à une législature difficile, avertit Christian Levrat. Elles auront besoin de majorités populaires.

Le PS compte utiliser l'instrument des votations populaires, et avant tout le référendum. Dès le mois de juin, les socialistes lanceront deux référendums, contre la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III) et la libéralisation des heures d'ouverture des magasins.

De son côté, Alain Berset se montre plus réservé. Dans les pages de la NZZ, le chef du département de l'intérieur explique qu'en ce début de législature, les nouveaux rapports de forces sont en train d'être évalués. Ce qui est tout à fait normal, après des élections. Or il y a bien sûr, ici et là, de nouvelles majorités, mais globalement nous avons toujours une continuité.

Démocratie directe et populisme

Le socialiste François Cherix, qui publie «Qui sauvera la Suisse du populisme?» (Editions Slatkine), se montre pour sa part sceptique quant à l'exercice du pouvoir par les socialistes au sein du Conseil fédéral. «Le PS exerce le pouvoir, mais culpabilise d'y côtoyer l'extrême droite», constate le Vaudois samedi dans un entretien à 24 Heures et la Tribune de Genève.

«Je suis pour interroger les conditions de participation du PS au Conseil fédéral et les définir plus précisément». Le parti risque de devenir peu à peu «une sorte de mesure d'accompagnement d'une démocratie populiste et réactionnaire».

D'après l'ancien député au Grand Conseil vaudois, le PS n'a pas compris que la démocratie directe n'est pas un outil réformiste. Elle est un vecteur du succès du populisme. Il faut revoir le système, notamment en réformant le droit d'initiative: «Depuis 1881, aucun projet socialiste n'a abouti par le truchement du droit d'initiative».

(ats)

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