Fédérales 2015: Le PS mise sur les Suisses de l'étranger
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Fédérales 2015Le PS mise sur les Suisses de l'étranger

Comme les autres partis, les socialistes tentent d'attirer les votes des 580'000 électeurs suisses de l'étranger. Le PS a présenté une plateforme internationale.

Les socialistes espèrent envoyer à Berne Tim Guldimann, un diplomate à la retraite qui s'est fait un nom en tant qu'en ambassadeur en Iran et en Allemagne.

Les socialistes espèrent envoyer à Berne Tim Guldimann, un diplomate à la retraite qui s'est fait un nom en tant qu'en ambassadeur en Iran et en Allemagne.

Keystone

Environ 580'000 électeurs suisses vivent à l'étranger. Les partis se bousculent pour attirer leurs votes. Le PS, qui a présenté jeudi sa plateforme internationale, entend aussi se battre pour leur assurer une représentation politique au Parlement. Il mise sur son poulain: Tim Guldimann.

Quelque 740'000 Suisses vivent hors des frontières. Parmi eux, 580'000 ont le droit de vote. Et environ 142'000 se sont enregistrés pour pouvoir effectivement l'exercer, a rappelé le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE).

Listes internationales

Pour drainer les votes des Suisses de l'étranger mais aussi faire valoir leurs revendications (tenue d'un compte bancaire en Suisse, sécurité sociale, réseau consulaire), plusieurs stratégies s'offrent aux partis. L'une est de présenter des listes «internationales», apparentées aux listes principales.

Le PS le fera dans trois cantons, dont Genève. Le canton du bout du lac connaîtra aussi une liste UDC International. Plus prolixe que le PS, ce parti annonce recourir à cette option dans sept cantons. Les Verts, qui préfèrent plutôt recruter de nouveaux électeurs hors des frontières via les médias sociaux, se singularisent quant à eux à Genève avec une liste transfrontalière.

Les chances d'être élus pour les Suisses de l'étranger figurant sur des listes apparentées sont maigres. Pour Carlo Sommaruga, cela permet néanmoins d'intégrer la cinquième Suisse dans le débat politique. En fait, si l'opération se justifie, c'est souvent parce qu'elle permet aux partis de grappiller des voix supplémentaires.

Opération Tim Guldimann

Autre option: faire apparaître un Suisse de l'étranger sur la liste principale. L'UDC recourt à cette stratégie à St-Gall et fera aussi figurer des représentants de la cinquième Suisse sur des listes jeunes (ZH) ou aînés (SO). Au PLR ou au PDC, on préfère également miser sur les listes principales voire faire défendre les intérêts de la cinquième Suisse par des candidats établis sur le territoire national.

Pour être élu, un candidat doit sortir du lot. Les socialistes espèrent ainsi envoyer Tim Guldimann à Berne. Ce diplomate à la retraite s'est fait un nom en tant qu'en ambassadeur en Iran et en Allemagne, ainsi que par ses différents mandats pour l'Organisation de la sécurité et de la coopération en Europe (OSCE).

Résidant à Berlin, il se présente à Zurich. Selon lui, il est essentiel d'apporter au débat politique helvétique un oeil extérieur, notamment sur les questions européennes. «Il n'est pas possible d'imaginer la Suisse sans la cinquième Suisse», a-t-il lancé rappelant qu'Alberto Giacometti et Max Frisch furent en leur temps des Suisses de l'étranger.

Suivre les exemples français et italiens?

Il n'est pas exclu qu'un parlementaire ait par le passé résidé hors des frontières mais, selon Tim Guldiman, l'élection d'un Suisse de l'étranger en tant que représentant de cette communauté serait une première.

Le droit helvétique autorise tout ressortissant suisse habitant à l'étranger à se présenter à l'élection du Conseil national en se présentant dans le canton où il est enregistré. Pour le Conseil des Etats, cette possibilité n'était en revanche prévue en 2011 que dans onze cantons sur 26.

Dans un avis de droit publié en mars 2014, la Chancellerie fédérale a estimé qu'il n'était pas possible à la Confédération de faire plier les cantons qui n'offrent pas ce droit.

Une autre option serait que la Suisse, à l'instar de la France, de l'Italie ou du Portugal, mette en place une représentation directe au Parlement de ses ressortissants établis à l'étranger. A la demande du National, le Conseil fédéral va présenter un aperçu des différents modèles appliqués.

L'idée de créer une circonscription électorale, soit un 27e canton, avait été avancée par le passé. La cinquième Suisse pourrait ainsi avoir sa propre députation au National et deux conseillers aux Etats. Une initiative parlementaire de Carlo Sommaruga en ce sens a été enterrée en 2009 par la Chambre des cantons.

(ats)

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