Toulouse: Le quartier de Merah glisse vers une nuit de violences
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ToulouseLe quartier de Merah glisse vers une nuit de violences

Une deuxième nuit de violences a secoué un quartier difficile du sud-ouest de la France, après la mort controversée d'un détenu originaire du quartier et le contrôle tendu d'une femme en burqa.

Des voitures calcinées dans ce quartier difficile de Toulouse.

Des voitures calcinées dans ce quartier difficile de Toulouse.

AFP

Selon les autorités locales, 18 personnes ont été interpellées lors d'échauffourées dans la nuit de lundi à mardi dans l'ensemble résidentiel du Grand Mirail, un quartier métissé gangréné par les trafics de drogue et les règlements de comptes, qui regroupe 40'000 habitants environ. Six mineurs figurent parmi les personnes interpellées.

«Vers 21h30 (locales), on a entendu que ça a pété, on a vu des voitures qui brûlaient, les jeunes sont arrivés, les flics ont tiré des grenades», a témoigné Jessica, une habitante de 21 ans.

Classé «zone de sécurité prioritaire», le quartier est connu pour ses tensions. C'est dans une salle de prières du Mirail qu'allait prier - au sein d'un groupe de jeunes salafistes radicaux - Mohamed Merah, qui avait tué sept personnes, dont trois enfants juifs, en mars 2012 dans la région.

Son «demi-frère» Sabri Essid et Fabien Clain, la voix qui a revendiqué les attentats de Paris de novembre 2015 (130 morts et des centaines de blessés), ont également vécu au Mirail.

Des violences avaient déjà éclaté dimanche entre une centaine de jeunes et les forces de l'ordre à la suite d'une rumeur selon laquelle des gardiens de la prison de Seysses, au sud de Toulouse, seraient responsables du décès samedi d'un détenu, originaire du quartier. Selon la police, le prisonnier s'est suicidé, ce qu'a confirmé une autopsie. Une enquête judiciaire a été ouverte pour «recherche des causes de la mort».

Burqa interdite

Selon un commissaire de police travaillant au Mirail, Arnaud Bavois, la tension aurait encore été exacerbée par le contrôle d'une femme en burqa refusant de se soumettre aux vérifications de la police. Ce voile intégral qui dissimule le visage est banni par la loi de l'espace public en France depuis 2010.

Placée en garde à vue jusqu'à mardi, cette femme sera jugée en mai pour «rébellion, outrage et menaces de mort sur personne dépositaire de l'autorité publique», selon le parquet.

Le commissaire Bavois a décrit des scènes de «grande violence» avec des jeunes qui ont mis le feu à des voitures et avec l'idée «de prendre les policiers en guet-apens». Dimanche, plus de cent policiers ont été mobilisés pour ramener le calme. Une dizaine de voitures ont été incendiées.

Lundi, «les forces de l'ordre ont été prises à partie tout au long de la nuit et ont procédé à 18 interpellations pour des faits de violences, de destruction de bien par incendie et d'outrage», selon les autorités locales.

Une vingtaine de véhicules et de nombreux conteneurs poubelles ont été incendiés, selon une source policière qui précise que le calme est revenu vers 1h20 locales.

Les habitants de ces quartiers vaquaient normalement à leurs occupations mardi, non loin des carcasses de véhicules calcinés.

(AFP)

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