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Paléo 2/6Le Québec d'Hubert Lenoir

On poursuite notre série sur le Village du Monde avec la nouvelle révélation de la Belle Province. À voir le mercredi 24 juillet. Interview.

par
Laurent Flückiger

Le nom d'Hubert Lenoir est sur toutes les lèvres au Québec. Âgé de 24 ans, l'artiste est un personnage: sensible au féminisme, charnel, looké, le regard fardé, totalement libre avant tout. En 2018, avec son 1er album, «Darlène», conçu comme un opéra, il a remporté quatre Prix Félix (l'équivalent des Victoires de la Musique): Révélation de l'année, Album pop de l'année, Chanson pop de l'année pour «Fille de personne II» et Choix de la critique. Un triomphe pour celui qui est souvent qualifié de croisement entre le glam de David Bowie et la fureur rock d'Iggy Pop.

Après Robert Charlebois, Hubet Lenoir est le 2e artiste de notre série de 6 épisodes sur le Village du Monde du Paléo, consacré cette année au Québec. À voir le mercredi 24 juillet.

Vous êtes une star au Québec et vous venez désormais conquérir la France, la Belgique et la Suisse – il vient de jouer à Yverdon-les-Bains et à Carouge. Comment ça se passe jusqu'à présent?

Je ne viens pas ici pour conquérir, je ne suis pas un conquérant. Il y a de la demande en Europe, grâce à Internet. Mais je n'y suis pas encore signé. Les concerts en Suisse se sont bien passés. C'était la fin de la tournée, j'étais assez énergique.

Vous êtes androgyne et rock'n'roll. Vous détonnez des chanteurs et chanteuses à voix qui s'exportent d'habitude du Québec à l'Europe.

C'est sûr que si tu compares à ça, c'est plus rock. Je suis représentatif d'une certain scène qui n'est pas nécessairement connue. Mais je n'aime pas le terme rock'n'roll, ça fait cliché. Je ne porte pas un deux pièces en cuir sur le stage. Glam non plus: c'est comme associer la musique à un mouvement qui est mort.

Vous aimez Prince et David Bowie?

J'ai beaucoup écouté Prince quand j'ai composé mon album. J'écoute plein de musiques différentes et j'adore Gershwin!

Votre album, «Darlène», parle du fait de devenir majeur...

Oui, c'est ce que je vivais quand j'écrivais l'album. Les jeunes se reconnaissent vraiment là-dedans, mais c'est une musique qui peut plaire à plein de gens, pas seulement les jeunes.

Que vous disent vos fans quand vous allez à leur rencontre?

Souvent, ils pleurent.

Vous avez dit que vous étiez spirituellement relié à Céline Dion et que vous voudriez vraiment la rencontrer. Ça ne s'est toujours pas fait?

Non. Je lui ai écrit. Plus qu'une collaboration, tout ce que j'aimerais c'est lui parler. Mais elle ne m'a jamais répondu.

Récemment, on vous a vu en robe transparente en tulle rose en live dans l'émission «Quotidien» en France. Peut-on s'attendre à ce genre de tenue à votre concert au Paléo?

Ça dépend de mes envies, parfois je suis en jeans, parfois en robe. Mais ce n'est pas un spectacle théâtral.

Cette année, le Paléo met en évidence le Québec avec son Village du monde. C'est quoi le Québec d'Hubert Lenoir?

C'est la ville de Québec (ndlr.: où il est né), j'aimerais l'avoir pour moi tout seul.

La musique est-elle la meilleure carte de visite du Québec?

Non, ce sont les sables bitumineux! En tout cas, économiquement. Je ne sais pas, on peut y revenir après?

Bien sûr. Avez-vous un plat québécois à nous recommander?

Je ne suis pas un grand fan de poutine. Je me suis rendu compte en voyageant que j'aimais les nourritures du monde mais américanisées – le Tex-Mex, les Poke bowls avec du riz frit – comme si c'était des versions cartoon des autres pays. Je croyais que j'aimais la nourriture japonaise jusqu'à ce que j'aille au Japon.

Citez-nous un artiste québécois de référence.

Claude Dubois a toujours été l'un de mes favoris. Il y a aussi Robert Charlebois, Les louanges, Alaclair ensemble, il y a beaucoup de hip-hop en ce moment. Loud est incontournable (ndlr.: il jouera au Paléo le vendredi 26 juillet).

Alors cette carte de visite du Québec?

Ça serait d'associer Justin Trudeau et Robert Charlebois et leur faire faire un spectacle d'humour. Ça serait incroyable!

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