Conseil d'Etat: Le quintette actuel va-t-il rempiler à Neuchâtel?

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Conseil d'EtatLe quintette actuel va-t-il rempiler à Neuchâtel?

Les Neuchâtelois choisiront le 2 avril leurs autorités cantonales. Les conseillers d'Etat sortants, trois socialistes et deux libéraux-radicaux, briguent un nouveau mandat.

Une piétonne passe devant les affiches électorales à Neuchâtel.

Une piétonne passe devant les affiches électorales à Neuchâtel.

Keystone

Seize candidats sont en lice pour les cinq sièges du Conseil d'Etat. Parmi eux, les ministres sortants qui ont annoncé l'an dernier leur volonté de poursuivre ensemble leur travail: les socialistes Laurent Kurth, Jean-Nat Karakash et Monika Maire-Hefti ainsi que les PLR Alain Ribaux et Laurent Favre.

Le Conseil d'Etat n'aura pas pleinement réussi à faire passer son message «Un canton, un espace». S'il est parvenu à mobiliser la population en faveur de son projet «Mobilité 2030», l'exécutif n'est pas parvenu à gommer les régionalismes.

L'actuel quintette paraît toutefois en mesure d'être reconduit dans ses fonctions malgré l'échec cuisant du dossier hospitalier et les tensions avec la fonction publique, en particulier les enseignants. Les ministres ont réussi à donner l'image d'un gouvernement collégial et uni, tirant à la même corde.

Dossier hospitalier

Le siège qui paraît le plus menacé est celui de Laurent Kurth. Le chef du Département de la santé et des finances s'est attiré des inimitiés dans le Haut du canton en défendant le projet d'un site unique de soins aigus à Neuchâtel, s'opposant à l'initiative en faveur de deux hôpitaux lancée dans les Montagnes.

Le magistrat chaux-de-fonnier cristallise également la rancœur de certains électeurs de gauche qui lui en veulent pour le programme d'austérité qu'il a lancé. L'élu socialiste pourrait paradoxalement engranger des voix auprès de l'électorat de droite et du Littoral.

Laurent Kurth se veut toutefois optimiste avant cette échéance. «Je ne pense pas que dans notre système l'opposition sur un dossier se traduit par une remise en question de la légitimité des élus qui le portent», a récemment déclaré le ministre.

Première force politique, le PLR tentera toutefois de reprendre la majorité au gouvernement, perdue en 2013. Il a choisi un triple ticket: aux ministres Laurent Favre et Alain Ribaux s'ajoute la conseillère communale de Cornaux Isabelle Weber. Le PDC a désigné Vincent Martinez, conseiller général à Val-de-Ruz.

Retour de Jean-Charles Legrix

A droite de l'échiquier politique, l'UDC entend reconquérir le siège gagné par Yvan Perrin en 2013 et perdu une année plus tard après la démission pour raisons de santé de l'actuel président de l'UDC cantonale. Pour atteindre son objectif, le parti ne mise plus sur une candidature unique mais un ticket à trois.

Evincé du Conseil communal de La Chaux-de-Fonds par le peuple en 2016, Jean-Charles Legrix est candidat au Conseil d'Etat. Malgré les difficultés rencontrées au cours de son mandat communal, l'actuel député au Grand Conseil a été plébiscité par son parti. Jean-Charles Legrix figure sur un ticket avec le député Stephan Moser et le président du Parlement Xavier Challandes.

A gauche, le Parti socialiste a renouvelé sa confiance à ses trois conseillers d'Etat en espérant conserver la majorité à l'exécutif. Le danger pourrait venir des Verts qui ont tout misé sur le Chaux-de-Fonnier Fabien Fivaz. Le député au Grand Conseil pourrait réaliser un bon score dans les Montagnes et surfer sur les bons résultats des Verts aux dernières élections communales.

Le Parti ouvrier et populaire (POP) a désigné Nago Humbert, fondateur de Médecins du monde Suisse, et Solidarités a nommé Dimitri Paratte, conseiller général à Neuchâtel. Enfin, trois candidats se présentent sur la liste pour la reconnaissance du vote blanc.

POP fait cavalier seul

Pour le Grand Conseil, pas moins de 495 candidats se disputeront les 115 sièges, un nombre en hausse par rapport aux dernières élections. Actuellement, la droite y est majoritaire. Le Parlement est composé de 35 PLR, 20 UDC, 1 PDC, 5 Vert'libéraux, 33 PS, 12 Verts et 9 POP-Solidarités.

La gauche veut conquérir la majorité au Grand Conseil. Mais elle part affaiblie en raison de l'absence d'un apparentement entre les socialistes et le POP. La gauche alternative a refusé d'apparenter ses listes, estimant que ce parti ne défendait pas assez les valeurs de gauche.

Après le premier tour du dimanche 2 avril, un second tour pour l'élection au Conseil d'État est fixé au 23 avril.

(ats)

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