Brésil: Le réal atteint son plus bas niveau historique
Publié

BrésilLe réal atteint son plus bas niveau historique

Le Brésil est entré en récession au deuxième trimestre de cette année. Dilma Roussef doit faire face aux critiques.

Le réal brésilien a franchi mardi la barre des 4 réals pour un dollar.

Le réal brésilien a franchi mardi la barre des 4 réals pour un dollar.

Photo d'illustration, Reuters

La devise brésilienne, le réal, a franchi mardi la barre des 4 réals pour un dollar, ce qui équivaut à 0,98 franc. Elle a atteint son plus bas historique depuis sa création en 1994, à 4,03 réais pour un dollar, quelques minutes après l'ouverture du marché des changes.

La chute du réal - qui s'est déprécié de 33% cette année par rapport au billet vert - tient notamment aux difficultés auxquelles fait face le gouvernement de la présidente de gauche Dilma Rousseff à mettre en place un plan de relance de l'économie et à la récente décision de l'agence de notation Standard & Poor's de rabaisser le pays à la catégorie «spéculative».

«Cette forte dépréciation se doit non seulement à la situation économique du Brésil mais à l'inertie du gouvernement. Il semble que le gouvernement est perdu, qu'il ne dialogue pas avec le parlement, qu'il y envoie des projets sans les planifier», commente Angelo Larozi, analyste chez Walpires à Sao Paulo.

«Ce manque de dialogue et de planification entraîne cette crise et fait pression sur le marché financier, parce qu'en plus le pays a été relégué à la catégorie spéculative», ajoute-t-il.

Standard and Poor's a relégué le 10 septembre le Brésil, 7e économie de la planète, parmi les emprunteurs «spéculatifs» alors que le gouvernement de Dilma Rousseff a des difficultés à mettre en œuvre un plan d'ajustement budgétaire.

En récession

Le Brésil est entré en récession au deuxième trimestre et l'avenir n'est pas réjouissant car les analystes prévoient que la récession durera au moins deux ans, jusqu'à fin 2016. Si cela se confirme, ce sera la deuxième fois que l'économie se contracte deux années de suite en 85 ans (1930-1931). Pour cette année, le gouvernement prévoit un recul du PIB de 1,49% et le marché de -3%.

Le géant d'Amérique latine fait aussi face à une inflation de 9,53% sur 12 mois, à un chômage en hausse à 7,5% et à la chute de popularité de Dilma Rousseff (8% d'approbation seulement).

Certains analystes tablent sur une chute encore plus forte du réal jusqu'à cinq réais le billet vert.

Au cours des dernières semaines le réal s'approchait de son minimum historique d'octobre 2002, à la veille de l'élection imminente du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, parrain politique de Dilma Rousseff.

(ats)

Votre opinion