Football - Le Real de Zidane redevient injouable en Ligue des champions
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FootballLe Real de Zidane redevient injouable en Ligue des champions

Technique, intelligent et appliqué, le Real Madrid a prouvé que la Ligue des champions restait son terrain de jeu; surtout quand Zinedine Zidane est à la barre.

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AFP/Sport-Center
Zinedine Zidane n’a pas besoin de boussole pour garder le cap en Ligue des champions. Il connaît le chemin.

Zinedine Zidane n’a pas besoin de boussole pour garder le cap en Ligue des champions. Il connaît le chemin.

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Zinedine Zidane peut-il conquérir à nouveau l’Europe? De retour en demi-finales de Ligue des champions après avoir écarté Liverpool mercredi (3-1, 0-0), «Zizou» et son Real Madrid ont surmonté blessures et embûches pour renouer le fil de leur longue histoire d’amour avec la Coupe aux grandes oreilles.

Les statistiques du duo ZZ-Real en Ligue des champions racontent en effet une forme d’hégémonie. Cela fait quatre qualifications pour le dernier carré de la C1 en cinq participations pour Zidane, qui a aussi remporté 14 de ses 15 doubles confrontations à élimination directe en C1. Et c’est la neuvième demi-finale sur les onze dernières saisons pour le Real, qui a remporté le titre suprême avec Zidane comme entraîneur adjoint (2014) puis trois fois d’affilée comme technicien principal (2016, 2017, 2018).

Autant dire que «ZZ» connaît le chemin à suivre, et que son parcours mouvementé cette saison prouve qu’il a de la ressource. Malgré une préparation estivale tronquée par la pandémie, des blessures en cascade qui ont beaucoup touché ses cadres (Hazard, Ramos, Varane, Benzema…) et un parcours en dents de scie en championnat, la «Maison-Blanche» est toujours debout. À la lutte pour conserver le titre en Liga, après son succès 2-1 samedi dans le clásico contre Barcelone, et prête à recevoir le Chelsea de Thomas Tuchel en demi-finale de C1 (27 avril et 5 mai).

«Zidane est d’une habileté incroyable»

Le Real «est tombé en Coupe, s’est vu très distancé en Liga. C’est quand le club était au plus profond de sa crise que l’on a vu Zidane s’énerver pour la première fois: ’’Laissez-nous travailler, on a le droit d’essayer’’», a rappelé jeudi dans une chronique Alfredo Relaño, président d’honneur du quotidien sportif madrilène As.

«À partir de là, soudain, le Real s’est remis en marche pour se retrouver au coude-à-coude en Liga avec l’Atlético et le Barça, et qualifié en demi-finales de Ligue des champions. Tout en devant gérer un effectif appauvri, en surmontant des blessures importantes, Zidane est toujours là, avec son groupe de vétérans qui le suivront où qu’il aille», s’enthousiasme cet éditorialiste. Comme lui, les observateurs de toute l’Europe se prosternent devant l’aura et la maestria de l’entraîneur marseillais.

«Ce type a une habileté incroyable. Il est venu, a raflé trophée sur trophée, les plus grands en plus, en si peu de temps! Trois Ligues des champions comme entraîneur? C’est juste phénoménal. Il ne dit pas grand-chose, il ne disait pas grand-chose non plus quand il était joueur. Il laisse son football parler. Il fait le travail de manière toujours impeccable. Il sait comment faire pour arriver en finale», l’a encensé Rio Ferdinand, ancien capitaine de l’équipe d’Angleterre, mercredi soir sur BT Sport.

«Il ne dit pas grand-chose, il ne disait pas grand-chose non plus quand il était joueur. Il laisse son football parler»

Rio Ferdinand, ancien capitaine de l’Angleterre et de Manchester United

Flegmatique et appliqué, Zidane a su garder le cap dans cette saison tourmentée: il a pris son mal en patience avec Eden Hazard, trop souvent blessé mais espéré contre Chelsea. Il a su prendre le temps avec le talent brésilien Vinicius. Il a su garder tout son groupe de joueurs concernés par son projet, même les remplaçants, qu’il a toujours relancés au bon moment (Marco Asensio, Fede Valverde…).

Un Real «italianisé»

Contre Liverpool, Zidane a surtout réussi à rafistoler une défense qui semblait perdue avec les absences du capitaine Sergio Ramos (mollet gauche et Covid-19), de Raphaël Varane (Covid-19) et de Dani Carvajal (cuisse droite), que l’on pourrait revoir tous les trois contre Chelsea. Sans eux, les habituelles doublures Nacho et Eder Militao ont assuré l’étanchéité défensive contre Liverpool.

Comme l’a souligné Jorge Bustos dans le quotidien El Mundo jeudi, «Zidane explique enfin ce qu’est la résilience» et le journaliste souligne combien «Zizou» a «italianisé» son équipe pour «résister» défensivement.

Reste que Thomas Tuchel et Chelsea symbolisent eux aussi la capacité de rebond: moribonds cet hiver, les Blues ont retrouvé toute leur stabilité défensive avec l’arrivée en janvier de l’entraîneur allemand, lui-même relancé après son éviction du Paris SG fin 2020. Et Zidane est prévenu: il n’a jamais battu une équipe de Tuchel en quatre confrontations (1 défaite, 3 nuls)…

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