Climat: Le réchauffement met à mal le ski

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ClimatLe réchauffement met à mal le ski

La neige est une denrée de plus en plus rare. Le réchauffement climatique a des conséquences sur le tourisme hivernal.

Les stations de moyenne altitude, situées entre 1200 et 1600 mètres, doivent dès à présent trouver des alternatives, face au manque de neige.

Les stations de moyenne altitude, situées entre 1200 et 1600 mètres, doivent dès à présent trouver des alternatives, face au manque de neige.

Keystone

«Les conditions ne sont plus les mêmes qu'il y a trente ans», explique à l'ats Martine Rebetez, titulaire de la chaire conjointe à l'université de Neuchâtel et de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) de climatologie appliquée. La durée d'enneigement est toujours plus courte: 37 jours de moins en moyenne depuis 1970, selon une étude qu'elle a dirigée. Et la tendance va s'accentuer.

Toutes les régions et toutes les altitudes sont touchées entre 1100 et 2500 mètres. Les variations peuvent être importantes d'une année à l'autre. Le processus n'est vraisemblablement pas différent au-dessus de 2500 mètres, mais les données manquent pour l'attester.

Pour Roberto Bolognesi, directeur du bureau Meteorisk à Sion, ces moyennes sont une «notion théorique». ll faudrait regarder par tranches d'altitude et par versant, avertit le nivologue. «Il sera possible encore très longtemps de skier en haute altitude», selon lui.

Hasard climatique

Le nivologue estime cependant que les stations de moyenne altitude, situées entre 1200 et 1600 mètres, doivent dès à présent trouver des alternatives. A moyen terme, c'est-à-dire dans 20 à 30 ans, leur avenir est incertain.

Le manque d'or blanc est parfois le fruit du hasard, rappelle le nivologue. Par le passé, la Suisse a déjà connu des hivers peu enneigés, surtout à Noël. En 1964 et à la fin des années 1980, les fêtes de fin d'année étaient restées vertes. Il est difficile de prévoir les changements climatiques à long terme. «On aura encore de bonnes conditions, mais de manière irrégulière», selon la professeure. Il faudra profiter des bons épisodes, dit-elle.

Dans les stations de moyenne altitude, les pistes sont souvent constituées de pâturage et peu de neige suffit pour skier. Ce qui n'est pas possible dans les pierriers à 3000 mètres. Une solution serait la neige artificielle. Mais, avertit Mme Rebetez, pour les stations de moyenne et basse altitude, la situation risque d'être plus compliquée. «Il fait relativement doux à Noël, de plus en plus souvent trop chaud pour la neige artificielle.»

(ats)

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