Brésil: Le recours de Lula n'a pas eu gain de cause
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BrésilLe recours de Lula n'a pas eu gain de cause

La justice a refusé le recours de l'ancien président brésilien, emprisonné pour corruption. Il voulait se présenter à un nouveau mandat.

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Lula a été condamné en appel à 17 ans de prison contre près de 13 ans en première instance dans une affaire de corruption. (Mercredi 27 novembre 2019)

Lula a été condamné en appel à 17 ans de prison contre près de 13 ans en première instance dans une affaire de corruption. (Mercredi 27 novembre 2019)

AFP
«Le combat n'est pas terminé», a scandé dimanche soir l'ex-président Lula, haranguant une foule galvanisée de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Recife (nord-est). (17 novembre 2019)

«Le combat n'est pas terminé», a scandé dimanche soir l'ex-président Lula, haranguant une foule galvanisée de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Recife (nord-est). (17 novembre 2019)

AFP
Lula a tenu un premier meeting, moins de 24 heures après sa sortie de prison, s'en prenant au président brésilien Jair Bolsonaro. (Dimanche 10 novembre 2019)

Lula a tenu un premier meeting, moins de 24 heures après sa sortie de prison, s'en prenant au président brésilien Jair Bolsonaro. (Dimanche 10 novembre 2019)

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Un juge de la Cour suprême du Brésil a rejeté jeudi un recours présenté par Lula contre l'invalidation de sa candidature à la présidentielle d'octobre. L'ex-président incarcéré faisait figure de grand favori dans les intentions de vote.

Luiz Inacio Lula da Silva a motivé son recours par le fait que le Comité des droits de l'Homme de l'ONU avait demandé à Brasilia qu'il puisse être candidat, même emprisonné. Vendredi, le Tribunal supérieur électoral (TSE) avait décidé sans surprise, par 6 voix contre 1 - celle du juge Luiz Edson Fachin - d'invalider la candidature de l'icône de la gauche brésilienne, qui purge depuis avril une peine de 12 ans et un mois de prison à Curitiba (sud).

Casier propre

Mais le même juge Fachin, chargé de la tentaculaire enquête anticorruption «Lava Jato» (Lavage express) au sein de la Cour suprême, a considéré que la déclaration onusienne ne permettait pas de prendre une mesure suspensive qui contournerait la loi «Ficha limpia» (Casier propre). Cette loi, ironiquement votée lors du second mandat de Lula, interdit à toute personne condamnée en deuxième instance de se présenter à une élection.

«La déclaration du Comité des droits de l'Homme de l'ONU n'a pas d'effet suspensif sur la décision du TSE», a tranché le juge Fachin. Il a toutefois précisé que sa décision se limitait à la demande d'une mesure suspensive, laissant la porte ouverte à un «examen exhaustif et définitif» de tous les recours présentés par Lula.

Se battre jusqu'au bout

Après le soutien apporté par le Comité de l'ONU, le vote du juge Fachin, seul au sein du TSE en faveur d'une validation de la candidature de Lula, avait galvanisé son Parti des Travailleurs. Ce dernier avait annoncé dans la foulée qu'il se battrait «jusqu'à la fin» pour que Lula puisse briguer un troisième mandat.

Le grand parti de gauche avait ainsi annoncé le dépôt de recours à la fois devant l'ONU et la Cour suprême. Les avocats de Lula ont multiplié cette semaine les recours techniques devant la Cour suprême. La participation de Lula à l'élection ne peut donc pas être totalement exclue à ce stade, selon les analystes.

Le TSE a donné jusqu'au 11 septembre au PT pour annoncer le nom d'un remplaçant à Lula. Il s'agirait selon toute probabilité de son colistier Fernando Haddad, ex-maire de Sao Paulo, si Lula perdait définitivement ses chances.

Lula est accusé d'avoir reçu en pot-de-vin d'un groupe de BTP un triplex dans une station balnéaire, mais il clame son innocence. Il fait toutefois l'objet de cinq autres procédures, essentiellement pour corruption.

Candidat blessé

Jair Bolsonaro, candidat de l'extrême droite à la présidentielle d'octobre au Brésil, a été légèrement blessé à l'arme blanche lors d'un meeting de campagne, a annoncé son fils Flavio, assurant qu'«il va bien».

Jair Bolsonaro, largement en tête des sondages pour le premier tour du 7 octobre, «a reçu un coup de couteau à l'abdomen», a annoncé son fils sur Twitter, et a été rapidement évacué par des militants, selon des images télévisées du meeting dans le Minais Gerais (sud-est).

(ats)

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