Actualisé 11.06.2019 à 23:17

Le réexamen du cas Lula reporté

Brésil

Des révélations explosives avaient remis à l'ordre du jour de la Cour suprême l'examen de la demande de libération de Lula.

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Lula a été condamné en appel à 17 ans de prison contre près de 13 ans en première instance dans une affaire de corruption. (Mercredi 27 novembre 2019)

Lula a été condamné en appel à 17 ans de prison contre près de 13 ans en première instance dans une affaire de corruption. (Mercredi 27 novembre 2019)

AFP
«Le combat n'est pas terminé», a scandé dimanche soir l'ex-président Lula, haranguant une foule galvanisée de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Recife (nord-est). (17 novembre 2019)

«Le combat n'est pas terminé», a scandé dimanche soir l'ex-président Lula, haranguant une foule galvanisée de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Recife (nord-est). (17 novembre 2019)

AFP
Lula a tenu un premier meeting, moins de 24 heures après sa sortie de prison, s'en prenant au président brésilien Jair Bolsonaro. (Dimanche 10 novembre 2019)

Lula a tenu un premier meeting, moins de 24 heures après sa sortie de prison, s'en prenant au président brésilien Jair Bolsonaro. (Dimanche 10 novembre 2019)

AFP

Le cour suprême du Brésil a reporté sine die le jugement d'une demande de libération de Lula prévu mardi, deux jours après des révélations sur la partialité de ceux qui l'ont condamné. L'ex-président purge une peine de huit ans et 10 mois de prison pour corruption et blanchiment d'argent.

Dimanche, dans des articles explosifs, le site internet The Intercept a dénoncé des manoeuvres de responsables de l'enquête anticorruption «lavage express» pour empêcher l'ex-président Luiz Inácio Lula da Silva de se présenter à la présidentielle de 2018, pour laquelle les sondages lui promettaient la victoire.

Des échanges sur la messagerie Telegram rendus publics montrent que le ministre de la justice Sergio Moro, alors juge chargé des dossiers de «lavage express» et normalement tenu à la plus totale impartialité, a fourni conseils et directives aux procureurs en défaveur de Lula. En juillet 2017, Sergio Moro avait condamné en première instance l'ex-président de gauche, pour corruption et blanchiment d'argent.

Impartialité du juge remise en cause

Un an et demi plus tard, il a abandonné la magistrature pour rejoindre le gouvernement du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, élu à la fin octobre.

Selon des analystes, les révélations d'Intercept ont motivé l'inscription à l'ordre du jour de l'examen de la demande de libération de Lula, qui était initialement prévu dans les prochaines semaines.

Le jugement n'a finalement pas eu lieu, mais les magistrats de la cour suprême ont fixé au 25 juin le jugement d'un autre recours de la défense de l'ex-président visant à obtenir sa libération. Ce recours, qui remet justement en cause l'impartialité de Sergio Moro en raison de sa présence ultérieure au gouvernement, a été déposé bien avant les révélations d'Intercept.

Certains analystes considèrent qu'il aurait plus de chances d'aboutir que celui qui devait être jugé mardi et qui portait sur des critères plus techniques. Il pourrait aussi revenir à l'ordre du jour le 25 juin.

(ats)

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