Hongrie: Le référendum d'Orban invalidé par l'abstention

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HongrieLe référendum d'Orban invalidé par l'abstention

Malgré le plébiscite du «non», le scrutin anti-migrants est invalidé faute de participation suffisante.

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Un tribunal italien doit rendre son verdict sur un bénévole français contre lequel le parquet a requis 3 ans et 4 mois de prison pour avoir tenté de conduire une famille soudanaise en France. (Jeudi 27 avril 2017)

Un tribunal italien doit rendre son verdict sur un bénévole français contre lequel le parquet a requis 3 ans et 4 mois de prison pour avoir tenté de conduire une famille soudanaise en France. (Jeudi 27 avril 2017)

AFP
Le pacte UE-Turquie a transformé ce pays en «un terrain d'essai des politiques européennes qui bafouent les droits» des réfugiés, ont dénoncé plusieurs ONG. (Jeudi 16 mars 2017)

Le pacte UE-Turquie a transformé ce pays en «un terrain d'essai des politiques européennes qui bafouent les droits» des réfugiés, ont dénoncé plusieurs ONG. (Jeudi 16 mars 2017)

Keystone
Nouveau drame sur une plage en Libye. Une vingtaine de clandestins ont été tués par des passeurs sur une plage en Libye après avoir refusé d'embarquer à bord d'un bateau pour rejoindre l'Europe. (8 mars 2017)

Nouveau drame sur une plage en Libye. Une vingtaine de clandestins ont été tués par des passeurs sur une plage en Libye après avoir refusé d'embarquer à bord d'un bateau pour rejoindre l'Europe. (8 mars 2017)

archive/photo d'illustration, AFP

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a connu dimanche un revers électoral avec son référendum contre le plan de l'Union européenne sur l'accueil des réfugiés, qui, malgré le plébiscite du «non», est invalidé faute de participation suffisante.

Ceux qui ont voté ont massivement exprimé (98,32%) leur rejet des relocalisations de réfugiés au sein de l'UE, mais ils n'ont pas été assez nombreux pour que le chef de l'exécutif remporte cette consultation à forte valeur symbolique.

La participation est inférieure à 45% et les votes exprimés n'ont représenté que 39,9% des inscrits. Ils devaient représenter au moins 50% des inscrits pour que la consultation ait force légale.

Orban refuse son échec

Au terme d'une campagne contre les migrants qui a mobilisé tout le camp du pouvoir et les médias proches du gouvernement pendant des semaines, le conservateur Viktor Orban a refusé d'y voir un échec.

«Bruxelles ou Budapest, telle était la question, et nous avons dit Budapest. Nous avons décidé que la question (migratoire) relevait de la juridiction de la Hongrie», s'est félicité le dirigeant qui avait pensé ce référendum comme un défi à la gouvernance de l'Union européenne, au nom de la souveraineté des nations.

L'Union européenne «ne pourra pas imposer sa volonté à la Hongrie», a-t-il martelé.

Le Premier ministre entend ainsi donner force légale au vote des électeurs en proposant «un changement constitutionnel pour refléter la volonté du peuple», selon ses déclarations dimanche soir.

Défaite sur la scène internationale

«Il veut continuer la bataille», mais «sur la scène internationale, c'est une défaite», analyse pour l'AFP Bulcsu Hunyadi, de l'institut Political Capital, selon lequel «la position d'Orban à la table des négociations est affaiblie».

Porté par le discours d'un gouvernement qui assimile l'immigration à une menace culturelle, aux violences, au terrorisme, Budapest n'a proposé à ce jour aucune place d'accueil de réfugiés relocalisés.

La Hongrie souhaitait, par ce référendum, s'affranchir de toute obligation de contribuer à cet effort européen. Le pays est censé accueillir au moins 1294 migrants en vertu du plan européen de répartition de 160'000 personnes adopté il y a un an pour soulager les pays d'arrivée des migrants en Europe, la Grèce et l'Italie.

La solidarité n'est pas à la carte, dit l'UE

Les responsables européens ont à plusieurs reprises averti que cette solidarité n'était pas à la carte. Mais ils ont peu de moyen de forcer Budapest à remplir ses engagements, alors même que le plan de relocalisation est contesté par d'autres Etats membres et est mis en oeuvre dans la douleur.

Le ministre autrichien des Affaires étrangères Sebastien Kurz a épinglé à son tour le principe des quotas en le jugeant, dimanche dans l'hebdomadaire Welt am Sonntag, «irréaliste» et dangereux pour la cohésion de l'Union européenne.

Peaufinant sa stature de leader d'une Europe populiste et anti-immigration qui a le vent en poupe dans les urnes, de la France à l'Autriche, Orban s'était dit «fier», samedi, que les Hongrois soient «les premiers» en Europe appelés à ce prononcer sur l'accueil des réfugiés pour combattre les décisions de «l'élite à Bruxelles».

Les électeurs étaient appelés à répondre à la question: «Voulez-vous que l'Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non-hongrois en Hongrie sans l'approbation du Parlement hongrois?».

Boycott de l'opposition

L'opposition et les ONG de défense des droits de l'homme avaient appelé au boycott ou au vote nul dénonçant une «campagne de peur» dans un pays qui a vu transiter 400'000 migrants durant la crise de l'année 2015 et a dressé des barbelés à ses frontières avec la Serbie et la Croatie.

Mais selon l'analyste Bulcsu Hunyadi, même des électeurs du parti Fidesz du Premier ministre font certainement partie des abstentionnistes «en raison de cette campagne trop biaisée».

A Budaörs, à 15 km de la capitale, Marci, un agriculteur de 40 ans, expliquait ainsi avoir refusé de prendre part au scrutin pour ne pas être «un pion sur l'échiquier d'Orban»

Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010, pourra-t-il continuer à faire du rejet des migrants le centre de sa politique, comme c'est la cas depuis plus d'un an ? Le résultat du référendum pose la question, selon les analystes.

Le dirigeant du parti d'extrême droite Jobbik, Gabor Vona, seul véritable rival du Fidesz de Viktor Orban en vue des législatives de 2018, a appelé, après les résultats, à la démission du Premier ministre.

(AFP)

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