Italie: Le référendum sur les forages pétroliers échoue
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ItalieLe référendum sur les forages pétroliers échoue

Le référendum qui aurait pu bloquer les futurs forages en mer a été invalidé, la participation étant insuffisante.

(Image d'archive - 20 octobre 2009)

(Image d'archive - 20 octobre 2009)

AFP

Les Italiens étaient appelés aux urnes ce dimanche pour un référendum sur les forages pétroliers et gaziers en mer. Toutefois faute de participation suffisante, l'initiative lancée par plusieurs assemblées régionales, inquiètes des retombées sur l'environnement et le tourisme, a été mise en échec.

A la fermeture des bureaux de vote, à 23h00, le ministère de l'Intérieur a annoncé que la participation était inférieure aux 50% requis pour que la consultation soit jugée valide. Le président du Conseil italien, Matteo Renzi, avait appelé la population à bouder les urnes, ne jugeant pas ce référendum utile et estimant même qu'il est de nature à nuire à l'activité économique.

Le référendum portait sur la question de savoir si l'Italie doit cesser de renouveler les permis de forage en mer à moins de 20 km de la côte. Aucune nouvelle concession de forage n'est délivrée actuellement, mais le gouvernement estime que les contrats déjà passés doivent pouvoir rester en vigueur.

Dépendance énergétique

Il avait été obtenu par plusieurs assemblées régionales dont la plupart sont dirigées par le Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi. Ce référendum n'est que le 17e en Italie depuis 1974.

L'Italie importe 90% de ses besoins énergétiques. Les gouvernements qui se sont succédé ont envisagé de relancer la production nationale d'hydrocarbures afin de réduire la dépendance de la Péninsule vis-à-vis de fournisseurs étrangers comme le géant russe Gazprom.

Actuellement, on compte 69 concessions de prospection dans les eaux territoriales italiennes, la plupart concernant le gaz, indique le ministère de l'Industrie. Sur ce total, 44 se trouvent à moins de 20 km des côtes, et la plupart sont attribuées à la société italienne d'hydrocarbures ENI.

La production pétrolière dans la zone maritime de 20 km représente actuellement 1% de la consommation de l'Italie et la production gazière 3% de la consommation du pays.

Glissement

Le taux de participation à ce référendum était la donnée suivie avec intérêt par les partisans, autant que les détracteurs, de Matteo Renzi dont le gouvernement surfe depuis deux ans sur le succès mais qui a tendance à s'essouffler ces derniers temps.

Non seulement la croissance promise n'est pas au rendez-vous, mais quelques soucis ont commencé à gripper la belle machine renzienne. Ainsi, la ministre du Développement économique, Federica Guidi, dont le compagnon a été mis en examen pour trafic d'influence, a dû démissionner le 1er avril, et l'une des proches du Premier ministre, Maria Elena Boschi, ministre des Réformes, doit faire face à un scandale bancaire affectant son père.

L'enjeu du référendum s'était donc petit à petit déplacé sur le terrain politique, au grand dam de Matteo Renzi qui, pour compliquer encore le jeu, a donc appelé à l'abstention. «Cette situation est absurde, il ne s'agit pas d'un référendum politique, on ne vote pas pour ou contre le gouvernement», s'est-il insurgé.

(ats)

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