Syrie: Le régime brandit la lutte contre le terrorisme

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SyrieLe régime brandit la lutte contre le terrorisme

Après l'attentat qui a fait 42 morts à Homs, la délégation du gouvernement place la dénonciation du terrorisme au centre des conditions de négociation.

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Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

AFP
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Keystone
Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Keystone

Après l'attentat qui a fait 42 morts samedi à Homs en Syrie, la délégation du gouvernement aux pourparlers de Genève a réaffirmé sa position. Pour elle, la lutte contre le terrorisme demeure prioritaire.

«Toute plate-forme qui refuserait de condamner» les attentats sera «considérée comme complice du terrorisme», a déclaré le même jour l'ambassadeur syrien Bachar al-Jaafari. Le chef de la délégation du Haut comité des négociations (HCN), principal groupe d'opposition, Nasr al-Harari, a lui aussi dénoncé le terrorisme perpétré par l'Etat islamique (EI) et le Front al-Nosra.

Salem al-Meslet, porte-parole du HCN, estime lui que le régime de Damas utilise le prétexte du terrorisme pour éviter de s'engager dans des discussions sur une transition politique en Syrie. «Depuis qu'ont commencé les négociations de Genève, le seul mot que le régime a à la bouche est le terrorisme. En fait, il bloque les choses en utilisant ce prétexte», a-t-il déclaré.

Jaafari tergiverse, il ne veut pas démarrer la discussion sur la transition politique. Et, de la même manière qu'il insiste sur notre condamnation de ce qui s'est passé à Homs, nous demandons à la délégation du régime de dire clairement qu'elle est engagée à parler de transition politique (...) pour trouver une solution en Syrie», a-t-il lancé. «Les questions militaires doivent être discutées à Astana», a-t-il poursuivi, en référence au processus de négociations au Kazakhstan parrainé par les Russes et la Turquie, et centré sur l'application du cessez-le-feu.

Trois thèmes au programme

A Genève, les discussions du week-end n'ont pas apporté de nouvelles avancées. Dimanche, l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura a rencontré les autres groupes d'opposants, soit la plate-forme indépendante dite du Caire puis celle dite de Moscou, considérée comme plus proche du gouvernement.

Devant la presse, un responsable du groupe de Moscou a affiché des priorités assez similaires à celles du régime. Il souhaite un mécanisme contre le terrorisme et en parallèle un dialogue «direct» et «sérieux» entre le gouvernement et une seule délégation de l'opposition. Lors de cette rencontre, Staffan de Mistura leur a remis le document déjà donné vendredi à Bachar al-Jaafari puis à Nasr al-Harari. Dans ce document, que l'AFP a pu consulter, Staffan de Mistura réaffirme que les discussions pour les trois jours à venir porteront sur la gouvernance inclusive, une nouvelle Constitution et des élections, thématiques évoquées en parallèle.

Opposition divisée «Il n'y a pas d'autres questions» à aborder selon lui, a dit devant la presse le chef du groupe du Caire Jihad Makdissi. Celles relatives au cessez-le-feu, à la lutte contre le terrorisme et au domaine humanitaire doivent être abordées dans le cadre du processus d'Astana, précise le document.

Un avis que ne partageait pas samedi Bachar al-Jaafari, qui estime que le terrorisme doit constituer une «priorité» dans tous les pourparlers. Par ailleurs, Staffan de Mistura répète dans le document que plusieurs séries de discussions seront indispensables.L'opposition reste aussi confrontée à ses propres divisions. «Nous ne sommes pas fragmentés, nous sommes divers», a affirmé Jihad Makdissi. Le HCN demande aux autres plates-formes d'exiger un départ de Bachar el-Assad. Jihad Makdissi lui reproche de vouloir «faire de la politique» plutôt que de trouver une solution au conflit. Il ajoute que la Constitution ne pourra être décidée qu'au moment où un organe de transition avec le gouvernement aura été lancé.Le responsable du groupe de Moscou estime également que chaque entité de l'opposition a un programme différent. Mais il appelle à une rencontre entre les trois plates-formes pour tenter de se rassembler dans une seule délégation. Il a mentionné une «avancée» avec le groupe du Caire et «des efforts en cours» avec le HCN.

Avancée de l'armée syrienne

Sur le terrain, l'armée syrienne et ses alliés ont effectué samedi et dimanche une percée importante dans une zone jusqu'alors aux mains de l'EI, située au sud d'Al Bab, ville du nord-ouest du pays dont les rebelles pro turcs ont chassé les djihadistes jeudi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).Les forces gouvernementales ont notamment pris le contrôle dimanche de la ville de Tadef après que les combattants de l'EI s'en sont retirés, rapporte la télévision d'Etat.

(ats)

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