25.01.2019 à 14:54

SoudanLe régime d'el-Béchir «doit partir immédiatement»»

Le leader de l'opposition soudanaise, Sadek al-Mahdi, a apporté son soutien aux manifestants qui réclament la démission du président Omar el-Béchir.

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Au total 27 agents de renseignement ont été condamnés à mort pour le meurtre d'un enseignant durant la crise politique soudanaise. (Lundi 30 décembre 2019)

Au total 27 agents de renseignement ont été condamnés à mort pour le meurtre d'un enseignant durant la crise politique soudanaise. (Lundi 30 décembre 2019)

AFP
Un tribunal de Khartoum doit rendre samedi son verdict à l'encontre de l'ex-président soudanais Omar el-Béchir, accusé de corruption. (Samedi 14 décembre 2019)

Un tribunal de Khartoum doit rendre samedi son verdict à l'encontre de l'ex-président soudanais Omar el-Béchir, accusé de corruption. (Samedi 14 décembre 2019)

AFP
Un juge soudanais a fixé samedi au 14 décembre le verdict dans le procès pour corruption du président déchu Omar al-Béchir. (Samedi 16 novembre 2019)

Un juge soudanais a fixé samedi au 14 décembre le verdict dans le procès pour corruption du président déchu Omar al-Béchir. (Samedi 16 novembre 2019)

AFP

Le principal dirigeant de l'opposition au Soudan, Sadek al-Mahdi, a exprimé vendredi son soutien aux manifestations appelant depuis plusieurs semaines au départ du président Omar el-Béchir.

«Le régime doit partir immédiatement», a dit Sadek al-Mahdi devant plusieurs centaines de fidèles rassemblés dans une mosquée d'Omdourman, ville jumelle de la capitale Khartoum ayant connu des manifestations antigouvernementales quasi quotidiennes.

Vendredi, la police a tiré des gaz lacrymogènes contre des groupes de manifestants qui s'étaient rassemblés à la sortie de la mosquée où s'est exprimé M. Mahdi, selon des témoins.

«Plus de 50 personnes ont été tuées»

«Les manifestants ont marché sur quelques centaines de mètres, scandant des slogans contre le gouvernement avant d'être visés rapidement par des tirs de gaz lacrymogènes», selon un témoin.

Selon le leader de l'opposition, «plus de 50 personnes ont été tuées» dans des violences depuis le début, le 19 décembre, du mouvement de contestation.

Un bilan officiel fait état de 30 morts durant les manifestations tandis que des organisations de défense des droits humains parlent de plus de 40 morts.

«Une période de transition arrivera bientôt [...]. Nous soutenons ce mouvement» de contestation, a affirmé Sadek al-Mahdi, revenu le 19 décembre au pays après environ un an d'exil.

Chassé du pouvoir par Omar el-Béchir

M. Mahdi, dernier Premier ministre démocratiquement élu du Soudan, avait été chassé du pouvoir par le coup d'Etat fomenté en 1989 par l'actuel président Omar el-Béchir. Il dirige al-Oumma, l'une des plus anciennes formations politiques du pays. Il est également à la tête de la secte Al-Ansar, branche religieuse d'al-Oumma.

Sadek al-Mahdi a indiqué vendredi que son parti avait cosigné un document avec l'Association des professionnels soudanais, à la tête de la contestation antigouvernementale. «Il s'agit d'un document pour le changement et la liberté», a-t-il dit.

«Nous allons ensemble tenir des manifestations pacifiques au Soudan et à l'étranger», a-t-il ajouté, condamnant la violence et l'usage de «balles réelles» contre les manifestants.

Marasme économique

Depuis le 19 décembre, le Soudan est secoué par un mouvement de protestations engendré par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain dans un pays en plein marasme économique.

Les manifestations se sont rapidement transformées en mouvement antigouvernemental pour demander la démission du président Béchir, au pouvoir depuis trois décennies.

Le parti de Sadek al-Mahdi a régulièrement dénoncé les politiques du gouvernement Béchir. Mais le mouvement de contestation actuel est mené par l'Association des professionnels soudanais qui regroupe des médecins, enseignants et ingénieurs.

Les manifestations qui touchent le Soudan depuis décembre représentent la plus grande menace pour le régime du président Omar el-Béchir depuis son arrivée au pouvoir en 1989, estiment des analystes.

(AFP)

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