28.11.2014 à 12:08

Etat islamiqueLe régime syrien nie viser des civils

Damas a rejeté les accusations du département américain d'Etat selon lequel les forces syriennes ont intentionnellement visé des civils cette semaine dans la province de Raqa, un bastion de l'Etat islamique (EI).

Des dizaines de civils sont morts sous les bombes, à Raqa.

Des dizaines de civils sont morts sous les bombes, à Raqa.

AFP

Des dizaines de civils auraient été tués lors de bombardements sur Raqa, un des fiefs de l'état islamique en Syrie.

Le gouvernement syrien a rejeté les accusations et a appelé Washington à choisir son camp.

«L'Armée arabe syrienne ne vise pas de civils et ne le fera pas», a assuré tard jeudi le ministre de l'Information, Omran al Zoubi, cité par l'agence officielle de presse Sana. Selon lui, Washington tire ses informations d'«organisations terroristes» qui opèrent en Syrie comme l'EI ou le Front al Nosra, la branche syrienne d'Al Qaïda.

Les bombardements sur Raqa ont été rapportés par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), proche de l'opposition et basé en Grande-Bretagne. D'après l'OSDH, ces frappes ont fait 95 morts parmi la population civile. Le département d'Etat américain s'est dit «horrifié» par ces bombardements qui ont tué «des dizaines de civils» et «détruit des quartiers résidentiels».

Washington doit choisir son camp

Pour M. al Zoubi, «le département d'Etat ferait mieux de témoigner de son respect pour les âmes des victimes américaines tombées sous les mains des terroristes de l'organisation Daech (ndlr, l'EI) au lieu de lancer des accusations fabriquées à l'encontre de l'Etat syrien confronté depuis des années au terrorisme».

Trois otages américains, les journalistes James Foley et Steven Sotloff et le fondateur d'une ONG humanitaire, Peter Kassig, ont été assassinés par les djihadistes depuis le début des bombardements américains contre des cibles de l'EI en Irak, le 8 août.

«Chacun doit choisir entre deux options», poursuit M. al Zoubi: «Soit vous êtes du côté du terrorisme, de Daech, du Front al Nosra et des autres, soit vous luttez contre le terrorisme.»

Centaines de morts

Depuis le début du conflit syrien, en mars 2011, les Nations unies estiment que 200'000 personnes ont perdu la vie. Des opposants à Bachar al Assad affirment que le bilan véritable est beaucoup plus lourd.

L'OSDH rapporte de son côté que depuis le 20 octobre, les frappes aériennes de l'armée syrienne ont tué 527 civils, dont 120 enfants. Sur cette période, ajoute-t-il, l'armée syrienne a procédé à 1755 sorties. Dans un peu moins de la moitié de ces raids, les forces syriennes ont eu recours à des barils d'explosifs, bourrés de TNT et de pièces métalliques et largués sans aucune précision possible.

(ats)

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