Actualisé 10.11.2013 à 21:44

MaldivesLe report de l'élection présidentielle crée la confusion

La cour suprême des Maldives a décidé dimanche de repousser le second tour de l'élection présidentielle, créant la confusion. Cette décision a été vivement critiquée par les Etats-Unis et Ban Ki-moon.

Mohamed Nasheed dirigeant de l'opposition, est arrivé en tête du premier tour avec 46,93% des votes.

Mohamed Nasheed dirigeant de l'opposition, est arrivé en tête du premier tour avec 46,93% des votes.

AFP

La confusion régnait dimanche aux Maldives après la décision de la Cour suprême de repousser le second tour de l'élection présidentielle. L'ancien président, premier chef d'Etat élu démocratiquement avant d'être renversé, est grand favori dans la course.

Les Etats-Unis ont vivement critiqué la Cour suprême des Maldives, estimant que la jeune démocratie de cet archipel était mise à mal.

«Les efforts de la Cour suprême pour intervenir de manière répétée et indue dans le processus électoral corrompent la démocratie des Maldives et retirent des mains des habitants le droit de choisir», a déclaré dans un communiqué au ton peu amène l'ambassade des Etats-Unis aux Maldives et au Sri Lanka, basée à Colombo.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, «très inquiet» par ce report a, dans un communiqué, appelé les «décideurs politiques et les institutions à respecter la volonté légitime du peuple exprimée le 9 novembre».

Elections annulées

Des élections début septembre avaient été annulées, avant que le rendez-vous électoral promis pour octobre soit finalement repoussé au week-end des 9 et 10 novembre.

Après le premier tour, qui s'est tenu samedi, les bureaux de vote devaient rouvrir dès dimanche à la mi-journée et permettre aux Maldives, célèbres pour leurs plages de sable blanc et leurs eaux turquoises, d'être enfin dotées d'un président, comme la constitution le réclame.

Mais «toutes les autorités concernées sont informées que les élections prévues ce jour (ce dimanche: ndlr) ne peuvent pas se tenir», a indiqué la Cour suprême, acceptant ainsi la demande du candidat arrivé à la 3e place.

La constitution de 2008 stipule qu'un nouveau président doit être élu avant le 11 novembre et ne prévoit aucun intérim. Mais la Cour suprême a décrété que le président sortant, Mohamed Waheed, peut rester en fonction, une mission que ce dernier a accepté de remplir jusqu'à ce que le processus électoral parvienne à son terme.

Mohamed Nasheed, 46 ans, dirigeant de l'opposition, est arrivé en tête samedi avec 46,93% des votes, selon le dernier décompte. Un score largement supérieur à celui des deux autres candidats mais insuffisant pour lui permettre d'être proclamé vainqueur dès le premier tour.

Première élection démocratique

Mohamed Nasheed a été le premier chef d'Etat démocratiquement élu dans le pays, en 2008, après 30 ans de pouvoir autocratique. Ancien prisonnier politique et activiste en faveur de l'environnement, il s'en était pris au pouvoir judiciaire et aux forces de l'ordre, dont les postes clé sont occupés par des proches de son prédécesseur.

Poussé à la démission en février 2012 lors de ce qu'il a qualifié d'un «coup d'Etat», il a dénoncé ces dernières semaines de nouvelles manœuvres visant à le priver de la victoire.

L'homme aurait dû affronter dimanche Abdulla Yameen (29,73% des voix). Yameen est le demi-frère de Maumoon Abdul Gayoom, autocrate qui a régné sur les Maldives et ses 350'000 habitants pendant 30 ans.

Qasim Ibrahim, un riche homme d'affaires, qui a fait fortune dans le tourisme de luxe, était arrivé 3e (23,34%). C'est lui qui a déposé un recours devant la Cour suprême comme il l'avait fait en septembre, recours à nouveau accepté. Il demande quelques jours de répit afin de pouvoir donner ses consignes de vote à ses sympathisants et soutient Abdulla Yameen.

Critiques croissantes

L'archipel, prisé des touristes fortunés, a essuyé un regain de critiques de la part des chancelleries occidentales depuis l'annulation des résultats d'un premier tour, le 7 septembre. Elles craignent que les décisions des autorités ne visent surtout à empêcher Nasheed de retrouver le pouvoir.

Les Etats-Unis et le Commonwealth avaient tous deux mis en garde contre de nouveaux délais.

«Il est impératif que le second tour prenne place immédiatement et conformément aux directives de la commission électorale, afin d'assurer que le peuple des Maldives soit mené par un président élu par leurs soins», a déclaré la porte-parole du département d'Etat américain Jen Psaki.

Pour l'envoyé spécial des 53 pays du Commonwealth, Don McKinnon, «il est important que le processus électoral avance rapidement vers sa conclusion, avec la tenue d'un second tour».

(ats)

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