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ParisLe retour en France de Strauss-Kahn suscite joie, colère ou embarras

Dominique Strauss-Kahn et sa femme Anne Sinclair sont arrivés dimanche chez eux à Paris, une heure après avoir débarqué à Roissy d'un vol en provenance de New York. Très médiatisé, ce retour déclenche des réactions très contrastées.

Dominique Strauss-Kahn et sa femme Anne Sinclair à leur arrivée à leur appartement parisien, place des Vosges.

Dominique Strauss-Kahn et sa femme Anne Sinclair à leur arrivée à leur appartement parisien, place des Vosges.

Keystone

Dominique Strauss-Kahn est arrivé dimanche matin à Paris, en provenance de New York. Lui et son épouse, Anne Sinclair, ont rejoint leur appartement de la place des Vosges, au centre de Paris, où des dizaines de journalistes les attendaient. Ce retour coïncide avec le début de la campagne des socialistes pour 2012.

DSK n'a fait aucune déclaration dimanche. Dès son arrivée à l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle, le couple a été suivi par une nuée de motos sur lesquelles étaient juchés des photographes. Reporters et cameramen ont été très nombreux à suivre chacune des étapes du retour de l'ancien favori à l'Elysée, autant lors de son départ des Etats-Unis qu'à son atterrissage en France.

A l'aéroport de Roissy, «DSK» a été applaudi par quelques personnes et accueilli aux cris de «Courage!», et «On t'aime bien!» «L'ancien favori des sondages pour la présidentielle de 2012 ne s'exprimera pas publiquement dans les prochaines heures», a tout de suite déclaré la conseillère en communication de DSK, Anne Hommel.

Effervescence place des Vosges

«Il s'exprimera devant les Français au moment qu'il choisira. Il le fera, je pense, dans un délai pas trop éloigné», a estimé Pierre Moscovici, député PS proche de DSK.

L'ancien maire de Sarcelles retrouve la France pour la première fois depuis son arrestation le 14 mai dernier pour agression sexuelle présumée à l'encontre d'une femme de chambre d'un hôtel new- yorkais. Il était libre de quitter les Etats-Unis depuis le 23 août et l'abandon de toutes les poursuites pénales à son encontre.

Place des Vosges, les habitants du quartier et les badauds ont commenté le retour en pleine effervescence de l'ancien homme fort du PS. Dans la cohue, Anne Sinclair s'est retrouvée brièvement coincée sur le trottoir, alors que les gardes du corps venaient de refermer la porte de l'immeuble derrière son mari.

Jack Lang en voisin

Un sympathisant de l'ancien patron du FMI s'est installé en face de la demeure pour entonner un air de l'opéra Macbeth, de Verdi. Un air qu'il affirme avoir déjà chanté devant l'appartement des Strauss-Kahn à New York, un air entrecoupé de «Vive Dominique!».

Mais DSK a aussi dû réceptionner quelques quolibets. Un homme lui a crié: «On est en démocratie, vous êtes un gros dégueulasse, et j'ai le droit de le dire (...) Allez vous faire soigner ailleurs.»

Affichant un sourire inébranlable au sortir de la Peugeot noire qui l'a conduit de l'aéroport à son appartement parisien, DSK est resté muet devant les médias en se frayant un chemin vers son logis.

L'ancien ministre socialiste Jack Lang, voisin du couple, est sorti de chez lui pour donner son sentiment à la presse. «Je pense à son bonheur et à celui d'Anne», a-t-il déclaré, ravi. Et d'ajouter qu'il les «embrasserait très fort» dès qu'il les verrait».

Embarras au PS

Le comité de soutien à Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui l'accuse de l'avoir violée, a pour sa part regretté que la presse française ait donné un «écho triomphal et spectaculaire au retour en France» de M. Strauss-Kahn. «Le refus des magistrats américains (...) de poursuivre M. Strauss-Kahn ne signifie nullement que l'accusé ait été déclaré non coupable des graves accusations portées contre lui par Mme Diallo», a estimé le comité.

Le volet judiciaire américain de l'affaire n'est pas clos. L'accusation a été portée au civil. En France, M. Strauss-Kahn est sous le coup d'une accusation de viol, portée par la romancière Tristane Banon. La mère de cette dernière, Anne Mansouret, élue PS, a estimé que ce retour avait quelque chose d'indécent. «Tant qu'il n'aura pas été jugé, il ne sera pas blanchi», a-t-elle déclaré.

A gauche, le retour au bercail de DSK a été diversement apprécié. La patronne du PS, Martine Aubry s'est nettement démarquée de ses collègues en affirmant mardi déjà partager l'avis de «beaucoup de femmes» sur l'»attitude» de DSK à leur égard. Radical, l'outsider Arnaud Montebourg a même demandé que l'ex-patron du FMI fasse des excuses «aux socialistes» et «ensuite qu'il garde le silence».

A droite, après un certain mutisme, les paroles sortent. DSK «va être une tache indélébile au PS», a estimé la député Chantal Brunel, en marge du rassemblement de l'UMP ce week-end à Marseille.

(AFP)

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