Actualisé 09.05.2018 à 14:22

Nucléaire iranienLe retrait américain inquiète la Suisse

Pour le chef de la diplomatie, Ignazio Cassis, le retrait des Etats-Unis d'un accord de dénucléarisation est «une erreur».

Le Conseil fédéral est inquiet de la décision des Etats-Unis de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien. Il est toutefois encore trop tôt d'en évaluer les conséquences, a indiqué mercredi le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis.

En soi, abandonner un accord de dénucléarisation est une erreur, a-t-il déclaré lors de la conférence de presse hebdomadaire du Conseil fédéral. «Nous serions plus rassurés s'il était encore en vigueur», a ajouté M. Cassis.

Conséquences économiques pour la Suisse

«Nous attendons de voir comment et quand les Etats-Unis mettront en place les sanctions contre l'Iran». Le retour aux sanctions aura aussi des conséquences économiques pour la Suisse.

Le président américain Donald Trump a annoncé mardi le retrait pur et simple des Etats-Unis de l'accord et un retour de toutes les sanctions visant les entreprises travaillant avec l'Iran. L'accord sur le nucléaire iranien vise à faciliter les échanges commerciaux avec l'Iran et à relancer sa croissance en échange d'un engagement de Téhéran à limiter ses activités nucléaires.

Une visite de Hassan Rohani en Suisse

La Suisse s'inquiète aussi d'une éventuelle escalade de la violence au Proche-Orient. Le chef de la diplomatie helvétique, qui se rend ce week-end en Jordanie, essaiera de prendre la température.

Quant à la visite éventuelle du président iranien Hassan Rohani en Suisse, elle reste ouverte. L'invitation est pendante et Berne attend une confirmation de Téhéran, a noté M. Cassis

Rien ne change

La Suisse avait déjà exprimé son inquiétude mardi soir après l'annonce par Donald Trump de se retirer de l'accord nucléaire avec l'Iran. Mais cela ne change rien quant au respect de l'accord par Berne.

La Suisse va continuer de respecter pleinement l'accord et les sanctions telles que décidés par une résolution de l'ONU, écrit mardi soir le Département fédéral des affaires étrangères dans une prise de position. Mais politiquement, le DFAE reconnaît que la décision américaine renforce l'insécurité quant à l'avenir de l'accord nucléaire iranien.

Pour les entreprises helvétiques, en particulier les intermédiaires financiers, l'insécurité juridique n'en sera que relevée s'agissant du commerce avec l'Iran, ajoute le DFAE. La Suisse en appelle à la retenue de toutes les parties à l'accord.

(ats)

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