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AthlétismeLe rétropédalage suspect de Mo Farah

Dans un documentaire, la BBC révèle que le l'athlète britannique a menti à l'agence anti-dopage américaine en 2015.

par
Sport-Center
Mo Farah après le 10 000 m des championnats du monde de Londres en 2017.

Mo Farah après le 10 000 m des championnats du monde de Londres en 2017.

Keystone

Cette semaine, dans le cadre de son émission «Panorama», la BBC a diffusé un documentaire dans lequel elle révèle que le Britannique Mo Farah, spécialiste des courses de fond, a menti à l'Agence américaine anti-dopage (Usada) à propos d'injections de L-carnitine, peu avant le marathon de Londres en 2014.

Dans les comptes-rendus d'audition de 2015, Farah affirme n'avoir «jamais reçu d'injections de L-carnitine». Après son entretien, le coureur britannique retrouve Barry Fudge, le chef des athlètes britanniques de longue distance.

Quand ce dernier annonce avoir parlé de ces fameuses injections aux enquêteurs, Farah se retrouve dans une situation compliquée. Quand il est à nouveau face aux membres de l'Usada, le Britannique est dans ses petits souliers.

«A l'époque, je ne pensais pas que je l'avais pris»

«Désolé les gars, je voulais juste que ce soit clair. J'ai bien pris le produit, mais à l'époque je pensais que je ne l'avais pas pris», a-t-il tenté de se justifier. Tout me revient, mais à ce moment-là je ne m'en souvenais pas.»

La L-carnitine est un acide aminé fabriqué naturellement par le foie et les reins, présentée comme une substance favorisant la perte de poids et produisant de l'énergie. Elle n'est pas une substance prohibée par l'Agence mondiale antidopage (Ama) mais si les dosages ne sont pas respectés, la L-carnitine pourrait avoir les mêmes effets que le dopage sanguin.

Le controversé Salazar

Farah a notamment remporté quatre médailles d'or olympiques entre 2011 et 2017, sous la supervision du controversé Alberto Salazar. L'entraîneur américain de 61 ans est suspendu depuis octobre 2019 pour «organisation et incitation à une conduite dopante interdite».

Alberto Salazar a été suspendu pour «organisation et incitation à une conduite dopante interdite». Il était accusé par l'Usada, l'Agence antidopage américaine, lors de trafic de testostérone, d'avoir injecté à ses athlètes de l'acide aminé L-carnitine au-delà des doses autorisées et d'avoir tenté de s'opposer à la collecte d'informations par l'Usada.

«Il a changé d'avis dès qu'il a quitté la pièce»

Par l'intermédiaire de ses avocats, Mo Farah a réagi après la diffusion du documentaire. «Les interrogatoires ne sont pas des tests de mémoire. Mo Farah a compris la question dans un sens, mais a changé d'avis dès qu'il a quitté la pièce. Il a immédiatement parlé à Barry Fudge et est retourné à l'intérieur. Il voulait clarifier la situation, et les enquêteurs ont accepté sa déclaration», ont déclaré les avocats de l'athlète.

Mo Farah (36 ans), quatre fois champion olympique et six fois champion du monde, n'a fait l'objet d'aucun contrôle positif durant sa carrière.

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