17.03.2018 à 08:58

Le robot qui vous dissuade de fumer

Sevrage

Dès dimanche, 600 Romands inscrits au programme «J’arrête de fumer» seront coachés par un programme doté d’intelligence artificielle via Facebook Messenger.

par
Laura Juliano

Armés de leur smartphone, 600 fumeurs romands dialogueront dès dimanche avec un robot sur Facebook pour surpasser les phases de manque.

«Je fume.» 13 h 30, l’heure de la cigarette d’après-repas a sonné. Comme chaque jour depuis une semaine, Fabrice Joliat s’empresse d’avertir son coach sur Messenger. Non pas un tabacologue, mais un robot conçu par la HES-SO de Sierre (VS) pour le soutenir dans son imminent sevrage à la nicotine.

Pour l’instant, le programme doté d’intelligence artificielle se contente d’enquêter en posant des questions simples: «Es-tu en voiture? Seul ou en groupe? Comment te sens-tu?» Mais il passera au niveau supérieur dès demain. Jour où Fabrice Joliat s’est engagé à écraser sa dernière cigarette tout comme 600 autres Romands inscrits au programme «J’arrête de fumer» sur Facebook.

«Durant les premières semaines de l’arrêt, les participants vont se retrouver face à d’irrépressibles envies de fumer. Extrêmement fortes, mais brèves. Dans ces moments d’urgence, ils pourront s’adresser à toute heure au robot. Il saura exactement qui est l’utilisateur, quelles sont ses faiblesses et le contexte dans lequel il se trouve pour lui proposer une activité de substitution adaptée», explique Roland Savioz, dont la start-up ObeeOne SA est à l’origine du projet.

Gérer les crises de manque

Prendre un bain, mâcher un chewing-gum ou aller au cinéma: chaque participant recevra un conseil en fonction de ses goûts, de son âge ou encore de l’heure de la journée. Le robot, fruit de la collaboration entre ingénieurs, médecins, psychologues et tabacologues, pourra aussi anticiper les tentations récurrentes en faisant des offres culturelles sur mesure.

Le programme intercantonal mené sur trois mois l’année passée a fait ses preuves auprès de 1200 Romands parmi les 7000 inscrits. Revers du succès: les spécialistes de la santé ont vite été débordés. «La première semaine, on a reçu 13 400 messages. Rien que pour les lire, il nous aurait fallu 42 heures, soit une personne à plein temps. Mais, quand quelqu’un est en état de manque, il a besoin d’une réponse immédiate. Le robot est là pour ça», précise Roland Savioz. Si les participants sont dix fois moins nombreux aujourd’hui, c’est surtout parce que le programme, jusqu’ici gratuit, coûte désormais 75 francs par personne. «L’opération devenait malheureusement trop chère pour les organismes de prévention», note le concepteur.

Plus jamais seuls

Et d’ajouter: «L’avantage aussi, c’est que notre robot, on ne va jamais le désactiver. Si la tentation revient des années après, les ex-fumeurs pourront toujours compter sur lui.» L’année passée, 20% des candidats étaient devenus non-fumeurs six mois après le programme. En comptant sur cette innovation et un mois de préparation supplémentaire, les organisateurs visent désormais les 30% de réussite.

La société prépare déjà une seconde session pour le mois de septembre.

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