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Critiques virulentesLe roi de Jordanie démolit les dirigeants du Proche-Orient

Le président égyptien, les Frères musulmans, le Premier ministre turc et Bachar al-Assad en prennent pour leur grade dans des propos inhabituels tenus par Abdallah II dans la presse américaine.

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Le roi de Jordanie Abdallah II a critiqué de manière inhabituelle des dirigeants du Proche-Orient dans un entretien publié le 19 mars par le magazine américain The Atlantic.

Le roi de Jordanie Abdallah II a critiqué de manière inhabituelle des dirigeants du Proche-Orient dans un entretien publié le 19 mars par le magazine américain The Atlantic.

AFP
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan aurait dit, selon lui: «que la démocratie était un tour en bus. +Une fois arrivé à mon arrêt, je descends+.»

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan aurait dit, selon lui: «que la démocratie était un tour en bus. +Une fois arrivé à mon arrêt, je descends+.»

Keystone
Avec Vladimir Poutine en février dernier.

Avec Vladimir Poutine en février dernier.

Keystone

Le roi de Jordanie Abdallah II a vivement critiqué des dirigeants du Proche-Orient dans un entretien publié mardi par un magazine américain, affirmant que le président égyptien ne faisait preuve d’"aucune profondeur" dans sa lecture du conflit israélo-palestinien et que le Premier ministre turc considérait la démocratie comme un "tour en bus".

Dans ces propos recueillis par le magazine The Atlantic, que le palais royal à Amman a jugé "sortis de leur contexte", le roi a aussi estimé que "des loups déguisés en agneaux" dirigeaient les Frères musulmans, critiquant certains alliés occidentaux pour ne pas l’avoir compris.

Sévère envers Morsi

Il a réservé des mots sévères au président égyptien Mohamed Morsi. "J’essayais de lui expliquer comment gérer le Hamas, comment faire avancer le processus de paix, et il disait: +Les Israéliens ne bougeront pas+."

"J’ai répliqué: +Ecoutez, que les Israéliens bougent ou pas, l’essentiel est d’arriver à réunir le Fatah et le Hamas", les deux mouvements palestiniens rivaux, a confié le roi au journaliste du magazine Jeffrey Goldberg, avant d’ajouter: "Le type n’a aucune profondeur".

Il a aussi affirmé que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan "a dit que la démocratie était pour lui un tour en bus. +Une fois arrivé à mon arrêt, je descends+." "Au lieu de mettre six ou sept ans à atteindre son modèle turc, à être Erdogan, Morsi a voulu l’être du jour au lendemain", a ajouté le roi.

Bachar al-Assad aussi

Lorsqu’on lui a demandé si le président syrien Bachar al-Assad était "une sorte de provincial", le roi a répondu: "Il y a eu ce diner avec moi, lui et le roi du Maroc, à la résidence du roi au Caire. Et donc Bachar lors du diner se tourne vers nous et demande +Pouvez-vous m’expliquer ce qu’est le décalage horaire+? Il n’avait jamais entendu parler du décalage horaire".

Le roi Abdallah, dont le pays est un allié clé des États-Unis, pense que ses alliés occidentaux sont naïfs face aux intentions des Frères musulmans, rapportant qu’on lui avait dit que "le seul moyen d’obtenir la démocratie se trouve dans les Frères musulmans", selon The Atlantic. "Je vois les Frères musulmans imprimer leur marque en Egypte et en Turquie", a-t-il ajouté.

"Le Printemps arabe a mis en lumière un nouveau croissant (symbole de l’islam, ndlr) dans le processus de développement", a-t-il poursuivi, estimant que "notre principal combat" devait être de le contrecarrer.

Le palais royal à Amman a publié un communiqué expliquant que l’article "contenait de nombreuses erreurs et que les commentaires du roi avaient été sortis de leur contexte". "L’auteur a traduit ses propres analyses, attribuant des propos au roi d’une façon imprécise et malhonnête", dit le communiqué.

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