Salman Rushdie poignardé: Le roman «Les Versets sataniques» en tête des ventes après l’attaque

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Salman Rushdie poignardéLe roman «Les Versets sataniques» en tête des ventes après l’attaque

Publié en 1988, l’ouvrage est à l’origine de la fatwa déclarée par l’Iran contre Salman Rushdie en 1989. L’écrivain britannique reste hospitalisé dans un état grave après son agression.

Depuis l’attaque, les livres de Salman Rushdie s’arrachent.

Depuis l’attaque, les livres de Salman Rushdie s’arrachent.

AFP

L’attaque contre Salman Rushdie, poignardé aux États-Unis, a renouvelé l’intérêt du public pour le travail de l’auteur, notamment son roman publié en 1988 «Les versets sataniques», qui lui vaut d’être menacé de mort depuis 30 ans et dont les ventes étaient en hausse samedi. Ce livre est à l’origine de la fatwa déclarée contre lui par l’Iran depuis 1989.

En tête des ventes

Samedi après-midi, trois éditions de l’ouvrage étaient en tête du baromètre des ventes de livres d’Amazon, qui recense les livres dont les ventes ont le plus progressé dans les dernières 24 heures. Et le tout premier best-seller de l’écrivain, «Les enfants de minuit», occupait la quatrième place.

L’attaque, qui a provoqué une onde de choc à travers le monde et des condamnations à l’international, a eu lieu vendredi dans une petite ville de l’État de New York, aux États-Unis. Depuis, dans l’emblématique librairie new-yorkaise Strand Bookstore, plusieurs ouvrages ont été vendus sur place, sans compter les ventes en ligne.

L’écrivain Salman Rushdie vivant après avoir été poignardé

«Ils voulaient savoir ce que nous avions»

«Des gens sont venus et cherchaient n’importe lequel de ses écrits, ils voulaient savoir ce que nous avions», a déclaré à l’AFP Katie Silvernail, cheffe de rayon dans ce magasin, qui vend tant des livres neufs que d’occasion. «Certains de nos employés les plus jeunes n’avaient jamais entendu parler de lui, donc c’était intéressant hier d’avoir des conversations avec eux, après que des clients furent venus chercher ses livres, sur qui il était et comment il a influencé le monde littéraire», a-t-elle expliqué.

«Honnêtement, je pense que pas mal de gens sont juste venus ici hier pour parler de comment ils se sentaient, et de ce qui est arrivé», a-t-elle confié. Sur Twitter, des utilisateurs appelaient aussi à acheter les ouvrages de Salman Rushdie en signe de solidarité.

«Les versets sataniques» relate les aventures de deux Indiens dont l’avion est la cible d’un attentat terroriste, et qui arrivent sur une plage anglaise. Le premier a pris la forme d’un archange, le second du diable. Au cours du récit, l’auteur donne à des prostituées les noms des femmes du prophète Mahomet. Il crée aussi la figure d’un prophète, Mahound, qui, sous l’influence de Lucifer, semble admettre qu’on peut prier d’autres dieux qu’Allah, avant de reconnaître son erreur.

Poignardé dix fois

Salman Rushdie, poignardé au cou et à l’abdomen, restait samedi hospitalisé en Pennsylvanie, dans un état grave, même si les autorités et les proches de Salman Rushdie ont gardé le silence sur son état de santé.

Toutefois, son agent Andrew Wylie, alarmiste vendredi soir auprès du «New York Times» – «Salman va probablement perdre un œil, les nerfs de son bras ont été sectionnés et il a été poignardé au foie» – a simplement confié au NYT que son client a recommencé à parler samedi soir, sans dire s’il restait ou pas sous assistance respiratoire.

L’assaillant de Salman Rushdie, un jeune Américain d’origine libanaise, a été présenté samedi soir à un juge de l’État de New York devant lequel il a plaidé «non coupable» de «tentative de meurtre». Lors d’une audience de procédure au tribunal de Chautauqua, Hadi Matar, 24 ans, poursuivi pour «tentative de meurtre et agression», a comparu en tenue rayée noire et blanche de détenu, menotté et masqué. Il n’a pas dit un mot, d’après le «New York Times» et des photos de la presse locale.

Les procureurs ont estimé que l’attaque de vendredi dans un centre culturel de Chautauqua, où Salman Rushdie allait donner une conférence, était préméditée. À 75 ans, l’intellectuel a été poignardé au moins à dix reprises au cou et à l’abdomen. Le suspect, qui vit dans le New Jersey, a plaidé «non coupable» par la voix de son avocat et comparaîtra une nouvelle fois le 19 août.

(AFP)

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