Actualisé 23.06.2016 à 12:32

BrexitLe Royaume-Uni décide son avenir et celui de l'Europe

Les 46,5 millions d'électeurs britanniques ont jusqu'à 22h00 pour décider de leur avenir au sein de l'UE. Un nouveau sondage donne le maintien en tête à 52%.

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Le ministre britannique des Finances George Osborne va présenter ludi, avant l'ouvertures des marchés financiers européens, les mesures économiques que le gouvernement entend prendre en réponse au vote en faveur d'une sortie de l'Union européenne.  (Lundi 27 juin 2016)

Le ministre britannique des Finances George Osborne va présenter ludi, avant l'ouvertures des marchés financiers européens, les mesures économiques que le gouvernement entend prendre en réponse au vote en faveur d'une sortie de l'Union européenne. (Lundi 27 juin 2016)

Keystone
Jeremy Corbyn a annoncé lundi qu'il ne démissionnerai pas. Le chef du parti travailliste britannique n'entend pas répondre aux reproches de nombreux collègues de son parti qui jugent qu'il n'a pas fait campagne assez énergiquement pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. D'autres cadres du parti ont pourtant démissionné. (image d'archive)

Jeremy Corbyn a annoncé lundi qu'il ne démissionnerai pas. Le chef du parti travailliste britannique n'entend pas répondre aux reproches de nombreux collègues de son parti qui jugent qu'il n'a pas fait campagne assez énergiquement pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. D'autres cadres du parti ont pourtant démissionné. (image d'archive)

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Le Royaume-Uni pourrait ne «jamais» déclencher sa sortie de l'Union européenne malgré le vote en ce sens, jeudi. C'est en tout cas le «sentiment personnel» d'un diplomate européen requerrant l'anonymat. Cameron a dit laisser à son successeur la tâche d'envoyer cette notification, ce qui repousse d'office ce geste à octobre. (Image prétexte)

Le Royaume-Uni pourrait ne «jamais» déclencher sa sortie de l'Union européenne malgré le vote en ce sens, jeudi. C'est en tout cas le «sentiment personnel» d'un diplomate européen requerrant l'anonymat. Cameron a dit laisser à son successeur la tâche d'envoyer cette notification, ce qui repousse d'office ce geste à octobre. (Image prétexte)

Keystone

Plus de 46 millions de Britanniques étaient appelés jeudi à décider de l'avenir de leur pays et de celui du reste de l'Europe lors d'un référendum historique sur l'appartenance à l'Union européenne. L'issue du scrutin est incertaine, le vote se jouant sur le fil du rasoir.

Un nouveau sondage paru ce jeudi mais réalisé avant le vote pour le quotidien The Evening Standard donne le maintien dans l'UE en tête à 52%. Un score qui a accentué la hausse de la livre sterling face au dollar et à l'euro, signe que les marchés envisagent une victoire du camp du maintien dans l'UE.

Les bureaux ont ouvert à 07h00 (08h00 suisses) et devaient fermer à 22h00 (23h00). Le résultat final devrait être annoncé vendredi au petit matin et le Royaume-Uni pourrait alors devenir le premier pays à choisir de quitter l'UE après 60 ans de construction européenne.

A l'issue d'une campagne passionnée, axée sur l'immigration et la prospérité économique, les électeurs se pressaient dès le début de la matinée à Londres, malgré la pluie, pour déposer leur bulletin avant d'aller travailler. Selon les analystes, le niveau de la participation aura un impact décisif: plus elle sera importante, plus le «Remain» (Rester) aura ses chances.

«Bravez la pluie et votez pour rester», invitait sur Twitter la campagne officielle pour le maintien dans l'UE. Celle pour le Brexit priait les électeurs de «ne pas manquer la chance de voter pour sortir» du giron européen.

Un désastre ou une chance

Dans les bureaux de vote, les électeurs étaient partagés. Leurs témoignages traduisaient les inquiétudes sur les conséquences d'un Brexit, ou à l'inverse l'enthousiasme à l'idée de quitter l'UE.

«Ce serait un désastre pour l'économie si nous partions», estimait Peter Davies, 55 ans, employé dans le secteur informatique, devant un bureau de vote installé dans une bibliothèque municipale de Romford, à l'est de Londres.

Joan, la cinquantaine, regrettait elle l'époque où l'Europe comptait moins de pays membres, et espérait une victoire du Brexit. «Nous serons les premiers à quitter (l'UE) et je pense que d'autres pays européens partiront après. Je crois que les électeurs français le veulent secrètement», a déclaré cette femme qui préférait taire son nom de famille.

Dans le nord-ouest du pays, à Glasgow, dans l'europhile Ecosse, nombre d'électeurs se disaient en faveur d'un «remain» («maintien» dans l'UE). «Ce serait idiot de quitter» l'union, assurait Gemma Rosaria, 24 ans. «Etre dans l'UE est un avantage pour l'Ecosse».

Les électeurs doivent répondre à la question: «Le Royaume-Uni doit-il rester un membre de l'Union européenne ou quitter l'Union européenne?».

Bourses en hausse

Le Premier ministre conservateur David Cameron a voté dans la matinée à Londres, accompagné de sa femme Samantha. Il a mené campagne pour le statu quo et risque gros.

Deux sondages parus mercredi donnaient une légère avance à une sortie de l'Union, ou Brexit (British Exit), mais un troisième plaçait le maintien en tête, laissant le suspense entier. Dans l'attente du résultat, les Bourses européennes étaient en légère hausse jeudi, traduisant un sentiment de confiance mêlé de prudence des marchés quant à une victoire du camp du maintien.

Afflux ces derniers jours dans les bureaux de change

Des bureaux de change britanniques ont constaté ces derniers jours un afflux de clients désirant vendre des livres sterling, notamment contre des dollars et des euros, avant le référendum sur l'UE de jeudi. Des clients ont fait la queue et les professionnels ont enregistré aussi une nette hausse des transactions en ligne, alors que les analystes prévoient une chute de la livre en cas d'une décision britannique de quitter l'Union européenne (Brexit).

La plupart des transactions portaient sur des sommes allant de quelques centaines à quelques milliers de livres tout au plus, a-t-il précisé, évoquant un surcroît de demande de la part des Britanniques sur le point de partir en vacances à l'étranger.

(AFP)

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