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QuébecLe Saint-Laurent menacé après le drame ferroviaire

L'explosion d'un convoi de wagons transportant du pétrole qui a fait 13 morts à Lac-Mégantic au Québec pourrait être liée à une erreur de manipulation des freins. Risque de pollution dans le fleuve Saint-Laurent.

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L'entreprise pétrolière canadienne Irving Oil a été condamnée jeudi à payer 3,1 millions de francs après la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic, au Québec, en 2013. Celle-ci avait fait 47 morts.(Jeudi 26 octobre 2017)

L'entreprise pétrolière canadienne Irving Oil a été condamnée jeudi à payer 3,1 millions de francs après la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic, au Québec, en 2013. Celle-ci avait fait 47 morts.(Jeudi 26 octobre 2017)

Keystone
Lac-Mégantic (9 juillet 2013)

Lac-Mégantic (9 juillet 2013)

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Lac-Mégantic (9 juillet 2013)

Lac-Mégantic (9 juillet 2013)

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Le bilan provisoire de cet accident a été porté à 13 morts après la découverte de huit nouveaux corps lundi mais de nombreuses zones restent inaccessibles car trop dangereuses et le nombre des disparus est toujours de 50 environ, a indiqué la police canadienne.

Les pompiers, appelés pour éteindre un feu qui s'était déclaré sur le moteur de l'une des cinq locomotives du convoi peu de temps auparavant, ont coupé ce moteur qui alimentait en électricité les freins pneumatiques du train stationné sur une pente près de la ville de Nantes à 12 km de Lac-Mégantic.

Une pression qui fuit

Le conducteur du train avait laissé le moteur en marche afin de maintenir la pression des freins pneumatiques. Selon le président de la compagnie ferroviaire locale, la pression a peu à peu commencé «à fuir» rendant les freins inopérants et entraînant la mise en mouvement du convoi de 72 wagons dans la pente.

Emporté par sa vitesse, le train a déraillé et au moins quatre wagons ont explosé, provoquant une gigantesque boule de feu au cœur de cette petite ville de 6000 habitants à 250 kilomètres à l'est de Montréal, dont le tiers a été évacué.

«J'ai entendu un bruit de ferraille, plus fort que d'habitude. Je suis allé sur le balcon et j'ai vu le train qui roulait extrêmement vite», a raconté Ghislain Bisson qui regardait la télévision lorsque l'accident s'est produit, vers une heure du matin samedi.

«Et puis je l'ai vu dérailler et venir s'encastrer directement dans un bâtiment. Il y a eu une explosion, j'ai réveillé mon amie et je lui ai dit: on doit partir, on va mourir ici». Il a ajouté: «Ma compagne a des cousins qui sont probablement morts maintenant, on en est sûrs à 99%».

Fleuve Saint-Laurent menacé

Par ailleurs, quelque 100'000 litres de pétrole provenant des wagons-citernes se trouvent sur la rivière Chaudière et le brut pourrait atteindre le fleuve Saint-Laurent lundi soir, ont indiqué lundi les autorités.

C'est «une question d'heures» avant que le pétrole ne se jette dans ce fleuve reliant les Grands lacs à l'Océan Atlantique, a souligné Eric Cardinal, un porte-parole du ministre québécois de l'Environnement. «Toutes les ressources sont déployées pour limiter au maximum la quantité qui pourrait se rendre» dans le fleuve Saint-Laurent, a-t-il ajouté, évoquant «une crainte raisonnable».

Le brut se trouvait vers 16 heures (22 heures en Suisse) au niveau de la ville de Saint-Georges, à moins de 100 km de l'embouchure se situant sur la rive sud de la ville de Québec, capitale de la province francophone. Chaque wagon-citerne accidenté transportait 113'000 litres de pétrole brut du Dakota du Nord vers l'est du Canada.

Livraisons en constante augmentation

Les livraisons de brut par voie ferrée sont en constante augmentation en Amérique du Nord, à mesure que la production pétrolière des régions de l'Ouest comme l'Alberta et le Dakota du Nord augmente.

(ats)

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