Berne – Don du sang: la discrimination envers les homosexuels doit cesser
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BerneDon du sang: la discrimination envers les homosexuels doit cesser

La France vient d’autoriser le don de sang pour les homosexuels. Mais en Suisse, ils doivent justifier une abstinence sexuelle de 12 mois! Pour Damien Cottier (PLR/NE), cette discrimination est totalement dépassée.

par
Eric Felley
Pour le conseiller national neuchâtelois, Damien Cottier (PLR/NE), les homosexuels ne devraient pas être empêchés de donner leur sang.

Pour le conseiller national neuchâtelois, Damien Cottier (PLR/NE), les homosexuels ne devraient pas être empêchés de donner leur sang.

Capture écran canal alpha

La semaine dernière, la France a autorisé les homosexuels à donner leur sang. Elle a rejoint ainsi l’Espagne, Israël, l’Italie, et la Grande-Bretagne qui ont déjà fait ce pas. En Suisse, après avoir été longtemps interdit, ce don du sang est autorisé depuis 2017. Mais, il y a un grand mais, le donneur doit s’être abstenu de toutes relations sexuelles durant les 12 derniers mois, même s’il a une relation stable au sein d’un couple.

Pour le conseiller national Damien Cottier (PLR/NE), la décision française est l’occasion de dénoncer une nouvelle fois cette discrimination qui touche les homosexuels en Suisse. En mars dernier, il a déposé une interpellation aux Chambres fédérales. Après la votation en faveur du Mariage pour tous, il a déclaré mardi sur la chaîne Canal Alpha que cette discrimination n’avait plus lieu d’être: «Il y avait une raison objective, il y a quelque vingt ans ou trente ans de traiter les homosexuels différemment parce que VIH circulait beaucoup plus. Il y avait un besoin de protection».

Une situation qui est plus stable

Mais aujourd’hui la situation a évolué, la science a progressé et la manière de vivre a changé: «Ce qui compte ce n’est pas de savoir si on est homo, hétéro ou bisexuel, explique-t-il, mais c’est le type de sexualité qu’on a. Si on est dans un couple stable, on est moins à risque que si on multiplie les partenaires».

Récemment invité à Berne à participer avec d’autres parlementaires à une collecte de sang par la Croix-Rouge, il avait dû décliner en expliquant sa situation face à des «normes un peu anciennes et caricaturales». Dorénavant il plaide pour «une analyse individuelle», comme le Royaume-Uni et la France ont mis en place: «Cela sert à rien d’avoir un délai d’abstinence de 12 mois, alors que le VIH est détectable dans le sang au bout de 6 semaines. Il faut revoir ces normes et le Conseil fédéral m’a donné pleinement raison».

Il reste dorénavant à convaincre la Croix-Rouge Suisse et Swissmedic pour aller dans cette direction: «Et c’est bien pour le don du sang, défend le Neuchâtelois, car on est à la recherche de donneurs. C’est dommage d’exclure une catégorie de la population pour des critères qui n’ont plus lieu d’être aujourd’hui».

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