04.12.2017 à 06:44

SuccèsLe sapin en pot a le vent en poupe

Le pépiniériste vaudois Julien Bugnon loue désormais des sapins vivants suisses. Il avait ouvert la brèche avec des arbres de Noël français ou belges.

von
Vincent Donzé
D'ici Noël, 3000 sapins seront livrés par Ecosapin.

D'ici Noël, 3000 sapins seront livrés par Ecosapin.

Jean-Guy Python/LMS

Cultiver de la moutarde et des noisettes n’a pas fait son beurre. Mais depuis qu’il s’est lancé dans la location de sapins de Noël, il y a sept ans, le pépiniériste vaudois Julien Bugnon vit un conte de fées à Cottens (VD). Sa petite entreprise, Ecosapin, aura livré d’ici à Noël 3000 sapins en pots, qui seront récupérés après le réveillon.

Son idée en a inspiré d’autres jusqu’à l’autre bout du pays, comme une pépinière grisonne de Filisur, présentée hier dans SonntagsBlick. «C’est un concept qui appartient à tout le monde: on ne peut pas breveter un arbre ou une plante en pot!» rigole Julien Bugnon. C’est dans la logistique qu’il faut être performant, avec des sapins livrés et récupérés en camionnette.

En incorporant dans sa structure des paysagistes de différentes régions, Julien Bugnon a raccourci les trajets et facilité les transports, jusqu’au Tessin. Si Ecosapin conserve 2,5 emplois à l’année, ils sont 20 à retrousser leurs manches avant Noël.

Livraison appréciée

Malgré un prix supérieur à celui d’un arbre coupé*, le succès ne s’est jamais démenti: «Notre clientèle est urbaine: par-dessus l’argument écologique évident, les citadins sans voiture qui habitent au cinquième étage apprécient la livraison», relève Julien Bugnon. Après avoir débuté avec des sapins français et belges, la société Ecosapin dispose désormais de sapins suisses suffisamment grands: «La pousse en pot est plus lente: il faut compter sept ans pour un sapin de Noël», remarque le pépiniériste. Pourquoi ne pas les planter en pleine terre entre deux locations? «Pour garder les racines compactes», répond Julien Bugnon, qui vise un objectif «100% suisse».

Jusqu’à 180 cm

À 50 cm, les sapins sont livrés par colis postal. Les sapins vivants ne dépassent pas 180 cm. «Au-delà, ils seraient trop lourds à porter. On ne peut pas mobiliser trois livreurs pour porter un sapin», indique le pépiniériste de Cottens. Parvenus à leur taille maximale, les sapins nordmann, omorika ou fraseri sont coupés et vendus. La plus-value, pour tous les modèles, c’est un kit de décoration, afin de réduire le gaspillage, surtout auprès des entreprises.

Soumis à la chaleur d’un appartement ou d’une entreprise, les sapins ne sont pas tous récupérés en bon état. Ceux qui ont séché, soit un sur cinq, sont transformés en combustible pour du biogaz. Une hotline a même été ouverte mais, comme le souligne Julien Bugnon, il n’y a pas de règle, sauf de laisser les sapins un maximum au frais, sans craindre le gel: «Certains clients les bichonnent et ils sèchent, tandis que d’autres oublient de les arroser et les conservent en parfait état»…

*Dès 44 fr. pour 50 cm, www.ecosapin.ch

Les chiffres

1,2 million

Le nombre de sapins de Noël achetés chaque année en Suisse.

4000

Le nombre de sapins vivants ou coupés commercialisés par Ecosapin

65%

La part des nordmanns, bien devant toutes les autres espèces.

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