Actualisé 12.12.2018 à 17:48

Le sapin le plus kitch, c'est celui de Raspoutine

Portrait

Son bricolage tendu dans l'espace public amuse ou énerve, selon les sensibilités. Son auteur arménien est une figure biennoise.

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Cette année, Raspoutine a attendu le passage de «Marilou» avant d'installer mardi sa nouvelle déco de Noël.

Cette année, Raspoutine a attendu le passage de «Marilou» avant d'installer mardi sa nouvelle déco de Noël.

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Natif de Beyrouth, Raspoutine est arrivé en Suisse à l'âge vingt ans, en 1962, en fuyant la guerre. Il est père de trois enfants adultes.

Natif de Beyrouth, Raspoutine est arrivé en Suisse à l'âge vingt ans, en 1962, en fuyant la guerre. Il est père de trois enfants adultes.

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Blagueur, Raspoutine a accroché à son sapin un canard en plastique et ses petits, qui font illusion dans la Suze.

Blagueur, Raspoutine a accroché à son sapin un canard en plastique et ses petits, qui font illusion dans la Suze.

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L'an dernier, la tempête a soufflé son sapin synthétique tendu entre deux arbres naturels, au dessus du canal de la Suze. Les flots ont emporté cette déco pas très naturelle en direction du lac de Bienne. Du coup, cette année, Raspoutine a attendu le passage de «Marilou» avant d'installer mardi sa nouvelle déco de Noël.

Une déco privée dans l'espace public? «Je paie 55 francs à la police du commerce», rétorque Raspoutine, alias Narcis Ghazarian (76 ans), à qui un mécanicien dentaire a promis un soutien de 100 francs.

Né au Liban

Arménien, Raspoutine est un décorateur devenu magicien. Deux professions exercées avec des spécialités: peintre en lettres pour l'une, gonfleur de ballons pour l'autre. Les enfants qui le croisent retrouvent dans leurs mains une épée ou un caniche fabriqués en quelques gestes avec un ballon oblong. Autre spécialité: les tours de cartes et... les vols de montre.

Natif de Beyrouth, Raspoutine est arrivé en Suisse à l'âge vingt ans, en 1962, en fuyant la guerre. Il est père de trois enfants adultes.

Amuser le monde

Quand il a dressé son portrait l'an dernier, «Le Journal du Jura» s'est amusé d'«un tour de magie par-ci, une devinette par-là». «Je fais ça pour amuser le monde», déclarait alors Raspoutine.

Sa barbe grisâtre, il la porte pour ressembler à Raspoutine, le nom dont il s'est affublé après avoir lu une BD consacrée au guérisseur sibérien de la Cour de Russie assassiné en 1916.

Clous tordus

Au «Journal du Jura», il a raconté comment dans son enfance, il réparait les radios et redressait les clous tordus pour gagner deux francs par semaine. «Je donnais les trois quarts à ma mère et, avec le reste, j’allais au cinéma».

Parfois confondu avec Parzival, autre figure excentrique biennoise, Raspoutine parle neuf langues. Ses tours de magie, il les réalise sur demande pour des anniversaires ou des mariages et – c'est arrivé une fois – pour un divorce.

«1er avril»

Blagueur, Raspoutine a accroché à son sapin un canard en plastique et ses petits, qui font illusion dans la Suze. Sur un panneau, il a inscrit son numéro de portable et sur l'autre, il a écrit non pas «Schöne Festtage» pour «joyeuses fêtes», mais «Schöne Fetttage», en faisant des jours de fêtes des jours de «gras».

Mais le 24 décembre n'est pas sa seule source d'inspiration: le 1er avril, il décore le rond-point de la place Guisan en s’inspirant généralement «des dégâts qui sont faits au monde».

Il y intervient aussi spontanément, par exemple avec des anneaux olympiques pour rendre hommage aux sportifs suisses. Le bon goût n'est pas toujours au rendez-vous, mais c'est bien connu, tous les goûts sont dans la nature.

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