Actualisé 19.10.2020 à 08:13

FootballLe «sauveur» du FC Sion est dans son salon

Décisif cet été lors du maintien du club valaisan en Super League, Roberts Uldrikis a disparu des écrans radars en Valais. Au moment où Lausanne a dominé son hôte dans le jeu, l’absence du Letton dans le derby interpelle.

par
Nicolas Jacquier

Avant la pandémie de Covid-19, avant cette crise sanitaire qui bouleverse nos vies et les équilibres du monde, le football se plaisait à enfermer les joueurs absents dans de petites cases. Dans le monde «normal», on trouvait ainsi celle des suspendus, celle accueillant les blessés, une autre les convalescents. Autre catégorie: celle, souvent très fournie, des éléments non convoqués pour la rencontre du jour.

Pour un coach, il était alors assez facile de s’y retrouver et de faire la part des choses, encore plus lorsque le technicien en question était à l’origine de la composition de certaines cases.

Mais tout a changé avec le Covid, provoquant l’apparition d’une nouvelle section, composée des cas avérés positifs et de tous ceux susceptibles de l’être, une section à géométrie variable affectant bientôt tous les clubs de Super League. On y trouve à la fois de faux blessés (à Sion par exemple) et de potentiellement vrais malades (comme à Young Boys). Quand ce n’est pas une équipe entière comme à Bâle…

Ce qui ne manque pas d’avoir une répercussion directe sur le travail des différents coaches, dont le travail est chamboulé par les absences liées au Covid. Il existe certes un protocole global, établi par la Ligue, mais son application peut différer d’un canton à l’autre, suivant les instructions des autorités sanitaires.

Pauvreté du jeu et déchet technique

Si la mise en quarantaine ce dimanche de toute l’équipe du FC Bâle pour un nouveau cas positif a entraîné les premiers renvois de la saison 2020-2021 - après Zurich-Bâle, Bâle-Lausanne, prévu dimanche prochain, a lui aussi déjà été reporté - , le FC Sion, également confronté à plusieurs cas durant la semaine, a dû composer avec plusieurs titulaires absents.

Outre un sentiment légitime de peur que ce climat anxiogène peut provoquer (celle d’être à son tour contaminé), il a pu en résulter une incertitude, un flottement qui n’est pas fait pour préparer au mieux un derby romand si l’on songe à la très affligeante pauvreté qui devait caractériser le jeu valaisan durant au moins une heure. Il faudra l’expulsion assez stupide de Kukurozevic pour que Sion daigne enfin se signaler à l’attention de ses rares spectateurs - sans pour autant se montrer au demeurant dangereux autrement que sur une déviation du… Lausannois Elton Monteiro, ni parvenir à exploiter son inutile supériorité numérique.

Alors qu’ils étaient très attendus après les promesses que leurs premières sorties encourageantes avaient suscitées, les joueurs de Fabio Grosso ont effectué un pas de retrait dans leur progression. Ce n’est nullement le cas de ceux de Giorgio Contini, lesquels n’ont fait que reproduire leurs généreux principes sans toutefois accompagner ceux-ci de l’indispensable hargne qui aurait dû leur permettre de régler l’affaire.

À Tourbillon, il y avait d’un côté une formation sachant quoi faire et comment l’obtenir et, de l’autre, des individualités peinant à évoluer en tant qu’équipe comme peut en témoigner le nombre sidérant de mauvaises relances ou de déchet technique.

Van Basten ne joue pas à Tourbillon

Au moment où Sion manque d’allant offensif pour traduire les intentions qu’on lui prête, on peut aussi s’interroger sur l’absence récurrente de Roberts Uldrikis, l’homme à qui le club valaisan doit en partie son maintien en Super League. Auteur de buts décisifs en fin de saison dernière, notamment lors de l’ultime match contre Servette, le Letton ne joue même plus les utilités.

Le 3 août dernier, Uldrikis avait marqué le but de la victoire contre Servette à la 74e minute.

Le 3 août dernier, Uldrikis avait marqué le but de la victoire contre Servette à la 74e minute.

Keystone

Barré par Gaëtan Karlen (semblant ressentir le poids de la pression et assez décevant jusque-là), Patrick Luan (peinant à exploiter son potentiel) et Guillaume Hoarau (cantonné pour le moment à un rôle de remplaçant) dans la hiérarchie des attaquants, Uldrikis se morfond chaque week-end un peu plus dans son salon.

De l’avis de plusieurs observateurs, il serait pourtant phénoménal à l’entraînement, enchaînant les buts et se montrant souvent irrésistible. Son président n’est d’ailleurs pas loin de penser que le grand escogriffe a du Van Basten au bout des pieds. Christian Constantin n’est pas le seul à penser cela. Pas suffisant cependant pour infléchir les choix de Fabio Grosso, qui a décidé de s’en priver.

Le champion du monde italien a arrêté des choix forts qui lui appartiennent, soit. Pour l’heure, on est cependant toujours dans l’attente d’un vrai déclic.

À condition qu’on lui donne la chance que ses concurrents directs ont reçue, le «Van Basten letton» peut-il provoquer ce déclic? Ce sera peut-être l’un des enjeux du prochain derby contre Servette. Pour autant que ce derby puisse se dérouler «normalement».

Avec la rapide dégradation de la situation sanitaire dans notre pays, il n’existe plus aucune certitude ni vérité. Voilà bien ce qui complique encore davantage la tâche des coaches.

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14 commentaires
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Aaaaaaaaaaaaaaaaaah

19.10.2020 à 10:12

Jaquier arrête maintenant ! Ça suffit avec sion ! Quelle fatigue !

ignacio

19.10.2020 à 10:12

il et en quarantaine il peut pas jouer

Foot

19.10.2020 à 09:50

S'il avait été sur l'autoroute, au lieu de rester dans son salon, il n'aurait pas disparus des écrans radar.