Neuchâtel: Le scaphandrier décédé était dans le lac pour tester un casque
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NeuchâtelLe scaphandrier décédé était dans le lac pour tester un casque

Le plongeur mort vendredi dernier a la plage de Boudry était un instructeur perçu par ses collègues comme un «bon type».

par
Vincent Donzé
Toujours ému par la mort de son copain, l’instructeur Michel Junod avait,  à la plage de Boudry mardi matin, tout à double en cas de pépin: ordinateur, détendeur, couteau, lampe…

Toujours ému par la mort de son copain, l’instructeur Michel Junod avait, à la plage de Boudry mardi matin, tout à double en cas de pépin: ordinateur, détendeur, couteau, lampe…

Lematin.ch/Vincent Donzé

Porté comme une montre sur sa combinaison, son ordinateur de plongée n’a pas été retrouvé dans le lac de Neuchâtel. Si l’accident de plongée est avéré, la mort d’un scaphandrier neuchâtelois de 55 ans, vendredi dernier à la plage de Boudry, reste inexpliquée.

Directeur de l’école «Pegasus Plongée» à Cortaillod, vice-président du festival de l’image sous-marine «Festisub» de Neuchâtel où il était en charge de la programmation et de l’accueil, le plongeur neuchâtelois qui testait un casque vendredi dernier à une quarantaine de mètres du rivage était un instructeur expérimenté: «vrai», «franc», «serviable», «disponible» et «généreux» sont autant de qualificatifs utilisés par le comité de «Festisub», lequel salue aussi sa gentillesse, son altruisme, son humour, sa délicatesse…

En quelques mots comme en cent, «c’était un bon gars, très engagé, d’un super niveau», selon le plongeur neuvevillois Mauro Zürcher, fondateur de l’école «MZ Plongée». «Il faisait l’unanimité pour lui. Un bon type très simple, très, très bon vivant. Plonger avec lui était un plaisir à chaque fois. Sa mort a choqué tous ceux qui le fréquentaient», renchérit Michel Junod, en sortant d’une eau à 7 degrés mardi matin, à la plage de Boudry.

Perdu dans le lac, l’ordinateur de plongée de la victime ressemble à un smartphone, avec son cadran rectangulaire.

Perdu dans le lac, l’ordinateur de plongée de la victime ressemble à un smartphone, avec son cadran rectangulaire.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Quatre jours plus tôt, Pascal Z. portait un scaphandre, mais sans les pieds-lourds en cuir comme on peut le constater dans l’album de Tintin «Le Trésor de Rackham le Rouge». Dans sa combinaison étanche, cet instructeur testait un casque permettant de communiquer avec la surface sans embout dans la bouche. Ce casque fixé sur une collerette était à l’usage des professionnels engagés par exemple sur des chantiers sous-marins.

«Dans un casque, on peut respirer et parler», explique Mauro Zürcher, pour qui «c’est en théorie le système le plus sûr», puisqu’il permet de respirer même en état d’inconscience, alors qu’avec un masque de plongée sportive, le détendeur alimenté par les bouteilles d’air comprimé peut facilement sortir de la bouche après une perte de connaissance.

Un temps responsable romand de l’association suisse des moniteurs de plongée «CMAS swiss diving», Pascal Z. était connu dans le monde suisse de la plongée. Il est mort à la plage de Boudry, dans un très beau spot qui convient aussi aux débutants, avec son plateau situé entre un canyon et une falaise. Un spot où les plongeurs s’amusent entre des épaves, mais aussi un requin à -43 mètres, un miroir à -55 mètres et même une déesse à -79 mètres, entre autres figurines déposées au fond de l’eau. Lui avait passé une trompette et un dauphin, pour se trouver à proximité d’un requin, à -41 mètres.

Entrés dans le lac mardi matin, deux plongeurs de Thoune (BE) ignoraient tout du drame survenu quatre jours plus tôt.

Entrés dans le lac mardi matin, deux plongeurs de Thoune (BE) ignoraient tout du drame survenu quatre jours plus tôt.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Si quelqu’un le retrouve sur la rive ou ailleurs à la dérive, l’ordinateur porté à son bras dira à quelle profondeur Pascal Z. a plongé parmi de véritables écrevisses. «Au-delà de -40 mètres, la plongée est considérée comme une activité à risque, une définition qui intéresse les assurances: leurs prestations dépendent de la témérité du plongeur», précise un instructeur.

Michel Junod est-il entré dans l‘eau avec anxiété, après la mort de son ami? «Les vrais accidents de plongée sont rares», dit-il sur une plage qui attire jusqu’à 150 plongeurs par week-end, en été. «Je suis très touché. Je l’aimais énormément», glisse-t-il au sujet de Pascal Z. Plonger, c’est pour lui une façon de lui rendre hommage: «Il a tellement aimé ça, il aimerait qu’on continue», conclut cet instructeur.

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