La Chaux-De-Fonds (NE): Le scorpion monte à 1000 mètres!
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La Chaux-De-Fonds (NE)Le scorpion monte à 1000 mètres!

Avec les changements climatiques, les animaux les plus inquiétants colonisent de nouveaux territoires. Un scorpion a été découvert dans la ville du canton de Neuchâtel.

par
Vincent Donzé
Un scorpion noir à queue jaune, c’est la découverte surprenante effectuée à La Chaux-de-Fonds (NE) par l’archéologue neuchâteloise Nicole Froidevaux.

Un scorpion noir à queue jaune, c’est la découverte surprenante effectuée à La Chaux-de-Fonds (NE) par l’archéologue neuchâteloise Nicole Froidevaux.

Blaise Mulhauser

Un scorpion noir à queue jaune, c’est la découverte surprenante effectuée à La Chaux-de-Fonds par l’archéologue neuchâteloise Nicole Froidevaux. Elle a aperçu un euscorpius flavicaudis le 13 septembre dernier lors des Journées européennes du patrimoine. La présence de l’animal à 1000 mètres d’altitude, qui témoigne des effets du réchauffement climatique, était un secret bien gardé révélé par L’Impartial.

Etonnement général

En ce dimanche tempétueux, quelque 700 curieux visitaient les silos de l’avenue Léopold-Robert quand le regard de l’archéologue a été attiré par le scorpion se déplaçant sur le sol caillouteux. «On voyait bien sa queue et quand on s’approchait, il réagissait», témoigne Nicole Froidevaux qui regrette de ne pas avoir eu le temps de photographier l’animal, grand comme une phalange: «Le temps de dire au revoir à ceux qui m’accompagnaient et le scorpion avait disparu», soupire-t-elle.

Un scorpion sur un terrain vague utilisé comme parking? Jusqu’au coup de fil du «Matin», la section du patrimoine du Service de l’urbanisme et l’environnement n’était pas au courant de la présence de cet hôte insolite. L’étonnement prévalait aussi dans l’entreprise de construction sise au pied des silos. «Des scorpions, j’en ai vu en Provence, mais jamais aux alentours des silos», explique le transporteur Charles Jeanmaire, dont l’entreprise encercle le site protégé. Pour tenter de débusquer l’animal, «Le Matin» s’est rendu lui-même sur les lieux en question hier. En vain.

Il est de notoriété publique qu’une espèce méditerranéenne de scorpion émigre dans nos régions. «Ma sœur en a vu un à Saignelégier (JU)», rapporte Nicole Froidevaux. Pour le directeur du Jardin botanique de Neuchâtel, Blaise Mulhauser, «la présence du scorpion à queue jaune est signalée sur le littoral depuis les années 40. Mais personne ne va à sa chasse.»

Piqûre douloureuse

A Serrières et à Thielle-Wavre, des spécimens ont déjà été répertoriés. Tout comme dans la plaine du Rhône, en Valais. En trouver un à l’altitude de 1000 mètres, c’est toutefois beaucoup plus surprenant. «La température du sol est plus déterminante que celle de l’air», relève Blaise Mulhauser. L’euscorpius flavicaudis ne peut pas trouver un refuge en se faufilant dans un sol gelé.

Le scorpion découvert à La Chaux-de-Fonds inquiète-t-il le directeur du Jardin botanique? «Sa piqûre équivaut à celle d’une guêpe: c’est douloureux, voire plus pour les allergiques», note-t-il. Mieux vaut donc éviter de marcher pieds nus. «Il vit caché et n’attaque que des insectes, voire de petits rongeurs», ajoute Blaise Mulhauser.

Si la vue d’un scorpion ferait vaciller sa secrétaire, le transporteur Charles Jeanmaire en a vu d’autres, lui: «Quand il en tombait des cartons de bananes, on les écrasait sous la semelle», raconte le Chaux-de-Fonnier. Le scorpion à queue jaune n’a donc qu’à bien se tenir.

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