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AbolitionLe secret bancaire est un «cache-sexe pour les tricheurs»

Le président du PS Christian Levrat s'est montré virulent envers les banques, dans son discours devant le congrès du parti samedi à Lugano.

Le président du Parti socialiste suisse Christian Levrat.

Le président du Parti socialiste suisse Christian Levrat.

Keystone

Christian Levrat a dénoncé le contrôle de plus en plus visible des banques sur l'économie. Elles semblent n'avoir plus qu'un objectif: sauver leurs dirigeants des poursuites pénales.

Il faut donc réduire leur pouvoir, dépasser le capitalisme financier, démocratiser l'économie. Concrètement, il s'agit d'«abandonner le secret bancaire, ce cache-sexe pour les tricheurs, les voleurs et les menteurs». Les banques acceptent de jouer«les percepteurs d'impôts pour les autres Etats, dénoncent leurs employés aux autorités américaines", alors que le secret bancaire se délite peu à peu, alors que, tôt ou tard, la Suisse passera à l'échange automatique d'informations, c'est-à-dire l'annonce par les banques au pays d'origine aussitôt qu'un ressortissant étranger ouvrira un compte en Suisse.

Ainsi l'accord fiscal avec l'Allemagne, l'Angleterre et l'Autriche, la tentative d'établir un impôt libératoire comme standard national, «dénote d'un aveuglement peu commun». C'est une stratégie vouée à l'échec. «Nous voulons une place financière propre». Il ne suffit pas que le receleur s'engage à prélever des impôts auprès des fraudeurs.

Il faut rejeter l'accord avec l'Allemagne, refuser l'impunité pour les fraudeurs et pour les dirigeants des banques qui participent au développement de l'évasion fiscale. «Rejeter cet accord, c'est contraindre Evelyne Widmer Schlumpf à mettre en place une stratégie de l'argent propre, c'est obliger nos banques à se préparer à transmettre les noms des tricheurs aux autorités de leur pays d'origine, c'est rendre possible des poursuites judiciaires».

(Sipa)

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