08.03.2016 à 14:05

ProcèsLe secrétaire général de l'UDC plaide l'acquittement

Le verdict dans le procès sur l'affiche de l'UDC sera rendu le mardi 15 mars à 11h00.

L'affiche thématisait l'agression dont avait été victime un lutteur, candidat sur les listes UDC au Grand Conseil bernois.

L'affiche thématisait l'agression dont avait été victime un lutteur, candidat sur les listes UDC au Grand Conseil bernois.

Le secrétaire général de l'UDC Martin Baltisser et sa suppléante Silvia Bär ont plaidé l'acquittement mardi devant la Cour suprême du canton de Berne. Ils avaient été condamnés à une peine pécuniaire avec sursis pour discrimination raciale en première instance.

En cause: une affiche qui thématisait l'agression dont avait été victime un lutteur, candidat sur les listes UDC au Grand Conseil bernois, en 2011 à Interlaken (BE). Publiée dans des journaux et sur le site du parti, elle avait pour titre «Kosovaren schlitzen Schweizer auf!».

Cette phrase peut se traduire par «des Kosovars poignardent des Suisses!» ou «les Kosovars poignardent des Suisses!». C'est la version allemande qui a posé problème. En français, le titre disait: «Des Kosovars poignardent un Suisse!»

Origine ethnique ou géographique

Pour l'avocat de M. Baltisser, Me Thomas Wirz, le titre pris isolément représente certes une formulation à double sens. Mais il faut considérer comme une unité le titre et le texte de l'annonce. Or, dans le texte, il apparaît clairement qu'il s'agit d'un cas concret et isolé, a-t-il fait valoir. Comme le dit la version française.

A l'époque, l'UDC s'était appuyé sur cet exemple pour exiger l'application de l'initiative sur l'expulsion des criminels étrangers et pour faire signer celle sur l'immigration de masse.

L'avocat du recourant a invoqué un autre point à l'appui de sa demande d'acquittement. Selon lui, il ne faut pas voir une ethnie dans le terme «Kosovars». Il existe plusieurs groupes ethniques au Kosovo, notamment des Albanais, des Turcs, des Bosniens et des Croates. Avec le terme «Kosovars», il ne s'agissait que d'évoquer l'origine géographique des auteurs de l'agression d'Interlaken, a plaidé l'avocat.

Verdict dans l'après-midi

Invoquant la liberté d'expression, Martin Baltisser et Silvia Bär ont fait appel du jugement prononcé en avril 2015 par le Tribunal régional de Berne-Mittelland. Il doit être possible de représenter un fait tel qu'il s'est produit, ont-ils argué.

Le tribunal régional avait estimé que que le lecteur lambda pouvait déduire du texte allemand que tous les Kosovars étaient des criminels. Or une telle affirmation porte atteinte à la dignité humaine. Les deux cadres de l'UDC avaient été condamnés à une peine pécuniaire avec sursis.

Le Ministère public et les plaignants, deux Kosovars, ont quant à eux renoncé à déposer un recours. La sentence ne pourra donc être alourdie. L'avocat des deux plaignants, Me David Gibor, demande une confirmation du jugement prononcé par le tribunal régional. Le Ministère public n'est plus partie au procès.

Le verdict dans le procès sur l'affiche de l'UDC sera rendu le mardi 15 mars à 11h00. C'est ce qu'a décidé mardi la Cour suprême du canton de Berne.

(ats)

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