Actualisé 23.09.2019 à 12:51

Le secteur auto redoute un Brexit sans accord

Automobile

L'industrie automobile européenne craint un «séisme» si le Royaume-Uni se retire de l'UE sans accord.

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La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)

La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)

AFP
Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)

Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)

AFP
Le débat télévisé de vendredi était le dernier avant les législatives anticipées de jeudi. En toile de fond, le Brexit était présent. (6 décembre 2019)

Le débat télévisé de vendredi était le dernier avant les législatives anticipées de jeudi. En toile de fond, le Brexit était présent. (6 décembre 2019)

AFP

L'industrie automobile européenne a mis lundi en garde contre les effets catastrophiques d'un potentiel Brexit sans accord, estimant qu'un «no deal» représenterait un «séisme» sur la fabrication de voitures en Europe.

«Le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord déclencherait un séisme pour les conditions commerciales, avec des milliards d'euros de taxes risquant d'affecter le choix des consommateurs des deux côtés de la Manche», estiment l'Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA), celle des sous-traitants (CLEPA) et 21 associations nationales dans un communiqué conjoint.

«Le Brexit n'est pas seulement un problème britannique, nous sommes tous concernés dans l'industrie automobile européenne, et même au-delà,» a déclaré Christian Peugeot, président du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), cité dans le communiqué.

Un Brexit chaotique porterait un coup «sévère» aux chaînes d'approvisionnement à flux tendus qui s'étendent au-delà des frontières internationales, ont averti les associations. «Les industries automobiles de l'UE et du Royaume-Uni ont besoin d'un commerce sans heurts et seraient gravement pénalisées par des taxes et charges administratives pesant sur les pièces détachées et les véhicules», a estimé Bernhard Mattes, président de l'association de l'industrie automobile allemande (VDA).

Soutenir les entreprises

Il a plaidé pour que Londres et l'UE prennent «toutes les mesures nécessaires pour éviter un Brexit sans accord».

«Nous quitterons l'UE le 31 octobre et notre préférence, c'est de le faire avec un nouvel accord qui est dans l'intérêt de nos entreprises et de nos citoyens», a réagi un porte-parole du ministère britannique des Affaires, de l'Énergie et de la Stratégie industrielle.

Il a souligné que le gouvernement britannique avait prévu 108 millions de livres sterling (133 millions de francs) «pour promouvoir et soutenir les entreprises afin qu'elles soient prêtes pour le Brexit».

Les associations de constructeurs européens évaluent à quelque 5,7 milliards d'euros le surcoût lié aux droits de douane supplémentaires en cas de Brexit désordonné.

«Dommages irréversibles»

Des géants de l'automobile comme l'allemand BMW, le français PSA et le japonais Nissan possèdent actuellement des usines en Grande-Bretagne, dont l'avenir semble compromis en cas de «no deal».

Le patron de PSA, Carlos Tavares, avait prévenu en juillet que le constructeur était prêt à fermer l'usine britannique de Ellesmere Port et transférer l'activité en Europe continentale si le Brexit tournait mal. Fin juin, PSA avait déjà lancé un sévère avertissement en prévenant qu'il fabriquerait sa nouvelle Astra dans cette usine du nord-ouest de l'Angleterre seulement en cas d'accord sur le Brexit.

Le fabricant allemand BMW a indiqué début septembre qu'il allait arrêter deux jours son usine britannique d'Oxford autour de la date prévue pour le Brexit, soit le 31 octobre, illustrant la pagaille prévisible dans le secteur autour de cette échéance.

Et Nissan avait fait savoir dès mars qu'il allait cesser de produire ses modèles de luxe Infiniti dans son usine à Sunderland, dans le nord-est de l'Angleterre.

19 millions de véhicules par an

«Un Brexit sans accord aurait un impact immédiat et dévastateur sur l'industrie, sapant la compétitivité et engendrant des dommages irréversibles et sévères», a commenté Mike Hawes, président de l'Association des constructeurs et des vendeurs automobiles (SMMT) britannique.

Les investissements dans l'industrie automobile britannique ont déjà subi un inquiétant coup d'arrêt au premier semestre en raison des incertitudes du Brexit. Entre janvier et juin, les nouveaux investissements annoncés ont fondu à 90 millions de livres (110 millions de francs), soit une chute de 70%.

Environ 10% des véhicules assemblés sur le continent européen sont exportés en Grande-Bretagne, selon les données du secteur.

Le secteur automobile européen produit 19,1 millions de véhicules par an et emploie 13,8 millions de personnes, soit 6,1% de la population active.

Le parti travailliste britannique s'apprête - peut-être - à trancher sur le Brexit

Miné par les divisions, le Labour, principal parti d'opposition britannique, s'apprête à voter lundi sur sa position sur le Brexit et pourrait décider... de décider plus tard, comme le souhaite son chef Jeremy Corbyn, pressé de prendre position pour le maintien dans l'UE.

(AFP)

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