Football: Le secteur offensif reste le maillon faible du LS

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FootballLe secteur offensif reste le maillon faible du LS

C’est essentiellement grâce à une bonne et solide assise défensive que les Vaudois ont pu s’imposer face à Xamax vendredi. Pour le reste, Ludovic Magnin a encore du boulot.

par
André Boschetti
Vendredi face à Xamax et Liridon Berisha, Goduine Koyalipou  a une nouvelle fois raté une énorme occasion qui aurait pu faciliter la tâche du LS. 

Vendredi face à Xamax et Liridon Berisha, Goduine Koyalipou  a une nouvelle fois raté une énorme occasion qui aurait pu faciliter la tâche du LS. 

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Le Lausanne-Sport a quitté le stade de la Maldière avec le sourire. Parce qu’il venait de gagner, de très haute lutte et avec un brin de réussite, son premier derby de la saison après avoir été tenu en échec par SLO une semaine plus tôt. Une victoire qui lui permet de se retrouver à deux unités de cette place de leader qu’il se doit d’occuper puis de conserver jusqu’en mai prochain au vu de son potentiel et de ses moyens largement supérieurs à ceux de la concurrence.

Mais ce qui réjouit peut-être le plus Ludovic Magnin et surtout ces joueurs qui sont restés au club après la traumatisante relégation, c’est que pour la première fois depuis très longtemps les événements ont été favorables au LS. Alors que depuis plus d’un an les différents épisodes qui émaillent un match leur étaient régulièrement contraires, ils leur ont souri, vendredi. La faute de main de Fatkic sur une simple remise de la tête de Dabanli est typiquement le genre de détails qui serait survenu dans l’autre sens pour assommer les Lausannois ces douze derniers mois.

Pour «mériter» ces autres petits coups de pouce du destin qui accompagnent généralement les meilleurs, Ludovic Magnin a encore beaucoup de travail devant lui. Car, globalement, la prestation technique lausannoise – contre un Xamax qui vit, lui, la situation inverse où ne rien ne lui sourit – n’est pas de celles qui doivent pleinement le rassurer. Dans la maîtrise et la construction du jeu lorsque le ballon est entre leurs pieds, les Vaudois souffrent encore beaucoup trop face à des adversaires agressifs qui leur laissent peu de temps pour élaborer leurs actions, comme les Neuchâtelois et le SLO une semaine plus tôt. Un domaine où la longue absence de Kukuruzovic pèse lourd même si on peut espérer que le duo Custodio-Gaudino – l’Allemand est sur le bon chemin après une entame de championnat poussive – contribuera vite à faire du milieu lausannois une vraie force, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui.  

Une défense solide

Si le LS est sorti vainqueur de ce match piège, il le doit surtout à sa solide assise défensive. Avec seulement trois buts encaissé en cinq sorties – dont des blanchissages lors des deux récents derbys – Ludovic Magnin a parfaitement réussi cette première étape que cherche tout nouvel entraîneur: assurer une bonne base défensive à son équipe. Avec son trio actuel Dabanli-Husic-Brown, le prochain retour du patron, Simone Grippo, et des alternatives fiables comme Nanizayamo ou Sow, le présent et le proche avenir sont sous bonne garde.

On n’en dira pas tant de ce secteur offensif qui constitue le principal chantier lausannois. Hormis les cinq buts marqués face à Schaffhouse (dont trois dans le dernier quart d’heure), le LS n’a jusque-là inscrit que trois petits buts en quatre sorties. Beaucoup trop peu pour un grandissime favori à la promotion.

Les ratés de Koyalipou

Une difficulté à se ménager de nombreuses occasions (Bellinzone et Xamax) ou une incapacité à les transformer (Aarau et SLO) qui ne doit pas être prise à la légère par le staff technique de la Tuilière. Si la puissance de Brighton Labeau ne se voit encore trop que par intermittence, le Martiniquais est actuellement le seul attaquant incontournable. Ce qui est loin d’être le cas de Coyle et surtout de Koyalipou.  Avec un peu plus de lucidité face au but, ce dernier aurait en effet déjà pu permettre au LS d’arracher un nul mérité à Bellinzone, de battre SLO et de donner l’avantage à son équipe dès le premier quart d’heure à Neuchâtel. Trois énormes possibilités manquées qui s’ajoutent à une première saison extrêmement décevante et démontrent bien que Koyalipou n’est pas un buteur mais un homme de couloir rapide et puissant certainement capable d’amener le danger. Mais guère plus.

L’énigme Turkes

Cet homme providentiel qui fait tant défaut aujourd’hui, Magnin l’a pourtant sous les yeux au quotidien. Sans toutefois pouvoir l’utiliser. Très gravement blessé à un genou en décembre 2020, contrairement à ce que l’on espérait Aldin Turkes n’est toujours pas prêt à faire son retour. «Depuis trois semaines, explique le coach lausannois, il peut presque s’entraîner à 100% avec nous. Mais nous n’avons toujours pas le feu vert des médecins pour qu’il puisse jouer un match officiel. Pour cela, il faudra qu’il passe ces prochaines semaines une batterie de tests à l’issue desquels nous aurons les réponses que nous espérons. Dans le meilleur des cas, on pourrait envisager revoir Aldin sur un terrain en septembre. Mais, jusqu’à Noël au moins, ce ne sera à chaque fois que pour quelques minutes seulement.»

Le LS doit recruter un attaquant

Sous entendu, il faudra encore beaucoup de prudence et de patience avant d’espérer retrouver l’intenable Turkes vu lors de ses 18 premiers mois lausannois. Une longue attente que le LS ne peux pas se permettre s’il veut atteindre les objectifs fixés. Raison pour laquelle il doit impérativement recruter un attaquant supplémentaire d’ici au 31 août. Et comme le marché suisse ne regorge pas de solutions idoines, Ludovic Magnin devra probablement se tourner vers l’étranger et ainsi utiliser la dernière des neuf licences à sa disposition. «Ce qui m’obligerait à laisser chaque week-end en tribune non plus un mais deux étrangers qui sont supérieurs aux joueurs que j’aurais alors sur le banc…» Un problème de «riche» que les neuf autres clubs de Challenge League rêveraient d’avoir.

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