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FranceLe Sénat vote une version durcie de la Loi travail

La mobilisation populaire n'a pas ému les sénateurs qui ont adopté mardi un texte prévoyant, par exemple, la fin des 35 heures.

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Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a fait état de 62 interpellations en France à la suite des violences. 78'000 personnes ont défilé selon la police, 170'000 selon les organisateurs. (Jeudi 15 septembre 2016)

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a fait état de 62 interpellations en France à la suite des violences. 78'000 personnes ont défilé selon la police, 170'000 selon les organisateurs. (Jeudi 15 septembre 2016)

Keystone
Les violences qui ont éclaté jeudi en France, lors des manifestations pour réclamer l'abrogation de la loi Travail, ont fait une vingtaine de blessés. (15 septembre 2016)

Les violences qui ont éclaté jeudi en France, lors des manifestations pour réclamer l'abrogation de la loi Travail, ont fait une vingtaine de blessés. (15 septembre 2016)

AFP
Plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler jeudi dans plusieurs villes de France pour réclamer l'abrogation de la loi Travail. «Montrer qu'on est toujours là et qu'on n'est pas d'accord», a déclaré l'un des manifestants après des mois de conflit social. (Jeudi 15 septembre 2016)

Plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler jeudi dans plusieurs villes de France pour réclamer l'abrogation de la loi Travail. «Montrer qu'on est toujours là et qu'on n'est pas d'accord», a déclaré l'un des manifestants après des mois de conflit social. (Jeudi 15 septembre 2016)

Keystone

Par 185 voix pour et 156 voix contre, le Sénat a adopté mardi le projet de Loi travail, après l'avoir rendu nettement plus libéral lors de ses travaux. Les débats se sont déroulés alors que le texte était à nouveau contesté dans la rue par des dizaines de milliers d'opposants à cette réforme.

Les sénateurs socialistes, communistes, écologistes et RDSE ont voté contre, tandis que la droite, majoritaire au Sénat, a voté pour.

A l'issue du vote, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a assuré qu'elle restait «tenace et déterminée à amener ce projet de loi jusqu'au bout».

Au nom des socialistes, Nicole Bricq a dénoncé un texte «complètement déséquilibré» par la Chambre haute. «En plein débat des primaires, il vous fallait montrer vos muscles et donc faire des prises de guerre. Mais était-il bien nécessaire de revenir sur les 35 heures?» a-t-elle lancé à la majorité sénatoriale.

En revanche, pour Alain Milon, président (LR) de la commission des Affaires sociales, le texte du Sénat «constitue une vraie réforme qui ne tombe pas dans la caricature que certains ont dénoncée».

Dominique Watrin (Communiste, républicain et citoyen), a critiqué un «projet de droite qui est le frère siamois du projet du gouvernement». «Nous ne sommes pas dupes», a-t-il lancé.

Version radoucie par les députés?

Dans la foulée du vote, députés et sénateurs, réunis au sein d'une commission mixte paritaire (CMP), devaient tenter de proposer un texte commun, un échec paraissant inéluctable au vu de l'évolution du projet lors de son passage devant la Chambre haute.

En effet, les sénateurs ont mis fin au verrou des 35 heures, supprimé la généralisation de la garantie jeunes, partiellement vidé le compte personnel d'activité, revu à la hausse les seuils sociaux, ou encore rétabli le plafonnement des indemnités prudhomales (à 15 mois de salaire).

Cette version devrait toutefois être détricotée par les députés lors d'une nouvelle lecture à partir du 5 juillet, pendant laquelle le gouvernement n'exclut pas de recourir à nouveau à l'article 49-3 pour faire adopter sa version sans vote.

Nouvelles actions syndicales prévues

Les syndicats hostiles au texte restent quant à eux déterminés. Après une 11e journée de mobilisation mardi, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a déjà annoncé une «nouvelle journée d'actions» à l'occasion du retour du texte devant les députés.

Et si le Premier ministre Manuel Valls a fait un pas en acceptant de recevoir mercredi et jeudi les organisations syndicales et patronales, Matignon a prévenu qu'il n'était pas question pour autant d'ouvrir des «négociations» sur le texte, mais de «faire un point» avec chacun sur les points d'accord et de désaccord.

(AFP)

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