Jeux: Le service de jeu sans console «Stadia» fait des vagues
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JeuxLe service de jeu sans console «Stadia» fait des vagues

L'annonce de Google produit déjà des effets en bourse et suscite des commentaires, tantôt enthousiastes, tantôt mesurés.

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JCC avec AFP
Phil Harrisson dévoile une manette «maison» conçue pour fonctionner en particulier avec le futur service Stadia de Google.

Phil Harrisson dévoile une manette «maison» conçue pour fonctionner en particulier avec le futur service Stadia de Google.

Josh Edelson, AFP

Il fallait s'y attendre, l'annonce par Google de la création de Stadia (quel nom!), mardi soir, fait des vagues.

En résumé, la firme de Mountain View a dévoilé devant les participants de la Game Developpers Conference à San Francisco un ambitieux service de jeu vidéo en streaming, basé sur la puissance des nombreux serveurs répartis sur les cinq continents qui ne nécessite ni console, ni PC mais tout juste une manette et un écran (tablette, télé, smarphone...) compatible. En fonction de la vitesse d'accès à internet de l'usager, Stadia promet la diffusion de jeux à la carte – comme le font Netflix ou Amazon Prime pour les séries télés et les films – au minimum en haute définition (1080p), soixante images par seconde et, au maximum, en 4K HDR et toujours 60 images par secondes.

Un studio pour les exclusivités

Google a également annoncé la création de «Stadia Games and Entertainment», un nouveau studio de développement de jeux exclusifs chapeauté par Jade Raymond, une des figures de cette industrie.

Le service sera lancé en 2019 «aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et dans quelques pays européens». Son modèle économique n'a pas été dévoilé.

Sony et Nintendo accusent le coup

Premier dommage collatéral les action de Sony et de Nintendo ont dévissé en bourse de Toyko mercredi matin, avec une chute de plus de 4% chacune. Tous deux basent leur succès sur la vente d'une solide base de consoles de jeux. Il va sans dire que la création d'un service par un géant du secteur high-tech qui a le potentiel de les rendre obsolètes inquiète les investisseurs.

Stadia a en outre suscité de nombreuses réactions. Les plus enthousiastes venant bien évidemment des personnalités et entreprises associées au projet: «Le pouvoir et l'accessibilité du streaming va offrir à des milliards de gens des possibilités inédites pour jouer à des jeux vidéo», a commenté Yves Guillemot, PDG du géant français du secteur Ubisoft.

Une «révolution»

«Nous sommes à l'orée d'une révolution gigantesque dans le jeu, qui va permettre un nouveau niveau de créativité pour les développeurs, maintenant que le "data center" est votre plateforme», a modestement déclaré Jade Raymond.

«Sans prix, sans catalogue, sans date»

La concurrence est pour sa part plus mesurée: pour Emmanuel Freund, co-fondateur et Président de Blade, qui offre déjà Shadow, un service de jeux vidéo en flux continu existant, «Il est difficile d'apprécier l'intérêt de Stadia pour ses futurs utilisateurs sans prix, sans catalogue et sans date de disponibilité. (...) La conférence ressemblait plus à une opération séduction de développeurs qu'au lancement d'un produit», indique-t-il dans un communiqué.

Pas faux, mais la montagne ayant bougé, ça fait tout de même peur.

Tout est dans le «Cloud»

Actuellement, les mordus de jeux vidéo ont plusieurs moyens d'accéder à leurs titres favoris: acheter un DVD, un Blu-ray, une cartouche ou bien les télécharger directement sur un appareil, console ou PC.

Stadia et les quelques services balbutiants existants stockent en revanche la majorité des données dans le «Cloud». Cette infrastructure informatique composée de milliers de serveurs qui communiquent à très haute vitesse.

Le défi technique est de taille car les jeux vidéo sont numériquement «lourds». Il faut en plus que le transfert des données soit suffisamment rapide pour éviter des interruptions dans l'action ou une dégradation du graphisme.

Les acteurs majeurs autour du «Cloud» sont Google, Amazon et Microsoft. Si ce dernier a récemment dévoilé ses ambitions en matière de jeu vidéo décentralisé et disponible sur «tous les écrans», Amazon reste encore discret sur la question. On lui prête cependant un grand chantier qui serait destiné à devenir opérationnel en 2020.

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