29.10.2020 à 22:28

États-UnisLe site «The Intercept» accusé d’avoir censuré un article sur Biden

L’un des cofondateurs du site américain d’information accuse son média d’avoir censuré l’un de ses articles sur le candidat démocrate à la Maison-Blanche. Il a annoncé ce jeudi sa démission.

Des responsables de «The Intercept» auraient demandé au journaliste de «retirer tous les passages critiques» de Joe Biden dans un article.

Des responsables de «The Intercept» auraient demandé au journaliste de «retirer tous les passages critiques» de Joe Biden dans un article.

KEYSTONE

Le journaliste d’investigation Glenn Greenwald a annoncé jeudi son départ du site américain d’information «The Intercept», qu’il accuse d’avoir censuré l’un de ses articles sur Joe Biden qui comportait des éléments défavorables au candidat démocrate.

Connu pour avoir recueilli les révélations d’Edward Snowden sur l’agence américaine de renseignement NSA en 2013, Glenn Greewald est l’un des trois cofondateurs de «The Intercept», un site de journalisme d’investigation.

Glenn Greenwald photographié en juin 2013 à Hong Kong.

Glenn Greenwald photographié en juin 2013 à Hong Kong.

KEYSTONE

Le journaliste de 53 ans affirme avoir décidé de quitter le site après que les responsables de la rédaction lui ont demandé de «retirer tous les passages critiques» de Joe Biden dans un article sur l’ancien vice-président, selon une tribune publiée jeudi sur son site.

Selon Glenn Greenwald, l’article évoquait des courriers électroniques et des témoignages récemment publiés qui mettent en cause les agissements d’Hunter Biden, fils du candidat démocrate, accusé d’avoir monnayé l’accès à son père.

«Répression» et «censure»

Pour celui qui habite aujourd’hui au Brésil, cet épisode illustre le «virus qui a contaminé quasiment tous les médias grand public de centre-gauche et institutions académiques».

«Les mêmes tendances à la répression, à la censure et à l’homogénéité idéologique qui empoisonnent la presse nationale en général ont atteint le média que j’ai co-fondé avec, comme point d’orgue, la censure d’un de mes articles», écrit Glenn Greenwald.

Les courriers électroniques impliquant Hunter Biden et publiés par le New York Post ont valu au quotidien et à plusieurs de ceux qui ont relayé l’article de voir leur compte bloqué sur Twitter. Le réseau social a expliqué que l’article enfreignait plusieurs de ses règles.

Facebook a aussi bloqué tout lien vers l’article posté sur sa plateforme.

Médias grand public critiqués

Les médias grand public ont eux été critiqués par des commentateurs conservateurs pour la faible couverture accordée à ces courriers électroniques, communiqués au New York Post par Rudy Giuliani, avocat de Donald Trump.

Pour Glenn Greenwald, le journalisme est aujourd’hui «en crise», «paralysé» par ce qu’il considère comme la domination d’un courant de pensée qui affaiblit la liberté d’expression et le droit à la contestation.

The Intercept a assuré, sur son site, que l’édition de l’article ne visait qu’à s’assurer qu’il était «juste et exact». Les responsables l’ont accusé d’avoir voulu, dans cet article, «tenté de recycler les affirmations douteuses de l’équipe de campagne Trump et de les blanchir en journalisme». «C’est Glenn qui a perdu ses racines journalistiques», ont-ils poursuivi, «pas The Intercept».

The Intercept a été créé en 2014 par le groupe First Look Media du milliardaire franco-américain Pierre Omidyar, fondateur d’eBay.

(AFP/NXP)

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