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Ski alpinLe slalom va-t-il devenir plus spécial à l’avenir?

Un format inédit a été testé mardi dernier sur la piste du Mont Lachaux à Crans-Montana. Analyse avec les acteurs principaux de cette première.

par
Sylvain Bolt
La piste du Mont Lachaux a été le théâtre d’un nouveau format de slalom.  

La piste du Mont Lachaux a été le théâtre d’un nouveau format de slalom.

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Alors que la FIS mise sur le parallèle pour se réinventer sans réellement réussir à convaincre ses acteurs principaux, un format inédit a été proposé mardi soir à Crans-Montana. Le concept: 20 skieurs au départ, qui se sont disputé quatre manches courtes (30 portes avalées en une trentaine de secondes) avec cinq skieurs éliminés à chaque manche. Marius Robyr, président du comité d’organisation des épreuves de Crans-Montana et Matteo Joris, entraîneur des slalomeurs suisses, sont les instigateurs de ce «slalom format KO» novateur.

«Il y a une part de tactique, mais au final il ne faut pas trop réfléchir.»

Ramon Zenhäusern, éliminé dès la première manche

Les deux hommes mettent, en vrac, ces arguments en avant: pas de temps-mort puisque les manches courtes s’enchaînent ce qui est idéal pour la télévision, une épreuve plus facile à suivre puisque les moins bons sont éliminés à chaque run, la possibilité de voir trois à quatre fois les meilleurs slalomeurs du monde dans leurs œuvres. Mais aussi un format plus intéressant que le parallèle car il ne nécessite pas de trouver des pistes longues et peut s’organiser aussi dans une ville.

Entraînement de luxe ou réelle compétition?

«Ce format me semble intéressant, car c’est difficile de trouver des pistes d’entraînement entre Noël et Nouvel an, même si je viens de vivre la manche la plus courte de ma carrière, s’est marré Ramon Zenhäusern, qui a enfourché après quelques secondes lors de la première manche. Il y a une part de tactique, mais au final il ne faut pas trop réfléchirDans l’aire d’arrivée de Crans-Montana à huis-clos, Daniel Yule, impassible aux rigolades des autres skieurs entre les manches, a semblé l’un des skieurs les plus déterminés à remporter ce premier slalom KO.

«Avoir du stress et de la tension comme ce soir est plus bénéfique qu’une simple session d’entraînement.»

Daniel Yule, quatrième à Crans-Montana

Le skieur de La Fouly se transforme en machine à gagner lorsqu’il enfile un dossard. Que ce soit celui d’une Coupe du monde ou d’une exhibition ne change pas grand chose. «On a tous pris du plaisir, le format est plus chouette que celui du parallèle, a jugé le Valaisan. Skier quatre fois la même manche peut faire penser qu’on est à l’entraînement, mais c’est de toute façon pas maintenant qu’on va apprendre à skier. Avoir du stress et de la tension comme ce soir est plus bénéfique qu’une simple session d’entraînement. Là, sur une manche aussi courte, tu n’as pas le droit à l’erreur car les écarts sont encore plus serrés. Et les skieurs «kamikazes» ont plus de chance de terminer leur manche.»

Aerni fait le plein de confiance et de gains

Sur la piste, c’est Luca Aerni qui s’est imposé sur un mur final du Mont Lachaux qui l’a vu grandir sur les skis mais sur lequel il n’avait jamais disputé la moindre compétition. «C’est très différent de ce qu’on a l’habitude, il faut vraiment tout donner à chaque manche, a analysé le skieur des Barzettes. Je l’ai pris comme un entraînement en essayant d’améliorer mon ski à chaque manche. Pour moi, qui hérite de dossards élevés en Coupe du monde, c’était intéressant de pouvoir disputer une épreuve dans de meilleures conditions.

«Et c’est bénéfique de pouvoir se mesurer à des skieurs comme Yule, Noël ou Zenhäusern, des cadors de la discipline, a ajouté le Belge Armand Marchand, l’un des skieurs internationaux invités (deux Belges et cinq Français au départ). Mais il y avait aussi des sous à aller chercher.»

Car sur le Haut Plateau, aucun point FIS, si précieux pour l’obtention de meilleurs dossards, n’a été distribué. On a attiré les meilleurs slalomeurs avec un joli pactole: 50’000 francs de prize money, dont 25’000 francs (et une cloche) pour le vainqueur de la soirée. La somme n’est de loin pas anodine, puisqu’une deuxième place en Coupe du monde rapporte 20’000 francs.

Luca Aerni, qui a traversé un hiver passé très compliqué, a par exemple fait exploser son compte en banque de gains dans son jardin, lui qui avait récolté seulement 4’430 francs de prize money sur toute la saison passée. «C’est clair que ça ajoute du bonheur à cette victoire, n’a pas caché le champion du monde du combiné 2017. Mais je n’ai pas trop pensé à l’argent, je retiens surtout les bonnes sensations ressenties aujourd’hui.»

Reste désormais pour Marius Robyr et à Matteo Joris de convaincre la FIS. «Aujourd’hui, il faut innover et amener du dynamisme, donc je suis certain qu’elle va reprendre cette formule dans quelques années, a tranché l’ancien Brigadier. Il va falloir améliorer quelques points, en réduisant par exemple le temps entre les manches, pour ne pas ennuyer les spectateurs.»

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24 commentaires
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Suisse1970

05.01.2021 à 05:06

Spécial ou pas, les suisses toujours bon dernier

pas normal

05.01.2021 à 04:04

Montana, les pistes à moitié fermées, mais les forfaits à plein tarif !

skieur de crans montana

04.01.2021 à 20:22

Les courses nous bloquent les pistes de ski durant plusieurs jours. Pour moi, elles ne servent à rien d'autres qu'à enquiquiner les skieurs. Désintérêt complet pour ce genre de manifestation.