Motocyclisme: Le SMS du «boss» à Marc Marquez
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MotocyclismeLe SMS du «boss» à Marc Marquez

Champion du monde pour la huitième fois, Marc Marquez n’a pas attendu le GP du Japon - sur le circuit de son employeur, Honda - pour faire le nécessaire. Fort de l’autorisation du patron.

par
Sport-Center

Quelques stratèges en communication avaient évoqué cette possibilité: pas un harakiri, bien sûr, mais une course d’attente derrière Andrea Dovizioso en Thaïlande, pour que le titre No 8 du phénomène espagnol soit célébré «à la maison», dans deux semaines, sur ce circuit de Motegi qui appartient à Honda. Où tous les principaux dirigeants de l’immense groupe industriel sont généralement présents.

Ce scénario ne ressemblait en rien au Marc Marquez que l’on connaît: «Je vous l’ai dit jeudi: cette course, j’allais l’appréhender comme toutes les autres, avec la même mentalité. J’ai tenu parole. Et puis, pour ne rien vous cacher, j’ai reçu jeudi soir un SMS du grand patron, qui disait: «Marc, essaie de faire le nécessaire directement.» J’ai répondu: «OK, et merci pour la pression!»

Mais la pression, désormais, ne semble plus atteindre Marc Marquez, qui commet de moins en moins d’erreurs. Et qui a encore été sans pitié pour celui qui personnalise l’adversité de demain, Fabio Quartararo: victoire No 79, 130e podium, huitième titre mondial. Et une promesse: «La fête va être belle ce soir (dimanche) et à mon retour en Espagne. Puis, il faudra préparer Motegi, car j’aimerais bien faire taire une statistique dont je ne suis pas trop fier: il m’est arrivé plusieurs fois, titre mondial assuré, de faire une grosse bêtise à la course suivante.» Il est parti en éclatant de rire.

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MARQUEZ, LES CHIFFRES... ET LA MOTO 2

Huitième titre – Valentino Rossi en est à neuf, la légende Giacomo Agostini à quinze -, y a-t-il avec Marc Marquez du record absolu dans l’air? «Je ne me suis jamais intéressé aux chiffres. Le plus important, c’est d’avoir du plaisir. C’est peut-être possible d’y arriver, mais il ne faut pas en faire une fixation.»

En 2014, on avait évoqué, face à son aisance, la possibilité qu’il s’aligne le même jour dans deux catégories, la Moto2 et la MotoGP. A l’époque, Carmelo Ezpeleta, le CEO de Dorna – la société qui détient les droits commerciaux des GP – avait même promis que ce jour-là, il était prêt à modifier l’ordre des courses. On commencerait avec le Moto2, suivrait le Moto3 pour que Marquez ait le temps de se préparer pour la course MotoGP. Titre 2019 assuré, est-ce une idée qui le titille à nouveau? «Vous m’imaginez, débarquant en course dans une catégorie où mon frère joue le titre mondial? Jamais...»

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FABIO N’AVAIT JAMAIS FREINÉ SI TARD...

Les caméras, c’est connu, voient tout. Ainsi, on a découvert, la ligne d’arrivée passée, un Fabio Quartararo en larmes, tapant de rage sur le réservoir de sa Yamaha M1. Avant de le retrouver souriant au pied du podium, disant sa joie et sa fierté d’avoir livré un tel combat avec celui, ce sont ses mots, «qui est la valeur référence de la discipline».

Alors, le jeune Français (20 ans, rappelons-le) est-il déçu ou satisfait? «Sur le moment, il y a eu beaucoup de frustration, c’est normal. Jamais, de tout le week-end, je n’avais freiné aussi tard avant ce dernier virage; et ça n’a pas suffi. Mais bon, j’avais affaire au champion du monde. Je me devais de tout tenter, si je ne l’avais pas fait, je n’aurais pas retrouvé le sommeil jusqu’au prochain GP, dans deux semaines au Japon.»

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LES SENSATIONS DE TOM LÜTHI

Vu de l’extérieur, on peut avoir la désagréable impression de vivre la course avec du papier carbone. Des espoirs trop rapidement disparus et les mêmes mots: «L’équipe travaille beaucoup. On s’approche. On progresse. On va y arriver.» Thomas Lüthi a terminé septième du GP de Thaïlande et a encore augmenté son retard sur Alex Marquez, même si le petit frère n’a terminé que quatrième d’une course remportée haut-la-main par un autre petit (demi)-frère, Luca Marini, fils de Stefania ex-Rossi.

«Même si les résultats se ressemblent et qu’ils ne me satisfont pas du tout, ces dernières courses sont totalement différentes, explique Thomas Lüthi. En Aragon, j’étais devant et je n’ai pas tenu le rythme. Ici, je suis revenu après avoir perdu toutes mes chances en deux fois, la première dès le troisième virage, quand j’ai raté le sélecteur de vitesses; la seconde lors d’une attaque de Baldassari, qui ne m’a pas laissé d’autre choix que d’aller tout droit (8e tour). Mais le rythme était là, je pouvais me battre pour le podium. Et c’est cela qu’il faut retenir en emmener avec nous au Japon, dans deux semaines.»

Thomas Lüthi: «Le rythme est là.» Image: Keystone.

Thomas Lüthi: «Le rythme est là.» Image: Keystone.

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AEGERTER «CHOCOLAT», RAFFIN AUTOCRITIQUE

Pour les pilotes motocyclistes, la médaille dite en «chocolat», c’est la seizième place, la première à ne ramener aucun point mondial. Depuis les Pays-Bas et une course où les chutes avaient été très nombreuses, Dominique Aegerter n’a plus marqué le moindre point avec sa MV-Agusta. Et ça l’enrage de plus en plus, à l’heure où son avenir n’est toujours pas assuré.

Dominique Aegerter n'a plus marqué de points depuis le GP des Pays-Bas. Image: Keystone.

Dominique Aegerter n'a plus marqué de points depuis le GP des Pays-Bas. Image: Keystone.

L’avenir de Jesko Raffin, lui, est arrêté depuis Misano: il pilotera l’an prochain la NTS qu’il utilise déjà tout au long de cette longue tournée outre-mer. 21e de la course, le Zurichois fait son autocritique: «Le départ n’a pas été très bon. Je ne suis tout simplement pas parvenu à entrer assez tôt dans ma course. C’est plus un problème personnel que technique, je manque d’expérience pour trouver assez rapidement le bon feeling et le bon rythme avec la machine. Le côté positif à retenir, c’est que nous avons réuni beaucoup d’informations ce week-end et nous pouvons désormais travailler sur cette base.»

Jean-Claude Schertenleib, Buriram

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