Hockey sur glace – Le soir où l’Ajoie a découvert Asselin
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Hockey sur glaceLe soir où l’Ajoie a découvert Asselin

Pour son retour au jeu après deux semaines et demie à soigner ses adducteurs, Guillaume Asselin, auteur de l’égalisation peu après la mi-match, s’est distingué face à Langnau.

par
Julien Boegli
(Porrentruy)
Guillaume Asselin face au gardien de Langnau Ivars Punnenovs.

Guillaume Asselin face au gardien de Langnau Ivars Punnenovs.

Freshfocus

Le public ajoulot connaissait si peu de lui. Une prestation somme toute discrète en ouverture de saison face à Bienne et une moitié de match, passée en toute discrétion là aussi, le mardi suivant contre Lugano.

Pour le public ajoulot, Guillaume Asselin restait encore l’arme fatale du HC Sierre, du temps où tout le monde se côtoyait en Swiss League. Samedi soir, l’Ajoie a véritablement découvert son nouveau Québécois. Comment? En hurlant sa joie sur l’égalisation de la 32e minute, après que le numéro 38 avait envoyé une frappe imparable en direction d’Ivars Punnenovs. En infériorité numérique, parfaitement lancé par son compère Philip-Michaël Devos, Asselin s’est ainsi fait connaître de la plus belle des manières, participant activement au troisième succès jurassien de l’automne.

Guillaume Asselin, ce match contre Langnau marquait votre retour au jeu après un début de saison difficile pour vous. Qu’en attendiez-vous?

Sincèrement, durant la journée et même pendant l’échauffement, je ne pensais qu’à ma blessure. Elle restait toujours en arrière-pensée, j’étais crispé.

Mais vous n’avez finalement pas renoncé…

Je me suis dit que je n’étais pas le seul à jouer avec des petits bobos, que cela ne servait à rien de m’apitoyer sur mon sort. J’ai simplement essayé de donner le meilleur de moi-même, en privilégiant les présences courtes.

Du coup, ces adducteurs, vous les avez sentis durant le match?

Là, juste à la sortie de la glace, je dois avouer qu’ils sifflent un peu.

Cela vous laissera finalement peu de temps pour récupérer puisque le HCA est engagé ce dimanche du côté de Davos (15h45)…

Il va falloir que les masseurs fassent un gros job sur moi avant le départ.

Cela signifie donc que vous êtes apte à livrer deux matches en moins de 24 heures?

Je vous répondrai après le match ce dimanche (rires). Je viens d’embarquer sur la glace pour la première fois depuis trois semaines. Je ne sais pas si un «back to back» est actuellement dans mes cordes. Je l’espère. On va voir.

«J’étais convaincu que je marquerais ce soir. J’étais certain que cela finirait par entrer, je le sentais.»

Guillaume Asselin, attaquant du HC Ajoie

Avec Philip-Michaël Devos à vos côtés, vous avez sans doute là le meilleur modèle de résilience, toujours présent sur la glace malgré une douleur à la cheville qui le tenaille depuis un certain temps.

J’ai lu il y a peu qu’il n’avait pas manqué un seul match depuis son arrivée à Ajoie en 2015. C’est un guerrier, c’est sûr, qui est impliqué dans notre victoire avec un but et une passe décisive.

Revenons sur votre réussite de la 32e minute. Inscrire un but de cette façon, en rupture et à 4 contre 5, n’était-ce finalement pas là la meilleure façon de vous faire connaître du grand public ajoulot?

Je vais t’avouer une chose: j’étais convaincu que je marquerais ce soir. J’ai eu deux ou trois bonnes petites occasions avant cette égalisation, j’étais certain que cela finirait par entrer, je le sentais. Sans ces problèmes d’adducteurs, j’aurais certainement cherché à contourner le défenseur qui était devant moi. J’ai vu que le gardien me challengeait, je ne me suis pas posé de question et j’ai frappé en espérant que la rondelle termine au fond. Ce qui a été le cas.

Aligné aux côtés de Devos et du Top Scorer Thibault Frossard, vous êtes allé crescendo durant la soirée. La complicité entre vous trois est d’ailleurs devenue de plus en plus évidente au fil des minutes. On se trompe?

Oui, il y avait une belle complicité. Ce sont des gars intelligents, franchement, ce n’est pas compliqué d’évoluer avec eux. Tu n’as pas besoin de te poser de questions. Il suffit de te placer dans une bonne position et le puck viendra à toi. C’est aussi facile que cela.

Mardi, à Rapperswil, Ajoie a perdu Jonathan Hazen pour une période de quatre à cinq mois. Devos a lui perdu son complice de toujours. Vous sentez-vous capable de combler le vide laissé sur l’aile droite par «Jonnhy»?

Ça a été difficile de le perdre, c’était notre meilleur joueur offensif jusque-là. Personnellement, je suis arrivé ici dans le but d’apporter de l’intensité en attaque. Alors oui, je dois désormais mettre les bouchées doubles. Mais cela ne change rien dans le fond. Que «Jonnhy» soit là ou pas, je dois donner le maximum chaque soir pour aider à ma manière le groupe à remporter des matches.

Ce qu’en pense Gary Sheehan

«Placer Guillaume avec «Phil» est une possibilité que j’ai testée en préparation et qui aurait pu revenir en cours de saison. Là, la situation est un peu urgente. Ce n’était pas facile, on a tenté de réagir suite à l’absence d’Hazen. Guillaume a les capacités de s’adapter rapidement à «Phil» et vice-versa. Il a été très intelligent dans l’approche de son match, avec d’abord des présences courtes, avant de les allonger en cours de rencontre sans jamais se retrouver dans le rouge. Grâce à cette gestion, il a été capable de donner quelques coups de reins intéressants et de bien jouer les situations spéciales. Il s’est bien acclimaté à Devos et à Frossard. Ce n’était pas forcément gagné d’avance, les trois ne se sont pas entraînés ensemble de la semaine puisque «Phil» soignait sa blessure.»

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