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CriseLe solaire en situation de «bulle industrielle»

Pour François Gabella, patron du groupe genevois LEM, leader mondial des capteurs de courant de précision, le marché de l'énergie solaire est en situation de bulle industrielle.

Keystone

Il ne voit pas d'assainissement avant un ou deux ans.

«Le problème de ce secteur est qu'il dépend toujours et encore de la volonté politique des Etats et de leur capacité financière», a déclaré François Gabella dans une interview publiée mercredi par «Le Temps». Selon lui, ce modèle ne fonctionne pas sans subventions car les coûts de production sont supérieurs aux prix du marché.

A cause des promesses erronées de croissance d'avant 2008, le marché se retrouve aujourd'hui fortement saturé et en situation de bulle industrielle, estime cet ancien directeur d'ABB Sécheron. «En attendant la demande future, il y aura destruction de capacités», ajoute-t-il.

Contrairement à l'affirmation de certains, le patron de LEM estime que le prix du solaire n'est toujours pas compétitif par rapport à d'autres énergies. «La plupart des études comparent le prix du solaire au prix payé par le client final, alors que la vraie référence est le coût de production des centrales traditionnelles qui est sensiblement plus bas».

L'assainissement prendra du temps

Interrogé sur l'avenir proche du solaire, François Gabella voit le marché continuer à croître en termes de volumes. Par contre, en raison des fortes surcapacités actuelles et de l'arrivée sur le marché de nouveaux entrants, l'assainissement prendra du temps, avec probablement la disparition de quelques acteurs.

Du côté de la technologie, François Gabella ne voit pas d'innovation de rupture. Selon lui, les panneaux sont certes passés d'un rendement de 7% à 20%, un progrès considérable, mais personne ne parle de rendements à 40%, malgré des recherches dans différentes directions. «En termes de rendement économique, l'éolien offre de meilleures perspectives», estime-t-il.

Concernant le marché suisse, le patron de LEM estime qu'il est petit, mais avec un fort potentiel symbolique. Il reste toutefois «pantois» face à la frilosité des mesures incitatives en faveur des énergies vertes. «Nous avons la technologie et les moyens financiers, mais on préfère se disputer la paternité de la décision d'arrêter nos centrales nucléaires en 2030».

(ats)

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