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WikiLeaksLe soldat Manning plaide non coupable d'«aide à l'ennemi»

Le soldat américain Bradley Manning, à l'origine du WikiLeaks, la plus grande fuite de documents classés secrets de l'histoire des Etats-Unis, a plaidé jeudi non coupable de l'accusation d'«aide à l'ennemi».

Bradley Manning est emprisonné depuis 1000 jours.

Bradley Manning est emprisonné depuis 1000 jours.

Keystone

Bradley Manning a en revanche plaidé coupable pour une dizaine de charges moins sérieuses.

Ce soldat de 25 ans a comparu devant une juge militaire en vue de son procès devant une cour martiale, qui doit s'ouvrir le 3 juin. Il a plaidé non coupable du chef d'inculpation le plus grave, celui de collusion avec l'ennemi, passible de la prison à vie.

Bradley Manning a en revanche plaidé coupable notamment pour la possession et la diffusion d'informations classées secrètes sur l'Irak et l'Afghanistan, pour lesquelles il risque une peine pouvant aller jusqu'à vingt ans de prison.

Provoquer un débat

«Je pensais que si le grand public (...) avait accès à ces informations (...) cela pourrait provoquer un débat aux Etats-Unis sur le rôle de l'armée et de la politique étrangère en général», a déclaré le soldat.

Emprisonné depuis 1000 jours, Bradley Manning a lu au juge la déclaration de 35 pages qu'il avait préparée pour sa défense. «J'avais le sentiment d'accomplir quelque chose qui me permettrait d'être en paix avec ma conscience», a-t-il dit.

Arrêté en mai 2010 alors qu'il travaillait pour les services de renseignement de l'armée américaine en Irak, Bradley Manning est accusé d'avoir rendu publics des centaines de milliers de documents confidentiels, dont des télégrammes diplomatiques et des vidéos de combats, en les transmettant au site WikiLeaks.

En porte-à-faux

Il voyait le site internet créé par Julian Assange comme «dévoilant les activités illégales et la corruption». «D'après mes observations, je décrirais les discussions sur le site de WLO (qu'il surnomme ainsi pour WikiLeaks Organization) comme étant de nature presque universitaire», a-t-il ajouté.

C'est à mesure de son déploiement en Irak fin 2009/début 2010, qu'il s'est senti de plus en plus en porte-à-faux vis-à-vis de ses camarades soldats et de la hiérarchie militaire. Il s'est alors décidé à multiplier les fuites concernant aussi bien des centaines de milliers de câbles diplomatiques que des informations relatives aux conflits.

C'était selon lui «un moyen d'échapper à l'angoisse extrême» qui l'étreignait. «Plus je tentais de bien faire mon travail, plus je sentais que je m'aliénais mes pairs», a-t-il dit.

(ats/afp)

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