30.05.2012 à 08:01

Phénomène astronomiqueLe soleil a rendez-vous avec Vénus

Les 5 et 6 juin prochain, Venus passera entre la Terre et le soleil. Les amateurs d'astronomie ne devront pas manquer cet alignement, car il n'a lieu que tous les 105 ans!

En Suisse, on pourra observer l'alignement de Venus avec la Terre dès 5h30 environ.

En Suisse, on pourra observer l'alignement de Venus avec la Terre dès 5h30 environ.

Keystone

Entre le 5 et le 6 juin prochains, l’Etoile du berger passera entre la Terre et le soleil, un alignement exceptionnel qui ne se reproduira pas avant 105 ans et que tous les astronomes amateurs et experts en astrophysique attendent de pied ferme. En Suisse, le phénomène sera visible le 6 juin à l’aube.

«C’est maintenant ou jamais» avant décembre 2117, prévient le magazine britannique «Physics World» dans son dernier numéro. Le 5 juin à partir de 00h09, et pendant près de sept heures, un confetti noir 32 fois plus petit que le soleil, l’ombre de Vénus, traversera le disque solaire et pourra être suivi à l’oeil nu.

A condition de porter des lunettes protectrices adaptées, comme celles vendues pour les éclipses. L’événement ne sera toutefois pas visible partout à la surface du globe, et une bonne partie de la population mondiale ne pourra admirer qu’une partie de ce phénomène rare, au lever ou au coucher du soleil.

En Suisse, on pourra l’observer dès le lever de l’astre, le 6 juin dès 5h30 environ, jusqu’à sa sortie une heure plus tard. Intérêt scientifique

S’il est moins spectaculaire qu’une éclipse, le transit de Vénus est en revanche beaucoup plus riche en informations pour les scientifiques.

Au siècle des Lumières, l’arrivée de Vénus dans l’alignement du soleil avait suscité un vif enthousiasme de la part des grandes nations, avec l’envoi plusieurs années à l’avance de coûteuses expéditions maritimes dans l’océan Indien ou le Pacifique.

Il faut dire que l’enjeu était de taille, l’alignement permettant de calculer très précisément, par trigonométrie, la distance de la Terre au soleil. En effet, si on connaît désormais parfaitement cette «unité astronomique» (environ 149’597’870 km), facilement mesurable à l’aide des satellites, il était impossible de la calculer directement sans utiliser un «objet» céleste comme Vénus.

Lors du passage de 2004, des centaines de lycéens et d’astronomes amateurs avaient refait les mesures de leurs illustres prédécesseurs, comme l’explorateur britannique James Cook ou le Français Cassini au XVIIIe siècle, rappelle Jean-Eudes Arlot chercheur à l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides du CNRS.

Grâce au progrès technique (GPS, chronomètres, etc), ils avaient obtenu une mesure plus précise que les astronomes professionnels de l’époque.

Nouvelles perspectives

Les observations de 2004 ont aussi permis aux scientifiques de fourbir leurs armes pour ce second passage de Vénus. «En 2012, on sait qu’on peut distinguer l’atmosphère de la planète, alors qu’on ne pensait pas ça possible en 2004», explique M. Arlot.

L’étude de l’atmosphère vénusienne offrira notamment un point de comparaison avec celle d’exoplanètes potentiellement habitables. Les astronomes français ont donc organisé une expédition scientifique internationale pour l’étudier depuis neuf points différents du Pacifique, de l’Asie ou d’Amérique, à l’aide de «cythérographes» spécialement mis au point pour l’occasion.

Les télescopes existants seront également mis à contribution, de même que la sonde européenne Venus Express, le télescope spatial Hubble, et différents satellites.

Phénomène rare

Les passages de Vénus n’ayant lieu que par paires séparées de huit ans, à plus d’un siècle d’intervalle, aucun astronome vivant n’avait eu l’occasion de l’étudier avant le précédent passage en juin 2004.

Après que le mathématicien allemand Johannes Kepler eut prédit le phénomène, seuls cinq passages ont pu être étudiés par les astronomes occidentaux: en 1639, 1761, 1769 et 1874, le plus récent remontant à 1882.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!