03.09.2020 à 04:45

Nostalgie«Le Solex, c’est bandant, limite érotique»

Leurs bécanes viennent d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, mais Olivier Mathis et Christine Schneiter font l’éloge du VéloSolex, un engin vintage qui fait l’éloge de la lenteur.

par
Vincent Donzé
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Olivier Mathis et Christine Schneiter sont plus que fous de Solex…

Olivier Mathis et Christine Schneiter sont plus que fous de Solex…

Lematin.ch/Sébastien Anex
Olivier trouve même son bel engin «bandant.»

Olivier trouve même son bel engin «bandant.»

Lematin.ch/Sébastien Anex
En parlant de bander, c’est sur la bande cyclable que les tourtereaux pratiquent.

En parlant de bander, c’est sur la bande cyclable que les tourtereaux pratiquent.

Lematin.ch/Sébastien Anex


La marinière lui va comme un gant, quand il chevauche son VéloSolex. Tombé dans la marmite de benzine 2-temps, quand il était petit, Olivier Mathis (45 ans) n’en est jamais sorti, à Delémont (JU), même si ce Solexiste est aussi un Porschiste: «Le Solex, c’est beau et c’est bandant, limite érotique», fanfaronne ce mécanicien. Ces strophes sensuelles sont exprimées en présence de son ex, mais aussi de sa compagne Christine Schneiter, amusée de ses audaces.

Tous les côtés


À Delémont, quand le couple sort en Solex, il capte les regards amusés ou intrigués pour leurs drôles d’engins. Leur passion a la même origine enfantine: un VéloSolex du voisinage enfourché après avoir été longtemps convoité. Pour Christine, devenue employée dans une fabrique d’outillages, c’était dans son souvenir «un engin qui fume de tous les côtés», tandis qu’Olivier récupérait le modèle rouge et bleu jeté au chenil par ses voisins.


Les chemins de ces deux Solexistes ne se sont pas croisés en deux-roues, mais lors d’une rencontre de Porschistes au chalet d’un ski-club où officiait Christine, fille d’un démolisseur qui, de son propre aveu, a toujours vécu «dans des vieilles caisses», style VW Golf ou Coccinelle.

Brigitte Bardot


Sa collection de Solex, Olivier Mathis l’a sacrifiée au profit d’un seul modèle, pour le seul plaisir de conduire. Ses références? Brigitte Bardot, Jacques Tati, Steve Mc Queen, Patrick Poivre d'Arvor: autant d’adeptes d’un engin dépourvu de boîte à vitesses.


Sur un véhicule qui fait l’éloge de la lenteur, Olivier Mathis participe régulièrement à une course de Solex qu’il a lancée sur le circuit automobile de Lignières (NE). Mais ce qu’il affectionne, ce sont les courses quotidiennes qui le mènent dans un magasin ou au supermarché.


Quand ils font une virée si possible au plat, Olivier et Christine chargent leurs deux Solex dans la fourgonnette de Madame, par exemple de Delémont à Balstahl. Arrivés en deux-roues à Soleure, en entrant dans la zone piétonne, ils n’ont pas mis pied à terre: sur un Solex, il suffit de débrancher le moteur placé sur le guidon pour passer en mode écolo.

DJ BoBo


Pédaler, c’est une variante qui leur permet de participer aux journées sans voitures SlowUp: «À notre passage, un gamin a lancé à une autre: «T’as vu? Un vélo militaire»…», rapporte Christine, fière d’avoir participé en 2013 avec son chien et son compagnon au tournage d’un clip de DJ BoBo.


Avec 1,4 litre d’essence aux cent kilomètres, un bidon d’huile fixé à la roue avant, la passion du Solex n’est pas coûteuse. «À 20 ans, en 1995, je roulais le week-end en Porsche et la semaine en Solex», raconte Olivier Mathis.

Une mélodie


Le modèle S-3800 est le plus courant, depuis la commercialisation des premiers modèles en 1946. Classé dans la catégorie des cyclomoteurs, un Solex pouvait se conduire sans permis dès l’âge de 14 ans. Le bruit du moteur? «Un bruit? Quel bruit? C’est une mélodie!» rectifie Olivier Mathis.


Le 7 novembre 1988, la production a cessé. Il s’en est écoulé sept millions d’exemplaires. «La bicyclette qui roule toute seule», affirmait un slogan qui faisait du Solex la 2 CV des deux-roues. L’engin était très populaire auprès des lycéens, des étudiants et des ouvriers. C’est dans la dernière catégorie que se placent Olivier et Christine, sensibles à l’esthétique vintage.

Toujours à fond


«Tu presses le décompresseur, tu prends son élan et tu mets des gaz, toujours à fond», explique Olivier Mathis à notre photographe, sur le parking de la Halle des expositions de Delémont. Il faisait beau ce jour-là, mais quand il pleut, la transmission patine sur un pneu mouillé. Et gare aux glissades, surtout sur les pavés.


«Tous les usagers roulent plus vite que nous, sauf les déambulateurs», sourit Christine, qui n’aime pas la vitesse. Autour du lac de Bienne, quand un cycliste l’a poussée dans le dos, elle ne s’est pas sentie ridicule. À l’écart de la circulation, Olivier et Christine roulent si possible côte à côte sur des pistes cyclables adaptées à leur vitesse de croisière.

Cylindrée: 49 cm3

Moteur sur la roue avant, transmission par galet: le modèle S-3800 est le plus emblématique de la marque française. Le bloc-moteur contient le réservoir, le système de transmission et d’allumage, ainsi que le phare. Le petit moteur 2-temps à vilebrequin affiche une cylindrée de 49 cm3. Le démarrage se fait par pédalage ou «à la poussette», en actionnant la manette de décompression. La transmission peut être débrayée à l’aide d’un levier: le moteur bascule alors en arrière en libérant la roue, ce qui fait de la mobylette une bicyclette. Le cadre est dépourvu de suspension. Consommation: 1,4 l/100 km, pour une vitesse limitée à 30-35 km/h.

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9 commentaires
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Michel P Ollon

03.09.2020 à 07:34

Je confirme, le solde c’est bandant. Le mien a d’ailleurs pris sévère à quelques reprises.

Macfly

03.09.2020 à 06:39

Je n'ai qu'un vélo, 30kmh de vitesse moyenne, 90 en vitesse maximale et 0,5l d'eau et un morceau de pain au 100 kilomètres. Ah! et une voiture pour le week-end.

Nostalgie

03.09.2020 à 06:16

Avec solex pas de complex on pédale et ça détale