26.09.2015 à 05:11

FIFALe sort de «l'icône» Platini inquiète la presse française

Dans une FIFA «en ruines», les médias se demandent si Platini pourra s'extraire de «l'avalanche de scandales et de magouilles».

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L'ex-président de l'UEFA a décidé de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme, après sa condamnation à quatre ans de suspension pour avoir reçu deux millions de francs de Sepp Blatter, à l'époque président de la Fifa. (Mercredi 24 janvier 2018)

L'ex-président de l'UEFA a décidé de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme, après sa condamnation à quatre ans de suspension pour avoir reçu deux millions de francs de Sepp Blatter, à l'époque président de la Fifa. (Mercredi 24 janvier 2018)

Keystone
«J'ai toujours fait mon job de la meilleure manière possible», a déclaré Jérôme Valcke devant les juges du Tribunal arbitral du sport de Lausanne. (Mercredi 11 octobre 2017)

«J'ai toujours fait mon job de la meilleure manière possible», a déclaré Jérôme Valcke devant les juges du Tribunal arbitral du sport de Lausanne. (Mercredi 11 octobre 2017)

AFP
Jérome Valcke, ancien secrétaire général de la FIFA,se rendra  mercredi à Lausanne pour contester devant le Tribunal arbitral du sport sa suspension de dix ans.  (Mardi 10 octobre 2017)

Jérome Valcke, ancien secrétaire général de la FIFA,se rendra mercredi à Lausanne pour contester devant le Tribunal arbitral du sport sa suspension de dix ans. (Mardi 10 octobre 2017)

AFP

La presse s'inquiète samedi de voir l'«icône» Michel Platini «éclaboussé» par «l'avalanche de scandales et de magouilles» qui salissent le sport, d'aucuns espèrent qu'il «contre-attaque» dans une histoire où «tous les coups» ne sont pas «francs».

«Que Sepp Blatter soit emporté par cette avalanche de scandales et de magouilles qui salissent le sport, cela n'étonnera personne: sous sa présidence, la FIFA était corrompue à tous les étages» avance Jean-Marie Montali (Le Parisien/Aujourd'hui en France). «Mais Platini, c'est autre chose. C'est une légende, notre icône», rappelle-t-il se demandant si l'affaire lui «sera fatale».

«Ressentiment de Blatter»

Jean Levallois de La Presse de la Manchepréfère croire que la mise en cause du patron de l'UEFA est due au «ressentiment de Blatter». «Il est des personnes qui pourrissent tout ce qu'elles touchent», se rassure-t-il.

«Tous les coups seront permis et pas toujours francs !», prévient Alain Dusart dans L'Est Républicain. «Le célèbre n°10 français en sortira-t-il indemne, c'est-à-dire en chevalier blanc d'instances corrompues par des buts résolument trop lucratifs... ?», s'interroge-t-il.

«L'entraîner dans sa chute»

«La FIFA n'est plus qu'un champ de ruines» affirme Le Figaro en pages intérieures ajoutant que «le Français a été éclaboussé par l'ouverture d'une procédure pénale contre son ancien allié. De là à penser que Blatter veut l'entraîner dans sa chute», il n'y a qu'un pas que les éditorialistes sont nombreux à franchir.

Le quotidien sportif L'Equipe traite le sujet en page 16. «Cette affaire tombe mal pour le Français», écrit Etienne Moatti. «Lorsqu'il s'est lancé, il se doutait bien que les cinq mois de campagne seraient très longs et parsemés de chausse-trapes. Il y est.»

«Platini va devoir convaincre»

Mais, «avant de prétendre devenir le 'Mr Propre' d'une FIFA à reconstruire de fond en comble (...) Platini va devoir convaincre qu'il n'a jamais été lui-même directement impliqué, ou même complice passif dans le système de corruption endémique qui a prévalu à la FIFA pendant des décennies», estime Dominique Garraud dans La Charente Libre.

«Dans la grande famille du football, je voudrais le patriarche. Mais aussi le fils spirituel devenu depuis quelque temps le fils maudit. Et, aussi, les amis, voire les amis des amis. Au jeu des sept familles, avec la FIFA, on est sûr de gagner à tous les coups», ironise Christophe Bonnefoy (Le Journal de la Haute-Marne).

«Vivement la contre-attaque!»

Dans La Dépêche du Midi, Jean-Claude Souléry note que «la course à la présidence de la Fédération internationale, à laquelle participait Michel Platini, nous vaut aujourd'hui une lutte sans merci qui ferait passer nos campagnes présidentielles pour une aimable guerre des boutons.»

Même s'il croit qu'au «football une élection autorise tous les mauvais coups, le chantage et les vengeances» l'éditorialiste préfère penser que «Michel Platini en est apparemment victime» pour conclure :«vivement qu'il contre-attaque!»

Valls a «entièrement confiance» en Platini

Le Premier ministre français Manuel Valls a apporté vendredi soir son soutien à Michel Platini, disant faire «entièrement confiance» au président de l'UEFA, soupçonné par la justice suisse d'avoir perçu 1,82 M EUR du président de la FIFA Joseph Blatter. S'exprimant brièvement sur France Info, Manuel Valls a estimé que c'était «à la justice de faire son travail».

«Mais nous avons, nous, la chance d'avoir Michel Platini, qui a été un grand sportif, qui est un grand dirigeant sportif à la tête de l'UEFA et moi je lui fais entièrement confiance», a insisté le chef du gouvernement à propos de l'ancien numéro 10 des Bleus.

Une procédure pénale suisse vise le président démissionnaire de la FIFA, Joseph Blatter, soupçonné notamment d'un versement illégal de 2 millions de francs suisses (1,8 M EUR) en faveur de Michel Platini, président en exercice de l'UEFA et favori jusqu'ici à sa succession.

Les deux hommes ont été entendus vendredi par des enquêteurs, Joseph Blatter «en qualité de prévenu» et Michel Platini «en qualité de personne appelée à donner des renseignements», de témoin donc, selon un communiqué du ministère public suisse.

(AFP)

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