19.10.2014 à 17:40

NigeriaLe sort des lycéennes enlevées reste incertain

Les lycéennes enlevées par Boko Haram devaient être libérées après un accord de cessez-le-feu. La trêve a cependant été brisée, laissant planer le doute sur le sort des jeunes filles.

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Alors que les militaires nigérians ont affirmé que Boko Haram était vaincu, le chef de la secte islamiste est apparu dans une vidéo se disant déterminé à poursuivre le combat. (Mardi 6 février 2018)

Alors que les militaires nigérians ont affirmé que Boko Haram était vaincu, le chef de la secte islamiste est apparu dans une vidéo se disant déterminé à poursuivre le combat. (Mardi 6 février 2018)

AFP
La rébellion de Boko Haram, qui dure depuis huit ans, a provoqué la mort de quelque 20'000 personnes, le déplacement de 2,6 millions d'autres et une terrible crise humanitaire dans le nord-est du Nigeria. (Photo d'archives)

La rébellion de Boko Haram, qui dure depuis huit ans, a provoqué la mort de quelque 20'000 personnes, le déplacement de 2,6 millions d'autres et une terrible crise humanitaire dans le nord-est du Nigeria. (Photo d'archives)

AFP
Boko Haram a enlevé dimanche 37 femmes et tué 9 personnes dans un village situé au nord de Diffa (ici à l'image) dans le  sud-est du Niger. (Mardi 4 juillet 2017)

Boko Haram a enlevé dimanche 37 femmes et tué 9 personnes dans un village situé au nord de Diffa (ici à l'image) dans le sud-est du Niger. (Mardi 4 juillet 2017)

AFP

Cinq attaques ont fait des dizaines de morts ce week-end au Nigeria malgré l'annonce vendredi d'une trêve entre le gouvernement et Boko Haram. Cette vague de violences fait planer un doute sur la libération des 200 lycéennes enlevées en avril par le groupe islamiste armé.

Le chef des forces armées nigérianes, le maréchal de l'air Alex Badeh, avait annoncé vendredi que le cessez-le-feu allait permettre la libération des jeunes filles enlevées il y a six mois alors qu'elles passaient des examens dans le village de Chibok (nord-est).

Mais Boko Haram n'a pas confirmé la trêve et au moins cinq attaques ont été signalées depuis vendredi. Elles auraient fait des dizaines de morts, ont indiqué des témoins et un homme politique.

Libération attendue d'ici mardi

Pour le gouvernement nigérian, ces attaques seraient dues à d'autres groupes que Boko Haram, qui cherchent à tirer parti du chaos. Les discussions pour libérer les lycéennes doivent se poursuivre lundi au Tchad, a déclaré un porte-parle du gouvernement.

«Je peux confirmer que le gouvernement fédéral travaille dur pour remplir sa part de l'accord, de sorte que la libération des personnes enlevées puisse être effectuée ou lundi, ou, au plus tard, mardi prochain», a-t-on annoncé à Reuters au téléphone.

«Nous étions fous de joie. Nous avions toutes les raisons d'être heureux... Mais depuis, le cessez-le-feu a été violé à plusieurs reprises», a déclaré par téléphone à Reuters Law Abaca, proche d'une des lycéennes enlevées.

Doutes sur le négociateur

Il n'a pas caché ses doutes sur la personnalité du négociateur de Boko Haram, Dansai Amadou, dont personne n'avait entendu parler jusqu'ici. «Peut-on lui faire confiance à propos de la libération des filles alors que la promesse de cessez-le-feu n'a pas été tenue?», s'est-il demandé.

Selon Ahmed Sali, journaliste nigérian spécialiste de l'insurrection et qui fut il y a quelques années proche du groupe islamiste, Dansai Amadou n'appartient pas au Conseil de la Choura de Boko Haram et ne parle pas en son nom.

Depuis l'enlèvement des lycéennes, l'armée nigériane a par deux fois annoncé avoir sauvé une partie des jeunes filles, avant de revenir sur ses déclarations quelques heures plus tard.

Groupe fragmenté

Plusieurs séries de négociations ont été tentées ces dernières années avec Boko Haram mais elles n'ont jamais débouché sur un accord de cessez-le-feu, notamment parce que le mouvement est constitué de plusieurs sous-groupes.

«Nous négocions avec une énorme prudence», dit-on au sein du gouvernement. Boko Haram est devenu une organisation si floue que n'importe quel groupe dissident pourrait surgir pour renier l'accord. Mais nous pensons que nous parlons avec les bonnes personnes.»

Boko Haram, dont le nom signifie «l'éducation occidentale est un péché», a tué plusieurs milliers de personnes à la faveur des diverses opérations armées qu'elle mène dans la partie nord du pays pour constituer un Etat islamique.

(ats)

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