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Assaillant abattuLe spectre de l'attaque de «Charlie Hebdo» a plané sur Paris

Un an, jour pour jour, après la tuerie à Charlie Hebdo, un homme faisant allégeance à Daech a été abattu alors qu'il tentait d'entrer dans un commissariat avec une arme blanche.

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Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a déclaré le 10 janvier 2016 que, contrairement à la police allemande, il n'était pas en mesure de confirmer que l'assaillant vivait dans un foyer de requérants d'asile allemand. (10 janvier 2016)

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a déclaré le 10 janvier 2016 que, contrairement à la police allemande, il n'était pas en mesure de confirmer que l'assaillant vivait dans un foyer de requérants d'asile allemand. (10 janvier 2016)

AFP
Le commissariat devant lequel un homme porteur d'une ceinture d'explosifs factice et d'une arme blanche a été abattu jeudi est situé dans le quartier de la Goutte-d'Or.

Le commissariat devant lequel un homme porteur d'une ceinture d'explosifs factice et d'une arme blanche a été abattu jeudi est situé dans le quartier de la Goutte-d'Or.

AFP
L'homme qui gît au sol est celui qui a été abattu par les forces de l'ordre alors qu'il tentait de pénétrer dans un commissariat du dix-huitième arrondissement de Paris en vociférant «Allah Akbar». Le robot est un appareil spécial pour détecter les explosifs.

L'homme qui gît au sol est celui qui a été abattu par les forces de l'ordre alors qu'il tentait de pénétrer dans un commissariat du dix-huitième arrondissement de Paris en vociférant «Allah Akbar». Le robot est un appareil spécial pour détecter les explosifs.

AFP

Le spectre d'un nouvel attentat un an jour pour jour après l'attaque contre Charlie Hebdoa ébranlé Paris.

Un homme porteur d'une ceinture d'explosifs factice et d'une arme blanche a été abattu jeudi dans le quartier de la Goutte-d'Or. L'Elysée va renforcer la loi contre le terrorisme.

L'individu a été abattu par des policiers alors qu'il tentait de pénétrer dans un commissariat du 18e arrondissement. L'agresseur, qui a crié «Allahou Akbar», portait sur lui un téléphone portable et «un papier sur lequel figurent le drapeau de l'Etat islamique ainsi qu'une revendication manuscrite non équivoque en langue arabe», a précisé le parquet de Paris, sans révéler la teneur de cette revendication.

Une enquête a été ouverte pour «tentative d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste». L'assaillant était connu de la police pour un vol en 2013 dans le sud de la France. Ses empreintes digitales avaient été entrées au fichier national, selon des sources proches de l'enquête.

Un an à l'heure près

L'homme s'est présenté à 11h30 devant le commissariat, un couteau de boucher à la main. Pour rappel, l'attaque des frères Chérif et Saïd Kouachi contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, qui avaient fait 12 morts, avait débuté à 11h20 il y avait exactement un an.

Une professeure d'université a témoigné avoir vu deux policiers «crier sur un homme qui avançait très vite vers eux». «Comme il continuait à avancer, les policiers ont tiré sur lui alors qu'il n'était peut-être plus qu'à 2 ou 3 mètres. Puis l'homme est tombé».

Le commissariat a été évacué et le quartier bouclé pour que des démineurs inspectent la ceinture d'explosifs, qui s'est finalement révélée factice. «A priori c'est quelqu'un qui voulait faire croire à un attentat», a déclaré un membre du syndicat de la police.

Un cas similaire s'était déjà produit en France en décembre 2014 lorsqu'un jeune homme converti à l'islam était entré dans un commissariat de Joué-lès-Tours, dans le centre du pays, et avait blessé à l'arme blanche trois policiers en criant «Allahou Akbar». Là aussi, l'homme avait finalement été abattu par les policiers.

Coopération améliorée

L'attaque de jeudi est survenue peu après le discours prononcé par François Hollande devant des policiers, des gendarmes et des militaires à Paris. Il a demandé aux services de sécurité de mieux coopérer face au risque terroriste. La protection de la rédaction de Charlie Hebdo avait notamment été pointée du doigt après le massacre.

Le président a confirmé qu'un nouveau projet de loi pour renforcer le dispositif sécuritaire était à l'étude. Il devrait assouplir les conditions d'emploi par les policiers et militaires de leurs armes et faciliter les conditions d'enquêtes, perquisitions et interpellations.

L'idée est de «renforcer de façon pérenne les outils et moyens mis à la disposition des autorités administratives et judiciaires», en dehors du cadre temporaire de l'état d'urgence qui doit s'achever fin février, indiquait-on jeudi dans l'entourage du chef de l'Etat.

«Depuis un an, près de 200 interdictions de sortie du territoire ont pu être prononcées», «plus de 50 étrangers ont été interdits de territoire», «400 armes» ont été saisies «dont 40 de guerre», a encore précisé M. Hollande. De plus, «25 infractions en lien direct avec le terrorisme» ont été mises au jour grâce à l'état d'urgence.

Charlie Hebdo fait un tabac

Alors que le point d'orgue des commémorations des attentats de janvier 2015 aura lieu dimanche à Paris, le numéro spécial publié par Charlie Hebdo s'écoule bien en Suisse romande. Plus de la moitié des exemplaires à la vente dans les kiosques du groupe Naville ont déjà trouvé preneurs depuis mercredi, jour de sa sortie. Au total, plus de 2500 exemplaires ont été vendus, a indiqué jeudi Naville.

(ats)

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